ALGERIA,
A new generation LATEST REPORT December 4th, 2002
Algeria The time is now, the place is Algeria
Interview de
M. A. Slimani, Président Directeur Général
9 août 2000
Dans un premier temps, pourriez vous nous donner un bref rappel historique de votre compagnie ?
CAGEX est une compagnie crée depuis prés de 5 ans, plus exactement le 3 décembre 1995, dans le but de promouvoir les exportations en hydrocarbures. Pour cette raison, il y a un texte juridique, une ordonnance, portant l'assurance pour les hydrocarbures. Depuis 5 ans, le travail a été fait et la compagnie est bien rodée, car les résultats sont satisfaisants, bien qu'il ait beaucoup éléments supplémentaires à apporter pour donner une autre envergure à la compagnie. Nous avons développé notre activité au niveau international et nous avons aussi développé nos relations extérieures, notamment avec des compagnies d'assurances européennes, arabes, islamiques, entre autres. Nous sommes très ouverts à l'international dans ce domaine pour des échanges.
Quels sont certains de vos chiffres d'affaires financiers, pour cette année par exemple ?
En 1999, nous avons fait un chiffre d'affaire de près de 18 millions de DA (Dinars Algériens), qui a progressé d'un taux de 33 % par rapport à 1998, et nous avons dégagé un résultat de 15 millions de DA environ. Le portefeuille de la clientèle progresse de plus en plus pour une nouvelle compagnie qui démarre, et d'une année à une autre on constate des progressions qui apparaissent d'ailleurs dans le rapport annuel.
Quelles sont vos grandes stratégies pour promouvoir les exportations des hydrocarbures et quelles sont vos relations avec l'Etat pour la promotion des exportations de hydrocarbures ?
Ce n'est pas une mission facile, surtout que la culture de l'exportation en Algérie s'est développée difficilement et a souffert pendant des années. La consommation est de grande masse et les exportations effectuées se font selon des conditions traditionnelles, à savoir le payement par crédit documentaire, irrévocable et confirme, ce qui justement limite le champ d'activité de l'exportation. Notre objectif essentiel et celui d'aider les exportations dans ce domaine, à leur expliquer le rôle de la CAGEX et l'intérêt de l'assurance crédit dans le développement des exportations, les avantages d'être indemnisé en cas de non payement et la facilité du financement de l'exportateur, avec une garantie - ce sont là des éléments que nous voulons sans cesse expliquer dans le but de convaincre nos exportateurs potentiels sur un plan commercial de marketing. Nous faisons ceci avec beaucoup de difficultés en tenant compte de l'environnement des exportations algériennes, tel que le ministère du commerce, les banques, le ministère des finances...etc. Nous essayons de dépasser les obstacles que nous confrontons, parce qu'il en a beaucoup, et petit à petit on arrive progressivement à convaincre les gens de l'intérêt de l'assurance et de la garantie des exportations, et aussi à convaincre les banques, car elles devraient jouer un rôle très important.
Quand les exportateurs Algériens viennent vous voir, qu'est ce que vous leurs soumettez pour les aider ? Avez-vous des bases de données, des informations qui peuvent les soutenir dans leurs différentes démarches ? Si j'étais un exportateur Algérien et je me présente à la CAGEX, quels sont les services que vous pourriez m'offrir ?
Nous jouons le rôle d'une compagnie d'assurance liée à l'exportation. Donc, pour le premier contact, c'est nous qui allons voir les exportateurs, et c'est ensuite qu'ils viennent nous voir afin de concrétiser leur opération. Nous leurs proposons une aide sur le plan d'information commerciale, ce qui est un élément important parce que nos relations et nos rapports avec la compagnie spécialisées à l'étranger nous permettent d'avoir des informations sur les acheteurs étrangers, qui nous aide ensuite à situer la solvabilité de l'acheteur et dans certains cas d'apprécier le risque politique du pays de l'acheteur. Ceci dit, nous détenons des informations assez importantes que nous exploitons dans le cadre de notre activité.
Concernant les exportateurs hors hydrocarbures algériennes, quels sont les grands dérivés hors hydrocarbures qui ont un plan spécial en exportation ?
Je parlerai en premier lieu des produits miniers, qui représentent une somme importante. Il y a des produits industriels agricoles, et il y aune multitude de produits fabriqués dans l'ordre des valeurs de grandeur, des produits comme les engrais, phosphate, produits dérivés des hydrocarbures et les produits agricoles, tel que les dattes qui ont une importante position pour l'exportation.
Pouvez-vous nous mentionner quelques uns de vos clients algériens ?
Nous avons l'ENO et d'autres entreprises qui font le produits miniers, les dattes, l'ENASEL qui exporte le sel, et plusieurs entreprises, donc on a des clients importants dans chaque secteur.
Comment voyez-vous l'évolution des activités de votre compagnie dans les années à venir en prenant considération les priorités du Président et les priorités du gouvernement. Y a t'il une diminution de l'importance du secteur hors hydrocarbures au sein de l'économie algérienne ?
Il y a des potentialités qui pourraient être développé à l'exportation, tel que l'assouplissement du contrôle de change des exportations qui représente un délai de 120 jours. Il y a un certain nombre de dispositions qui sont assez restrictives qui ne signifient pas vraiment les choses, et il y a le problème de financement. Ce dernier représente un grand problème ; les exportateurs ont des difficultés à trouver les financements appropriés au bon moment. Puisque le financement est un élément important dans l'exportation et le commerce international, si on arrive à mettre en place des moyens de financement pour l'exportation ça serai vraiment favorable pour l'affectation des transactions. Il y a également d'autres éléments qui rentrent en jeu, tel que l'aide qu'on pourrait octroyer à certains exportateurs, comme dans le domaine du transport qui leur revient très cher et le problème de l'emballage, car on a intérêt de présenter dans des meilleurs conditions les produits algériens.
Effectivement, il y a des solutions à trouver pour éventuellement aider certaines entreprises, et je suis convaincu qu'il y a beaucoup de produits de quantité importante qui peuvent être développés pour l'exportation. Je dis ceci avec conviction car je sais qu'il y a énormément de choses qui peuvent être fait, mais les exportations ont besoin d'un peu plus de stimulation, si on compare avec les opérations d'importation. En tant qu'opérateurs économiques, on gagne plus facilement de l'argent en importation plutôt qu'en exportation, donc les gens ont tendance à s'orienter vers l'importation. Par contre, sur le plan politique, on arrive à stimuler de façon plus élaborée les exportateurs, et on pourrai développer plus largement nos exportations hors hydrocarbures, parce qu'il y a de grandes potentialités.
Au plan international, quel est le discours que vous tenez à l'égard des opérateurs économiques internationaux?
Nous essayons, en tant qu'opérateurs économiques, de présenter la situation de l'Algérie. Pendant ces derniers temps on a quand même eu une amélioration en l'an 2000. L'Algérie paye ses dettes très régulièrement donc le risque d'impayés est écarté, il arrive parfois des retards de payement à cause du circuit bancaire qui est un peu lent, mais il n'y a absolument pas d'impayés ; le problème de solvabilité ne se pose pas, mais on a favorisé d'autres critères un peu plus subjectifs qui sont difficilement maîtrisables sur le plan économique et financier, surtout sur le plan politique et sécuritaire. L 'instabilité de la sécurité a engendré quelques effets péjoratifs, mais ce qui est très important pour apprécier un pays est d'observer d'abord les impayés de ce pays, les retards de payement, le problème de la solvabilité en règle générale - et ces facteurs ne sont pas affectés par la situation sécuritaire du pays. C'est vrai qu'en 1993 et 1994, avant que l'Algérie ne réagisse, il y avait certains problèmes financiers, mais ces dernières années l'Algérie continue à payer ces dettes. Les algériens payent leurs dettes, et même si certaines statistiques démontrent le contraire, je vous affirme qu'il n'y a pas de problème d'impayés en Algérie, donc la position du risque me paraît exagérée. Donc, d'après vous, l'image internationale de l'Algérie est fausse
R: Absolument.
Et quel est votre rôle pour changer cette image ?
Mon rôle est celui d'expliquer, de convaincre, pour confronter la perception de réalité en Algérie.
Vous parlez de communication nationale et internationale, et vous avez également établi un site Internet. Est ce que vous jugez que les nouvelles technologies, l'information et la communication devraient être plus utilisées en Algérie ?
Oui, je suis un farouche utilisateur d'Internet, et j'ai été le premier du système des finances à m'inscrire sur l'Internet au niveau de CERIST et j'effectue ma correspondance avec les partenaires par e-mail. Nous utilisons l'Internet depuis un an et le site Web CAGEX offre des informations très utiles.
Pouvez- vous donner un bref parcours de votre vie professionnelle ?
Ma vie professionnelle est simple ; j'ai fait trois carrières principalement la banque, et d'ailleurs je suis l'administrateur de BDL qui est actionnaire. J'ai fait pratiquement toutes ma carrière professionnelle à la banque, donc j'ai occupé les fonctions de la base jusqu'au sommet. Quand j'étais directeur général de la BDL j'ai également eu la chance de travailler pour une période de huit ans dans le secteur de l'industrie.
Dans quel secteur ?
C'était dans la sidérurgie et le papier de société. J'ai appris beaucoup de choses et développé mes connaissances en économie. Je n'ai jamais fait de l'assurance, mais je crois avoir acquis une bonne expérience avec mon passage à la banque.
Quelle est votre plus belle satisfaction personnelle depuis que vous êtes à la tête de la CAGEX ?
Ma plus grande satisfaction est premièrement avoir convenablement structuré et mis sur pied la compagnie. C'était quelque chose de nouveau - en Algérie ce n'est pas facile de mettre une telle compagnie en place parce qu'il n'y avait pas de culture d'assurance crédit. Il n'y avait pas de personnel formé dans ce domaine, donc il fallait prendre des dispositions pour former le personnel. J'ai été obligé de le former à l'étranger avec des compagnies en Espagne, en Asie, en Belgique et aussi émettre les techniques de l'assurance crédit à l'international. Ma grande satisfaction personnelle est d'avoir mis en place une structure élaborée pour la CAGEX.
Quel serait le message final que vous souhaitez adresser à nos lecteurs ?
Je pense que la place de l'exportation doit être importante. Le rôle de l'homme dans l'économie est également un élément important pour développer les nouvelles techniques.
En constatant que la marge des exportations hors hydrocarbures était assez réduite, j'ai pris l'initiative de proposer d'autres produits d'assurance crédit domestique. Nous allons mettre en place bientôt ce dispositif d'assurance crédit domestique, dans lequel le champ de la CAGEX est très large et se développe plus rapidement. Je pense qu'on va réaliser beaucoup de perspectives détenant les moyens et les techniques appropriées pour l'exécution de notre travail.