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Interview avec
MONSIEUR MAHDAD, PDG,
ET MONSIEUR REKKAB, DG, DE COGIZ
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Pouvez-vous nous présenter l'historique et le développement de votre entreprise?
M. MAHDAD: Je commence d'abord par HELIOS. SONATRACH devait récupérer les gaz torchés et les gaz qui vont dans l'atmosphère, considérés comme des gaz très riches. L'hélium était envoyé dans l'atmosphère depuis des décennies. Avec la réalisation du GL2Z, SONATRACH a donc décidé de récupérer ces gaz et de les valoriser. Ces gaz contiennent de 40% à 45% d'azote, 10% à 15% d'hélium et le CO2, etc. L'hélium et l'azote constituaient les principaux gaz à récupérer.
Mais SONATRACH ne pouvait pas réaliser ce projet parce que le marché de l'hélium était détenu par l'oligopole: Air Product, PRAXAIR, BOC, et Air Liquide. Il fallait s'associer avec ces entreprises, afin d'avoir un droit d'entrée dans le marché.
C'est la loi 86-02 algérienne qui nous a permis de créer un partenariat et de signer la création de la société en avril 1991 avec la société Air Liquide - Air Product qui détiennent 49%, SONATRACH détenant 51%. Le projet de la société a été lancé en 1992 et le démarrage s'est fait en 1995. Nous avons produit la première goutte d'hélium en mars 1995 et avons expédié également de l'hélium sur le marché européen en 1995.
Avant la création d'HELIOS, l'ensemble de l'hélium nécessaire pour le marché européen venait des Etats-Unis mais avec le lancement d'HELIOS, nous fournissons 70% du marché européen en hélium.
Notre unité produit 16 millions de mètres cubes.
Je voudrais dire aussi que ce projet est viable, très intéressant, les actionnaires en sont contants. En mai, nous avons lancé un appel d'offre pour la création d'une autre usine similaire à SKIKDA. Nous avons eu 4 soumissionnaires: Air Product, LINDE, Air Liquide, et BOC. C'est LINDE qui a été retenu. Avec cette usine, nous pourrons fournir environ 80% du marché européen. Les américains étant les premiers fournisseurs au monde préfèrent laisser à l'Algérie le marché européen, car leurs stocks sont en voie d'épuisement.
Nous avons très prochainement l'intention de faire une autre étude de faisabilité afin de créer une troisième unité d'hélium. Cela se fera vers 2006-2007.
Quant à COGIZ, elle s'occupe de la commercialisation. Nous faisons l'extraction de la molécule d'hélium à partir du gaz de charges qui vient de HASSI RMEL et qui contient 0,2 % d'hélium. Une partie de l'hélium va vers l'Europe et une partie est réservée à SONATRACH qui la donne à COGIZ pour pouvoir la commercialiser.
Nous récupérons également un gaz fatal qui est l'azote. COGIZ se charge de le commercialiser.
M. REKKAB: GOGIZ est une filiale 100 % de SONATRACH. Elle se spécialise dans une activité connexe de valorisation de produits: elle prend en charge la partie d'hélium qui revient à SONATRACH à partir de l'usine HELIOS et la totalité de l'azote pour être commercialisé. Cet hélium est conditionné dans un centre de conditionnement qui a démarré en mai 2001 et qui est destiné à couvrir tout le marché maghrébin. L'azote est revendu essentiellement aux unités du groupe.
M. MAHDAD: Avec LINDE nous allons crée une JV production et une JV commercialisation jusqu'à la vente au détails.
Pouvez-vous nous donner des chiffres-clés sur l'activité de votre entreprise?
Pour HELIOS, nous sommes 50 employés. Le chiffre d'affaires est entre 25 et 30 millions de dollars. La production est de 16 millions de mètres cubes.
M. REKKAB: Pour COGIZ, l'effectif est autour de 30 personnes. Le chiffre d'affaires est de 180 à 200 millions de DA.
Quels sont les plans d'expansion pour satisfaire toute la demande ?
M. MAHDAD: La capacité algérienne de production d'hélium est de 54 millions de mètre cube. Entre SKIKDA et HELIOS, nous en sommes à 32. Nous sommes donc en mesure d'en faire encore 20 millions. C'est le marché qui va décider. La croissance de la demande d'hélium sur le marché européen est de 6 % et actuellement ce marché consomme 27 millions de mètre cubes. Le marché américain consomme 120 millions avec une croissance de 4%, et le marché asiatique une trentaine de millions avec une croissance de 8%. Mais là où il y aura des surprises, c'est au niveau du marché chinois et indien. Nous sommes en train de nous préparer, car le coût du transport est élèvé. Le challenge est de réduire les coûts de production, les coûts de processing pour battre les américains sur le marché asiatique.
| Apparemment les marchés asiatiques sont une priorité?
Absolument, je suis certain que les chinois ne vont pas cesser de nous surprendre
Tout le monde parle de partenariat, quelle est votre stratégie de développement sur ce sujet?
M. MAHDAD: Pour HELIOS, nous sommes associés avec 2 leaders mondiaux qui sont déjà un partenaire: Air Liquide et Air Product. Avec l'étude de faisabilité, nous allons en quelques sorte avoir les leaders mondiaux des gaz industriels avec nous, ce qui est une bonne stratégie. Nous pourrons par la suite créer d'autres alliances, pas seulement dans le domaine de l'hélium.
POUR COGIZ, notre ambition est de nous associer avec des partenaires qui ont le savoir-faire, afin qu'on puisse aller ensemble prospecter des marchés en Europe et pouvoir se développer ailleurs que dans le domaine de l'hélium et l'azote. Egalement dans d'autres gaz industriels. Sachant que notre plus gros client est SONATRACH, il y a aussi l'Office National de Météorologie et le secteur de Imagerie à Résonance Magnétique.
Quel est votre parcours professionnel et votre plus grande satisfaction depuis que vous avez été nommés à la tête de cette entreprise?
M. MAHDAD: SONATRACH est une grande école et je considère mon étape ici comme ma plus grande satisfaction personnelle. Je suis à SONATRACH depuis 1969. Je suis fier d'être un employé de SONATRACH.
J'ai fait mes études universitaires en France, puis je suis allé en URSS où j'ai passé un master en Bio Chemistry. Ensuite, je suis revenu vers la fin des années 60 et j'ai commencé à travailler à SONATRACH. J'étais chef de projet dans la transformation des matières plastiques et l'application de celles-ci dans l'agriculture, puis j'ai été membre d'une équipe de développement de pétrochimie et 1973, j'ai occupé le poste de chef de projet du complexe méthanol et résine synthétique. Puis j'ai été envoyé en formation à Londres où j'ai eu mon MBA. Par la suite, j'ai travaillé dans le secteur de la cryogénie. Dans les années 90, SONATRACH m'a confié la maturation du projet HELIOS et je dirige également la société COGIZ.
M. REKKAB: Je suis ingénieur issu de l'Institut Algérien du Pétrole. Toute ma carrière a été consacrée à SONATRACH. J'étais principalement dans le suivi de la réalisation de projets dans la région d'ARZEW. Par la suite, j'ai rejoint de la direction du programme de rénovation des complexes GNL que la SONATRACH a réalisé dans les années 90. Finalement, je fais partie de COGIZ où j'occupe un poste de direction et ce nouveau métier, celui des gaz industriels et son développement pour servir le Groupe, m'exalte.
Quel message final pouvez vous transmettez aux investisseurs intéressés par le marché algérien?
M. MAHDAD: Dans notre pays, il y a 3 grands secteurs: le secteur de l'agriculture, mais où il faut valoriser l'eau et dans lequel nous avons besoin d'investisseurs, le secteur du tourisme, qui doit être mis en valeur pour qu'il puisse attirer des investisseurs, et le secteur des hydrocarbures. Je pense que la pétrochimie est la locomotive de notre pays. Celle-ci a fait l'objet d'études et nous avons les moyens nécessaires pour la développer mais actuellement l'Etat Algérien ne veut pas prendre de risques. Nous souhaitons que ceux qui ont pris le risque avec nous en amont, le prenne également en aval dans le domaine de la pétrochimie. J'espère que les investisseurs qui ont pour l'instant des appréhensions, et lorsque celles ci se seront dissipées, nous aideront, afin de développer ensemble la pétrochimie qui nécessité des investissements colossaux. |
| © World INvestment NEws, 2002. This is the electronic edition of the special country report on algeria published in Far Eastern Economic REVIEW. November 28th, 2002 Issue. Developed by AgenciaE.Tv |
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