Guinea, Republic of: Interview with Abdenbi Attou

Abdenbi Attou

Directeur Général (Electricité de Guinée)

2017-12-15
Abdenbi Attou

Mr. Attou, en dehors de son potentiel minier et agricole, la Guinée a un grand potentiel énergétique. Est considérée comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest car possède 75% du des ressources hydriques de la région, par conséquent, c'est l'endroit propice pour les barrages. Selon vous, quels sont les avantages comparatifs majeurs de la Guinée par rapport aux autres pays de la région ?

Tout d’abord, vous savez, l’EDG est sous contrat de gestion depuis le 9 octobre 2015. Ce contrat a été signé entre l’Etat guinéen et le groupement français VEOLIA – SEURECA en vue de redresser la société, notamment par l’atteinte d’un certain nombre d’indicateurs de performance. Ces indicateurs font par ailleurs l’objet d’un autre contrat (contrat de performance) qui lui est conclut entre l’EDG et l’Etat guinéen.

Le contrat de performance fixe de nombreux objectifs à tous les secteurs d’activité de l’entreprise allant des ressources humaines jusqu’à la centrale d’achat, en passant par les domaines de l’exploitation, du transport, du commercial, des finances ou encore des travaux techniques.

Il prévoit également un bon nombre d’actions structurantes à mettre en place et couvrant tous les aspects opérationnels et institutionnels du redressement du secteur énergétique. EDG en tant qu’opérateur national de référence est tout naturellement impliqué et associé à ces projets significatifs pour le développement économique de la Guinée. L’entreprise détient aujourd’hui un portefeuille de 450 millions d’euros qu’elle gère au compte de l’Etat en tant que maître d’ouvrage.

Ensuite, pour répondre à votre question, effectivement la Guinée dispose d’un potentiel hydroélectrique de très grande qualité en termes de quantité. A ce jour, on estime le potentiel hydroélectrique à 6000 MW de puissance disponible à travers des sites hydroélectriques. C’est une chance et une grande opportunité en la matière.

Cela dit, il est à noter une certaine contradiction ici, c’est que ce potentiel n’est pas encore arrivé à maturation d’exploitation et que le pays possède un taux d’électrification assez faible par rapport aux autres régions du continent. C’est le principal défi auquel les autorités sont confrontées aujourd’hui.

Cependant, beaucoup d’efforts ont été accomplis jusqu’ici. Notons par exemple, la construction du grand barrage de Kaleta qui est actuellement en exploitation ou encore

Les réalisations de la société chinoise CWE, qui, avec la participation de la banque EXIM Bank, est en capacité de produire plus de 240 MW.

En parallèle, il y a un autre très grand barrage en cours de construction, le barrage Souapiti, également géré par la société chinoise CWE, qui à terme est destiné à produire une puissance installée de 450 MW.

D’autres projets sont par ailleurs en cours de réalisation. Il y a le barrage d’Armaria, de Koukoutamba et un barrage sur le fleuve Milo dans la haute Guinée.

Enfin, les autorités possèdent actuellement des études de faisabilité et nous pouvons dire qu’il y a un grand potentiel électrique. C’est indéniable, il y a beaucoup de choses qui restent à faire en matière de disponibilité de la puissance.


Dans son discours au 28 ème sommet des dirigeants de l'Union Africaine, Président de la République a rappelé que pour que l'Afrique ait une révolution technologique, elle doit d’abord passer par une révolution énergétique. Que pensez-vous de cette vision du président pour l’Afrique ?

Je pense que la révolution énergétique est possible. Aujourd’hui, en Guinée, il existe un réseau interconnecté à Conakry qui est alimenté dans de bonnes conditions, et ce, 24h/24h. Cependant, dans les autres villes de l’intérieur, notamment dans les capitales régionales, nous n’avons qu’une production thermique limitée. Ces capitales ne sont alimentées qu’entre 18 heures et minuit.

Tout d’abord il y’a d’interconnexion que sont en conception pour certains et en exécution pour d’autres. Tout cela fera en sorte que la Guinée sera interconnectée aux pays de la sous-région grâce à un réseau de 225 kilovolts.

Le souci sera de marquer les conditions préalables pour pouvoir faire émerger un marché d’énergie de la sous-région et du pays. L’objectif est d’avoir un vrai marché en énergie dans trois ou quatre ans. Cependant, pour avoir le marché d’énergie, il faut qu’il y ait des des lignes de transport électrique Ces autoroutes sont notamment les lignes d’interconnections. L’OMVG (à expliciter) est en train de construite une grande conexion qui reliera la Guinée au Sénégal.

Enfin, une autre ligne communément appelée « la ligne Linsan-Fomi» de 225 Kilovolts viendra fermer l’interconnexion entre la branche Ouest et la banche Est de la Guinée. L’étude de sa faisabilité a déjà été réalisée.

En parallèle, il y a aussi un projet d’électrification rurale. C’est un vaste programme qui prendra du temps, mais la dynamique et le mouvement sont là.


Sous la présidence de Son Excellence le Professeur Alpha Condé le pays avait fait de grands progrès au niveau de la transparence et de la démocratisation. Cela favorise un bon environnement pour les investisseurs tels que Veolia. En dehors de sa stabilité politique, quelle était la raison pour laquelle votre entreprise a décidé de venir et prendre en main la distribution d’électricité et investir en Guinée ?

Le groupe Veolia a soumissionné à un appel d’offre, puisque le contrat de gestion a fait l’objet d’un appel d’offre international. Cet appel d’offre international a été ouvert, donc il a choisi cette opportunité pour laquelle il a pu se positionner. C’est ce qui fait que nous sommes actuellement au niveau des opérations ici.

Tout cela est une marque de confiance sur le train du développement de la Guinée, sur l’amélioration de la gouvernance et des projets d’investissements. Ceci fait écho à ce que nous connaissons aujourd’hui avec un certain nombre de dispositions et de réformes déjà prises et des lois en matière de gouvernance sectorielle en cours de réalisation.

Tout cela est un environnement favorable pour permettre à des grands groupes d’apporter le savoir-faire et de contribuer au développement du pays.


L'un des plus grands défis de la Guinée est l'aménagement de la ville y compris les différents aspects sociaux qui rendent difficiles la mesure de la consommation et de la distribution de l'électricité. Quelles sont les mesures prises par votre institution dans le développement de la distribution de l’électricité ?

La ville de Conakry fait parti des réseaux interconnectés. Elle est reliée à des grandes chaines de production qui permettent aujourd’hui d’avoir une ligne fiable et stable 24h/24. Les perturbations en terme de continuité de service n’apparaissent que pendant les moments difficiles d'étiage.

Au moment de l’étiage, les productions hydrauliques diminuent et il nous faut recourir à la production thermique pour compenser le manque. Cependant ces perturbations sont aussi en cours de résorption parce que le parc de production thermique va augmenter et d’ici la fin d’année on aura 22 MW supplémentaires sur la centrale thermique. Cela sera de nouveau une production supplémentaire qui permettra de faire face à ces déficits pendant les périodes d’étiage

De plus, il y’a une autre centrale qui va voir le jour courant 2018 d’une puissance installée de 50 MW et qui va encore venir renforcer le parc de production. Par contre, avoir la disponibilité de puissance sans une chaine commerciale efficiente et efficace à travers une politique commerciale efficiente, c’est comme si vous faites un effort d’un côté et de l’autre côté vous n’avez pas les possibilités d’avoir les fruits de vos efforts.

C’est pour cela nous avons élaboré un plan de redressement interne (PRI) qui nous permet de faire une feuille de route pour agir sur la continuité et la qualité de service, prérogative clé d’une société du service public, comme l’EDG.

C’est le cœur de notre mission, essayer d’accompagner le mouvement de la croissance de la production, accompagner l’Etat, parce que c’est lui qui donne les concessions aux GPP (groupes de producteurs privés). Cela permet d’accroitre aussi les éléments de productions que nous avons dans les villes de l’intérieur quand c’est nécessaire. Ceci est notre premier axe.

Le deuxième axe, le plus important et fondamental pour le redressement du secteur, c’est l’axe commercial de l’EDG qui est basé sur un certain nombre d’actions prioritaires qui sont déjà engagés. Parmi les éléments importants se trouve la pose des compteurs. Vous savez aujourd’hui la majorité de nos clients n’a pas de compteurs et la facturation se fait de manière forfaitaire.

Ainsi, notre objectif en matière commerciale c’est de doter tous les clients d’un compteur. Chaque client doit avoir son compteur pour que chaque facturation puisse se baser sur la lecture d’une facturation réelle. Le projet aujourd’hui a quelques petites difficultés comme le compteur à prépaiement. Initialement, on avait adopté la démarche de mettre en place prioritairement les compteurs à prépaiement. Cependant nous avions constaté sur le terrain qu’il y avait une certaine appréhension au niveau des ménages domestiques.

Nous avions eu, grâce à des compteurs dits « intelligents », la possibilité de mettre en place des compteurs qui peuvent fonctionner tant en prépaiement qu’en post-paiement. Aujourd’hui, nous donnons le choix à notre clientèle entre deux modes de paiements, le post-paiement et le prépaiement. Si le client choisit le prépaiement, il a des avantages non négligeables. On lui donne 10 kilowatts gratuitement, il ne paye pas la caution. En conséquence il gère bien son budget par rapport à son revenu, avec la possibilité de recharge très souple soit à travers des réseaux tiers ou même avec des solutions mobiles (vous pouvez charger vos téléphones). Tout est permis en prépaiement. Par contre, si le client refuse d’aller vers le prépaiement, on lui offre la possibilité d’être en post-paiement, il reçoit une facture au bout de deux mois de consommation.

Cependant, on ne donne pas la possibilité aux professionnelles qui ne consomment pas énormément d’avoir la post-payé. On considère que le professionnel a la possibilité d’avoir une avance de consommation qu’il paye.

Les clients qui ne savent pas maitriser leur budget ne peuvent pas continuer à fonctionner en post-payer, compte tenu des consommations, des arrières qui s’accumulent et le client se retrouve souvent dépassé avec des dettes qu’il ne peut résorber. C’est pour cela que nous avons mis en place ces dispositions de paiement.

Nous avons posé plus de 40 000 compteurs à Conakry. Cependant, l’objectif est d’avoir tout le pays sous compteurs. C’est un côté important en matière de redressement commercial. Cela va nous permettre non seulement de facturer en unité, c’est une question de transparence vis-à-vis de nos clients, mais aussi de pouvoir juguler la demande. Une demande qui n’a pas d’outils d’enregistrement et de mesure a toujours tendance à exploser si l’offre est disponible. Chaque fois que vous avez de la production supplémentaire face à une demande qui n’a pas de compteur, cette demande ne fait qu’augmenter même plus que l’offre. Le compteur est là pour réguler et estimer en temps réel la consommation. Je pense aussi que le déficit va diminuer et nous allons observer une réduction de la demande puisque les gens vont faire attention à leur consommation et économiser.

Par ailleurs, toujours dans la continuité de notre politique de comptage, nous avions identifié à peu près 6 000 à 10 000 clients particuliers qu’on dotera de compteurs dits « intelligents ». Il s’agit notamment des grands consommateurs ; les clients industriels ou les grandes administrations par exemple.

Ces compteurs intelligents seront plus sophistiqués, télé-relevés, gérés par une plateforme numérique, informatique et centralisée. Celle-ci sera en capacité de voir et de localiser l’évolution de la consommation industrielle en temps réel. Nous serons ainsi plus à même à mesurer cette consommation, identifier les perturbations ou les chutes de consommation pour réagir rapidement er envoyer le cas échéant une équipe de dépannage qui sera bien équipée. Celle-ci saura s’il s’agit d’un problème de routeur ou de production abaissée. C’est un gros projet qui est financé par la banque mondiale, en cours d’adjudication techno-financière. L’appel d’offre est en phase d’aboutissement et nous allons bientôt adjuger le marché. Cela permettra de sécuriser les revenus de l’EDG, car cette clientèle particulière (entre 6000 et 10 000 clients) représente 75 à 80% du chiffre d’affaire de l’EDG.

Donc, c’est un projet qui permet justement de sécuriser nos revenus car si ces clients font l’objet de vérification systématique régulièrement, c’est pour éviter qu’il y ait de fraude. Les anomalies de comptage font parfois perdre la moitié de la consommation voire les deux tiers chez les gros industriels, c’est très sensible.

Ensuite, le second grand volet pour EDG, c’est la relation client. EDG dispose d’une image assez dégradée au niveau des guinéens et ce malgré les efforts et réalisations faits jusqu’ici. Même si cette perception n’est pas toujours justifiée, elle perdure dans les esprits et nous devons corriger ce déficit d’image. L’EDG doit améliorer la relation avec le client pour retrouver sa confiance. Ce n’est pas facile, je l’ai déjà fait dans ma carrière, c’est très compliqué dans des environnements où l’image est très dégradée de revenir à une relation normale. Mais c’est un défis à relever et un travail de longue haleine. On n’a pas pour ambition de basculer les éléments du jour au lendemain, c’est impossible, le facteur humain est très important dans ce projet. Mais notre objectif est malgré tout d’inverser la tendance sur ce point. Nous souhaitons mettre en place tous les outils et dispositions nécessaires pour qu’EDG soit à l’écoute de ses clients et être considéré par ses collaborateurs.

Nous agissons en tant qu’entreprise publique du matin au soir pour rendre un service le public de qualité. Cette approche est avant tout véhiculée en interne et passe par un changement de culture, de mentalité qu’on déploie dans le cadre d’un plan de communication interne.

Il y a aussi bon nombre d’actions concrètes que nous devons faire en termes de fonctionnement. Nous nous sommes lancés dans un vaste appel pour permettre le changement, notamment le réaménagement de toutes les agences. Les 10 agences de Conakry vont être réaménagées pour offrir de meilleures conditions d’accueil meilleures à l’ensemble des clients. Un autre appel d’offre est en cours et sera bientôt publié pour les gros comptes et les professionnels. Une agence spécifique pourra répondre et faciliter les démarches de cette clientèle particulière située non loin de notre siège. Cela concernera 6000 à 10 000 gros clients, soit 75 à 90% de notre chiffre d’affaire.

A partir de cet élément, nous augmenterons l’accessibilité qui peut se faire en multipliant les canaux de contact avec l’EDG. Le premier centre d’appel de la Guinée sera aussi lancé cette année. Nous avons d’ores et déjà mis en place un centre de dépannage en attendant le centre d’appel. Il s’agit d’ « ALLO EDG » opérationnel dans tout Conakry, lorsqu’une panne surgit dans un quartier, les clients pourront appeler un numéro unique, le 626 11 11 11, être entendus et informés des dispositions à prendre pour régler la panne. Le centre de dépannage prend note de la réclamation et oriente cette réclamation au niveau de l’équipe d’intervention accréditée. Des agents techniques d’EDG interviennent par la suite en fonction du quartier identifié.

Et nous avions voulu que ce service soit accessible 24/24 et 7 jours/7 pour pouvoir être opérationnels même à 2 heures du matin. Notre ambition est celle-ci : montrer qu’EDG présente en tant qu’entreprise citoyenne est au service des guinéens à toute heure.

Grâce à cela, nous saurons créer les conditions de changement de cette perception d’image. Pour être opérationnels 24h/24, 7J/7, nous renforcement nos équipes par le recrutement de 70 nouveaux agents, un concours a été lancé et des véhicules supplémentaires équipés de radios ont été achetés.

Le centre d’appel EDG, utilisera quant à lui le système d’information clientèle qui permettra d’évaluer aussi notre performance au niveau de la relation client. Il sera fonctionnel au deuxième trimestre de l’année 2018. Le troisième axe commercial concerne les infrastructures, à savoir le système d’information et de gestion clientèle.

Une « révolution numérique » est ainsi en cours à l’EDG qui sera doté d’un système de gestion financière des achats, (pour les investissements et mobilisations) et d’un système d’information des ressources humaines. Tous ces éléments font partie du PGI (progiciel de gestion intégré) dans la gestion d’EDG. C’est un projet financé par la Banque Mondiale, actuellement en cours, l’appel d’offre a été lancé.

Nous avions aussi le système d’information géographique lui aussi en cours d’étude qui est financé également par la Banque Mondiale et permettra d’identifier tous les réseaux et de faire l’interface réseau avec la base de données clientèle. A terme, il nous sera possible lorsque des travaux sont en cours d’informer la clientèle concernée par l’envoi d’un sms.

Enfin, un autre chantier commercial concerne le recensement de la base de données clientèle. C’est un projet dont l’appel d’offre est en cours et aura pour objectif de passer en revue et d’identifier tous les clients de l’EDG.

Vous savez aujourd’hui, nous avions 160 000 clients identifiés à Conakry. Nous avions près de 100 000 dans les villes de l’intérieur, en tout 260 000. C’est peu par rapport au nombre de la population en Guinée et par rapport à la réalité des personnes qui consomment au quotidien de l’électricité. On sait que ces clients jusqu’ici identifiés alimentent d’autres clients, et d’autres (clandestins, résiliés ou non identifiés) se raccordent directement sur le réseau.

De ce fait le recensement est très important, nous passerons en revue tous les clients et ils seront enregistrés sur notre base de données et les nouveaux clients feront l’objet d’une contractualisation avec EDG et devront prendre un compteur. Cela nous permettra d’augmenter un peu plus notre chiffre d’affaire et d’identifier tous les points de livraison.


La Guinée est un pays riche en ressources qui, en plus que d'exportation, devraient être transformées sur le terrain. Pour atteindre n'importe quel niveau de l'industrialisation, le pays doit surmonter le problème de la production d'énergie dans les zones à fort potentiel. Comment votre entreprise est-elle engagée pour aider à résoudre ce problème et quels sont les défis que vous rencontrez afin d’accomplir ces futurs projets ?

Comme je l’ai dit tout à l’heure, l'EDG est un opérateur parmi d’autres. Le secteur de l’énergie est également porté par les autorités guinéennes notamment le ministère de l’énergie et de l’hydraulique qui lui est animé par une volonté de développement avec l’aide des partenaires et l’ensemble des bailleurs, présents en Guinée.

Et comme vous le saviez le secteur de l’énergie est quand même le secteur clé du développement économique du pays. Tout le cycle économique en dépend.

La prise de conscience pour le redressement du ce secteur de l’énergie est réelle et soutenue. Les grands industriels tels que les miniers par exemple ont leur propres centrales produisent parfois pour les collectivités territoriales qui sont autour, c’est le cas dans l’axe du milieu nord et ouest.

 Mais la finalité c’est que l’EDG en tant qu’opérateur national puisse assurer pleinement son rôle dans l’ensemble du territoire de la Guinée. Être un opérateur national qui s’occupe de la production de tous les clients.

L’EDG négocie des contrats d’achat avec tous les concessionnaires sur du long terme. Normalement la vocation c’est que toutes les industries minières et autres qui sont sur le territoire doivent avoir un raccordement sur les lignes de transport et de distribution qui seront à côté d’eux, puisque ces lignes-là cadrent plus ou moins tout le territoire.

Notre objectif à terme est d’avoir un système donnant lieu à un marché d’énergie. Avec l’aide des bailleurs et investisseur, on aura aura un réseau de plus en plus étendu.

Cela donnera lieu aussi à une concurrence plus accrue pour la production d’électricité qui sera en plus grande quantité. Les industriels seront plus intéressés aussi à être raccordés directement au réseau public que d’avoir leur propre groupe puisqu’ils feront des gains financiers non négligeables. En effet, avec le réseau national interconnecté avec la sous-région, une péréquation d’équilibre sera faite. En plus du renforcement des capacités de production hydraulique, l’énergie peut être importée ou exportée ce qui fera baisser le prix ou en tout cas donner lieu à un coût économique des plus optimisés. C’est ainsi qu’on assistera au développement économique.


Maintenant, grâce à très bonnes relations bilatérales entre la Chine et la Guinée, l'intérêt des investisseurs chinois sur les ressources et le développement de la Guinée est de plus en plus visible. Quel genre de résultat vous espérez de cette coopération entre les deux pays ? Qu’est-ce qu’elle peut apporter au secteur de l’énergie ?

Effectivement, je pense que les relations sont très bonnes, dans le cadre de la coopération. Déjà à travers comme je l’ai dit tout à l’heure, la société chinoise CWE, avec la banque Exim Bank sont très fortement impliquées actuellement en Guinée, à travers déjà le barrage en exploitation de Kaleta, le projet de barrage de Souapiti et d’autres encore. Je crois que ce n’est pas une fin pour les entreprise chinoises, le marché est ouvert et il y a beaucoup de production, un projet solaire est pour l’heure.

Par ailleurs, les entreprises chinoises sont aussi des partenaires de taille, au quotidien dans la gestion du réseau. Je pense que les opportunités sont à saisir pour tout opérateur spécialisé dans le domaine.


Quelle est la relation entre Veolia, l’EDG et avec cet acteur de CWE dans le contrat de la production du barrage Kaleta ?

Nous sommes acheteur, normalement c’est CEW qui gère le barrage de Kaleta. Nous sommes en relation de partenariat de longue durée, parce ququ’il s’agit d’une concession de 30 à 40 ans et nous sommes donc de vrais partenaires. Nous nous entendons très bien avec les sociétés chinoises.


Mr. Attou, vous dirigez maintenant cette importante entreprise de distribution de l'énergie en Guinée. Vous avez un grand parcours dans ce secteur qui vous donne la confiance d’être nommé à la tête de cette entreprise ici en Guinée. Quelles sont vos principales fiertés qui vous ont permis de réussir en tant que leader aujourd’hui ?

Comme je vous l’ai dit, nous avons des potentialités aujourd’hui en interne. Mon ambition est de réussir à atteindre les objectifs du contrat de performance. C’est notre raison d’être en Guinée. Ces contrats de gestion et de performance prévoient une transformation profonde d’EDG et nous sommes accompagnés tout au long de ce processus par les bailleurs.

Ces transformations font aussi appel à des ressources en interne, et cette question fait l’objet de l’un des axes majeurs du plan de redressement interne qu’est le renforcement des capacités. Développer des compétences, former la relève, c’est créer l’EDG de demain, c’est notre défi aujourd’hui car nous avons un taux d’encadrement très vieillissant.

L’enjeu pour les années à venir est d’assurer la relève par de hauts cadres guinéens qui seront à même d’accompagner, poursuivre les efforts et les résultats de contrats de gestion tout en mettant en avant des règles de bonne gouvernance. Nous nous attelons au quotidien à cette mission et je reste convaincu que nous réussirons ce defi.

Nous cadres dirigeants de Veolia n’ont pas vocation de rester à EDG à la fin du contrat de gestion. Notre mission est de créer ou mettre en place tous les outils pour qu’EDG connaisse une profonde transformation à tous les niveaux. Il faut qu’EDG soit à terme perçue comme une société citoyenne, proche de ses administrés et bien gérée.

Dans mes expériences passées, j’ai eu à gérer des sociétés en difficulté, notamment avec Veolia mais le contexte en guinée est différent. Les prix au niveau de la clientèle domestique sont très faibles et pourtant 85% de la population est insatisfaite du service d’électricité.

Mais, après lorsqu’on a vu les différents critères variables que les citoyens utilisent pour justifier leur mécontentement, ils invoquent tous le prix qui était beaucoup trop élevé pour ceux. Les conditions modestes des populations ici expliquent aussi en grande partie la dégradation de l’image, puisqu’ils ont longtemps considéré l’électricité comme un bien société acquis qu’il ne faut pas payer. Or c’est l’Etat qui règle les prix, donc mis à part cet élément régalien 80% des guinéens se disent autrement favorables à l’EDG.

Si on arrive là par analogie, l’idée ce n’est pas d’avoir une société qui va avoir de baromètre à soustraction de 100% de taux de satisfaction, mais c’est d’être perçu comme étant des opérateurs performants et professionnels. On ne peut pas intervenir sur la variable prix mais sur le reste et c’est notre ambition à travers tout ce plan de transformation radical.


Durant votre travail à la tête de l’EDG quelle est la plus grande réussite pour laquelle voulez-vous qu’on se souvienne de vous ?

Mon voeux, c’est qu’à la fin du contrat de gestion on puisse faire un bilan pour dire voilà l’EDG a été transformé ou bien beaucoup de projets ont été faits sur le plan du redressement interne ou encore que la croissance est là, que les ressources humaines sont compétentes et bien formées. C’est cela mon objectif, ma motivation.


Enfin, les lecteurs de South China Morning Post incluent majorité d’hommes d’affaire et politiciens des plus influents de la Chine et du monde entier (via la plateforme digitale). Avez-vous un message final à leur adresser sur la Guinée qui les inciterait à venir investir ici ?

Le message que je peux dire, c’est que c’est le rôle des autorités, mais en tant qu’opérateur intérieur du secteur, nous avions un secteur en plein de croissance. Les opportunités sont nombreuses, que ça soit en matière de protection, d’ingénierie liée au secteur de transport, de distribution ou de commercialisation.

C’est un pays qui est conscient que les investisseurs sont constitués comme un levier pour le développement économique. Voilà le message que je dois lancer. Il y a des potentialités de croissance, il n’y a rien à craindre, je pense qu’aujourd’hui, la particularité c’est que les autorités sont très accessibles.

Nous avons quand même des autorités ouvertes, motivées qui veulent servir leur pays et créer les conditions nécessaires au développement.

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