De
par sa localisation sur une des lignes maritimes les plus fréquentées
du monde, Djibouti bénéficie d’une position
très stratégique parmi les pays de la Corne de l’Afrique
et demeure le principal accès maritime de l’Ethiopie.
Cette position stratégique a été renforcée
par le nouveau contexte qui prévaut depuis les évènements
du 11 septembre 2001 et l’exacerbation des crises au Moyen-Orient.
Cet atout non négligeable ne doit pas faire oublier que
la République de Djibouti est un petit pays de 23 000 Km2
et qu’elle doit faire face à des conditions naturelles
défavorables – pauvreté de l’environnement,
rigueur du climat, manque de ressources – qui ont généré
un développement économique particulier reposant
essentiellement sur des activités tertiaires. Son économie
est profondément déséquilibrée et
très dépendante de l’extérieur ce qui
explique la prépondérance des recettes fiscales
indirectes dans les ressources propres du budget national.
Historique
de la Douane |
La
douane dans sa représentation juridique actuelle est le
fruit de la mise en application de la loi 102/AN/5ème L
d’avril 2005. Elle se nomme désormais Direction des
douanes et des droits indirectes contrairement à ce qui
prévalait jusqu’ici à savoir: Sous –
direction des recettes indirectes dépendant de la Direction
des recettes et des domaines qui a été supprimée
par ladite loi.
Il
faut rappeler ici que la douane Djiboutienne en tant que telle
n’a jamais existé auparavant. Elle a été
supprimée sous la colonisation en 1949 avec l’avènement
du franc fort Djiboutien (décret RF n°49374 du 20 mars
1949 et n° 49376 du 20 mai 1949) Il s’agissait pour
l’administration coloniale de faire de Djibouti une place
financière attractive pour les investissements français
avec une fiscalité nulle. Dans cette optique le budget
de Djibouti provenait, pour sa quasi-totalité, de la France
sous forme de subvention.
En
1956, sous le gouvernement de PIERRE MANDES FRANCE (IVème
République Française), les territoires d’outre
mer ont été appelés à lever des impôts
indirects sur leur territoire pour financer leurs économies.
Ainsi, à Djibouti, le premier code général
des impôts a vu le jour qui a crée la Taxe Intérieure
de Consommation (TIC). Cette Taxe frappait à l’origine
les ventes effectuées par les grossistes, les semi –
grossistes et les détaillant. C’est une taxe sur
le chiffre d’affaires. Pour collecter cet impôt, le
service des contributions indirectes fut créé.
En 1962, une reforme du code général des impôts
a été initié par le gouvernement territorial
pour palier aux pertes de recettes liées à la manière
d’imposition et de collecte de la TIC. Désormais,
la TIC est collecté à la source c'est-à-dire
lors du franchissement de la frontière fiscale. Elle repose
sur la valeur des importations. De ce fait, la TIC, dans sa manières
d’être liquidée et collectée est devenue
un droit de douanes jusqu’à la nouvelle reforme du
code générale des impôts en octobre 2000 qui
a étendu le champ d’application de la TIC à
la production nationale dénaturant ainsi les sous entendus
de droit des douanes ou des taxes à effets équivalents
contenue dans la première définition de la TIC.
Pour mener à bien ses missions, le service des contributions
indirectes, bien qu’il ne se nomme pas douane, a dû
adapter ses méthodes de travail.
La
délibération de 1976, signé par le Président
de conseil (sous la colonisation), consacre la nouvelle structure
de service des contributions indirectes pour exercer toutes les
fonctions d’une douane sans pour autant lui donner le titre
officiel de DOUANE. Cette situation a perduré jusqu’au
décret n° 99 – 0025/PR/MEFPP pris en application
de la loi n° 15/AN/98 4ème L du 1er avril 1998 qui
a mis en place la Sous – direction des recettes indirectes.
Il faut remarquer que cette nouvelle appellation ne fait pas apparaître
le terme DOUANE, mais elle n’enlève en rien quant
aux missions assignées.
La
promulgation de la loi 102/AN/5ème L en avril 2007 fut
celle qui a réellement créé officiellement
la douane. Sa nécessité a été appréciée
par les autorités politiques au regard des exigences du
COMESA en vue de la mise en place fin 2008 d’une union douanière.
Cependant la nouvelle structure organisationnelle de la douane
est encours d’élaboration. La structure actuelle
est celle héritée de l’ancien sous –
direction des recettes indirectes.
Les
missions |
La
Direction des douanes et des droits indirects est chargée
de faire respecter les dispositions législatives et réglementaires
applicables aux mouvements des marchandises à l’entrée
et à la sortie du territoire national. En conséquence,
l’administration en question se voit investie de trois missions
primordiales : mission fiscale, mission économique et mission
de protection.
Mission
fiscale |
L’importation,
l’exportation ou le transit de marchandises sur le territoire
national constitue le fait générateur de la fiscalité
indirecte. Cette fiscalité a pour principal objectif l’alimentation
des caisses publiques. Sa collecte par le trésor national
représente environ 50 à 60% de l’ensemble
des recettes fiscales. Cette mission se caractérise donc
par l’importance des sommes recouvrées du fait de
l’action La Direction des douanes et des droits indirects.
Mission
économique |
Par le bais des régimes suspensifs, notamment le régime
de l’entrepôt sous douane, la sous direction des recettes
indirectes permet à tout bénéficiaire de
stocker des marchandises sur le sol national en suspension des
droits et taxes exigibles. L’objectif de ces régimes
est d’inciter tout utilisateur à se constituer une
trésorerie suffisante pour développer ses activités
lucratives sans faire appel à sa banque pour un endettement
massif qui est souvent lourd de conséquences.
De plus, le traitement égal des importateurs et la mise
en place des procédures de lutte contre la contrebande
par le service militent en faveur de la concurrence dans une économie
libérale.
Mission
de protection |
Par
l’étendue de ses pouvoirs, l’administration
des douanes s’est vue confier par les pouvoirs publics un
rôle de protection, lequel s’exerce parfois en collaboration
avec d’autres administrations. Ainsi en collaboration avec
la force nationale de police ou la gendarmerie, La Direction des
douanes et des droits indirects participe à la recherche
et à la répression des trafics de stupéfiants
ou d’armes.
Par
ailleurs, la douane, est amenée, par ses moyens de contrôles
en tout point d’introduction légale des marchandises
et dans le cadre de la politique de protection du consommateur,
à faire valoir pour le compte d’autres administrations
la production de certains documents ou visa pour les dédouanements
de certaines marchandises dites sensibles, par exemple la présentation
d’un certificat phytosanitaire pour les produits d’origine
animale, attestant que la marchandise déclarée est
apte à la consommation humaine.
DEFIS : Réforme fiscale et mise en place de la
TVA
La Douane Djiboutienne sera amenée à lever et à
liquider la TVA à l’import, ceci dans le cadre de
la réforme de la fiscalité en général.
Cette
réforme est devenue nécessaire du fait des exigences
du COMESA pour fin 2008 à savoir la mise en place de l’union
douanière. Cette union établi entre les états
membres oblige ceux-ci à lever un Tarif Extérieur
Commun en lieu et place des droits des douanes nationaux.
Le
défi de la douane djiboutienne est de s’intégrer
dans cette union avec toute l’efficience d’une douane
moderne permettant la facilitation des échanges, norme
édictée par l’OMC.
Un
tel objectif demande non seulement une réforme de la fiscalité
mais aussi, une structure adéquate permettant d’accomplir
les missions qui lui sont dévolues tant au niveau national
que communautaire.