Présentation |
Créée par ordonnance le 3 décembre 1977,
la Banque Centrale de Djibouti (BCD) est une institution financière
publique. Le statut définitif de l’Institut d’Emission
de la République de Djibouti, a été promulgué
par le décret 79.030 le 18 avril 1979. La loi n°91/AN/00/5èmeL
du 16 janvier 2005 relative aux statuts de la BCD a récemment
complété les dispositions en vigueur.
La Banque Centrale de Djibouti est dotée d’un capital
de 400 Millions FDJ entièrement détenu par l’Etat.
Elle jouit de la personnalité morale, de l’autonomie
administrative et financière et d’une indépendance
totale vis-à-vis du ministère de l’économie
et des finances.
Objectifs |
La Banque Centrale de Djibouti a la particularité de
fonctionner sous le régime de Currency Board (caisse
d’émission en français). Ce système
monétaire est basé sur un engagement législatif
explicite d’échanger la monnaie nationale (le franc
Djibouti) contre le dollar US à un taux de change fixe.
Ainsi, toute délivrance de FDJ par la Banque Centrale
de Djibouti s’opère contre dépôts
de dollars US auprès du compte d’un des correspondants
à New York. Inversement, l’achat de devises est
libre et s’effectue contre dépôts de FDJ
auprès des caisses de la Banque Centrale de Djibouti.
L’émission monétaire est donc conditionnée
par l’existence de devises en couverture. La règle
de couverture (backing rule) signifie pour l’autorité
monétaire de couvrir la totalité de la base monétaire
(monnaie en circulation et réserves du système
bancaire détenues au passif de l’autorité
monétaire).
Dans ce contexte, la politique monétaire menée
par la Banque Centrale de Djibouti est entièrement dictée
par son principe de fonctionnement et, à ce titre, dans
le respect des options fondamentales libérales prises
par le Gouvernement de Djibouti en matière d’ouverture
de l’économie sur l’extérieur et de
liberté totale des changes, la Banque Centrale de Djibouti
s’attache à préserver et à conforter
la valeur externe et interne de la monnaie nationale. Ses actions
s’inscrivent dans une double perspective :
- surveiller
l’évolution de la masse monétaire et les
conditions de distribution du crédit de telle sorte
à éviter le développement incontrôlé
des crédits en monnaie nationale, générateurs
de dépôts à découvert ;
- veiller
à la force de la monnaie nationale au travers du maintien
de la parité fixe du Franc Djibouti avec le Dollar
US et à sa libre conversion vis-à-vis des autres
monnaies.
Pour cela, elle assure la gestion des ressources officielles de
change du pays avec la préoccupation constante de préserver
un taux réel de couverture de son émission (en moyenne
largement supérieur à 100%). Dans un tel système,
il n’y a pas de politique monétaire discrétionnaire.
Structure |
La direction et l’administration de la Banque Centrale de
Djibouti sont confiées de par les statuts à un Gouverneur
et à un organe délibérant, le Conseil d’Administration.
Une direction, de création purement interne, assure la
coordination des actions des différents services de la
Banque.
Outre le Gouverneur, le Conseil d’Administration comprend
actuellement cinq administrateurs, tous de nationalité
djiboutienne. Ils sont nommés par décret pris en
conseil des ministres pour un mandat de trois ans, renouvelable.
Le Conseil d’Administration est présidé par
le Gouverneur. La validité des délibérations
du Conseil d’Administration est subordonnée à
la présence d’au moins 2/3 des membres. Les décisions
se prennent à la majorité des membres présents
et en cas de partage, la voix du président est prépondérante.
Le Conseil d’Administration traite des questions générales
relatives à l’administration de la Banque. Il établit
les budgets prévisionnels et rectificatifs des dépenses
et arrête le bilan et les comptes de la Banque ainsi que
les projets d’affectation du bénéfice et fixe
les dividendes revenant à l’Etat, unique actionnaire.
Le Conseil d’Administration fixe les conditions générales
des opérations que la Banque Centrale est autorisée
à effectuer et approuve les traités et conventions
conclus avec des établissements bancaires ou financiers
étrangers ou internationaux. Il délibère
également sur les statuts du personnel.
Le Gouverneur assure la direction générale de la
Banque Centrale de Djibouti, la représente en justice vis-à-vis
des pouvoirs publics et des tiers. Il nomme, révoque et
licencie le personnel de la Banque Centrale de Djibouti dans les
conditions prévues par les statuts du personnel.
Le Gouverneur convoque le Conseil d’Administration qu’il
préside et fixe son ordre du jour. Il signe seul au nom
de la Banque Centrale tous les traités et conventions.
Le Gouverneur est aussi conduit à participer à de
nombreuses réunions d’institutions étrangères,
régionales ou internationales. Enfin, il est responsable
de sa gestion devant le Président de la République
à qui il présente chaque année le compte
rendu des opérations de la Banque.
La mise en application des mesures prises par les organes directeurs
et la gestion quotidienne de la Banque sont confiées à
un ensemble de départements spécialisés qui
sont, pour la plupart, regroupés au sein de services :
- Administration
et Personnel
- Banques
et Statistiques Monétaires
- Caisse
- Comptabilité
et Opérations Financières
- Etudes
et Relations Externes
- Renseignements
financiers
Ces services sont rattachés à un Directeur Exécutif.
L’effectif de la BCD est d’une cinquantaine de personnes
à fin juin 2007. La Banque Centrale de Djibouti mène
une politique dynamique des ressources humaines, basée
sur un recrutement particulièrement sélectif et
une politique soutenue de formation continue. Ses agents perfectionnent
leur formation à l’étranger pour faire profiter
la Banque Centrale de Djibouti des expériences des pays
et institutions partenaires.
Activités |
Depuis sa création, la Banque Centrale de Djibouti a pour
mission générale de veiller à la stabilité
de la monnaie nationale et au bon fonctionnement du système
bancaire et financier. Entrée dans une période de
modernisation au cours de la dernière décennie,
sa croissance s’est particulièrement accélérée
depuis qu’elle a élu domicile dans son nouvel immeuble
en juin 1997.
En vertu des missions que lui confèrent ses statuts, la
Banque Centrale de Djibouti exerce seule le privilège d’émettre
les billets de banque et les pièces de monnaie métalliques
en francs. Elle est l'agent financier de l'Etat pour toutes ses
opérations de caisse et de banque. En sa qualité
d'auxiliaire financier de la République de Djibouti, elle
gère le Fonds de Stabilisation des Changes.
La Banque Centrale effectue la supervision du système bancaire
et financier ainsi que des intermédiaires agréés
(bureaux de change et de transfert d’argent). A ce titre,
elle procède aux contrôles sur pièces et sur
place des établissements bancaires et financiers agréés
et édicte toute réglementation ou instruction en
la matière. A partir des documents et des renseignements
périodiques que les établissements bancaires et
financiers lui transmettent, la Banque Centrale de Djibouti examine
les conditions d’exploitation et veille à la qualité
de leur situation financière.
La Banque Centrale de Djibouti prête son concours à
la mise en œuvre de la politique économique de l’Etat.
Dans ce cadre, elle peut proposer au Gouvernement toute mesure
qui est de nature à exercer une action favorable sur le
développement économique et social du pays.
Projets |
Les autorités djiboutiennes entendent maintenir l’intégrité
du système monétaire de type Currency Board qui
a fait ses preuves au cours de ces dernières années,
en dépit des perturbations qui ont affecté les grandes
places financières internationales, notamment pour stabiliser
l’inflation à des niveaux bas.
Les autorités monétaires ont récemment initié,
avec l’assistance technique du FMI et de la Banque mondiale,
un programme d’évaluation du secteur financier (PESF)
susceptible de fournir un cadre stratégique pour le renforcement
et le développement du système financier djiboutien.
En effet, le système bancaire de Djibouti propose des produits
de crédit traditionnels, mais adaptés au type de
clientèle locale et régionale. Toutefois, ces produits
se révèlent insuffisants dans l’optique d’une
plus grande ouverture aux marchés financiers internationaux.
Dans le cadre de la stratégie de développement économique,
les institutions financières pourraient être amenées
à proposer aux entreprises des produits et services nouveaux
tels que le crédit-bail, le crédit jeune entrepreneur,
l’ingénierie financière, le capital-risque,
l’affacturage, etc.
Les banques pourraient également mettre en place de véritables
services de gestion de patrimoine susceptibles de faire connaître
et de proposer une palette de produits devenus courants dans les
pays développés (Sicav, fonds communs de placement…).
Enfin, les établissements financiers pourraient offrir
les services de qualité à leur clientèle
en incluant dans leurs gammes de produits les techniques de la
Hi Tech banking system.