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SSA : Ivory Coast : TOP Interviews

Interview avec Monsieur Pascal Affi N'Guessan
Président Du Front Populaire Ivorien

1er février 2005 - M. N'Guessan, vous êtes le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti du Président de la République. Est-ce que vous pouvez partager avec nous l'historique de ce parti, depuis sa création jusqu'en 2005 ?

La création du Front Populaire Ivoirien est une longue histoire, qui se confond un peu avec la carrière politique du président Laurent Gbagbo, qui en est le fondateur. C'est une idée qui est née à partir de 1982. Avant cela, plusieurs cadres ivoiriens, des universitaires qui étaient en opposition avec la politique menée par le président Houphouet-Boigny sous le parti unique, avaient commencé à réfléchir sur la manière de combattre le système en place et organiser un changement en Côte d'Ivoire, dans le sens de la progression des libertés et de la démocratie.

Ce sont ces différents cercles qui en 1982 ont jetté les bases du Front Populaire Ivoirien dans la clandestinité, puisque le multipartisme n'existait pas à l'époque. Cependant, le FPI s'est organisé, il a commencé à travailler, à se structurer, à réfléchir sur l'avenir du pays. Toutes ces réflexions ont abouti à la publication de plusieurs ouvrages dans lesquels les cadres qui animaient le parti ont fait un diagnostic de la situation en Côte d'Ivoire et ont partagé leur vision sur la possible réforme de la vie politique ivoirienne. Les revendications principales de ces derniers étant l'instauration du multipartisme et de la libre expression dans le pays.

C'est ainsi que le multipartisme a été instauré le 30 Avril 1990, prenant appui sur la crise économique qui existait depuis les années 80. Le FPI devient alors un parti politique légal, ce qui lui permis de se présenter aux élections de cette année là, aussi bien présidentielles, législatives, que municipales.

De 1990 à 2000, le FPI était un parti d'opposition, qui s'est fortement impliqué dans la vie politique nationale par ses critiques et ses propositions pertinentes en matière de gestion des affaires publiques nationales. Cette période n'a cependant pas été facile car, bien que le multipartisme ait été reconnu, le parti au pouvoir, celui du président Houphouet Boigny, mettait toutes les entraves possibles au libre exercice des activités des partis politiques. Le FPI a néanmoins résisté grâce aux contradictions qui ont commencé à apparaître au sein du parti unique de l'époque.

Comme vous le savez, le FPI est arrivé au pouvoir à l'issue de la transition militaire de 2000, car entre temps, en 1999, les contradictions au sein PDCI ont dégénérées en un coup d'Etat contre le régime du président Bédié qui avait pris la succession du président Houphouet Boigny en 1993.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu'à la mort du président Houphouët-Boigny en 1993, des tensions déjà perceptibles et persistantes au sein du parti au pouvoir sont mises à nue par la ''guerre'' de succession qui née entre Alassane Ouattara et Konan Bédié d'un côté ; et entre Robert Guei et Henri Konan Bédié de l'autre. Au bout du compte Monsieur Henri Konan Bédié réussit néanmoins à prendre le pouvoir en s'appuyant sur la Constitution, mais les deux autres ne renoncent guère. Cette guerre interne déboucha en 1995 sur une confrontation entre le Général Robert Guei et le Président Bédié. Robert Guei, Chef d'Etat Major, accusé de fomenter un coup d'Etat militaire est limogé de son poste. En 1999, ce dernier prend sa revanche en renversant Bédié, qu'il fait exiler.

S'ouvre ensuite une période de transition d'une dizaine de mois à l'issue de laquelle les élections ont été organisées par le Gl. Guéi Robert, Chef du gouvernement de transition. Alassane Ouattara et Bédié sont éliminés de la compétition et le Gl. Guéi se retrouve face à Laurent Gbagbo et trois autres candidats. Laurent Gbagbo gagne les élections, mais Robert Guei tente encore une fois de prendre le pouvoir par un coup d'Etat. Sous la pression du Peuple ivoirien descendu dans la rue, Robert Guei laissa le processus électoral se terminer.

C'est ainsi que Monsieur Laurent Gbagbo fut élu Président de la République. Par conséquent, conformément à la Constitution, il a quitté la tête du FPI au Congrès de juillet 2001, date à laquelle les Camarades m'ont confié les responsabilités de diriger le parti, parallèlement à mes fonctions de Premier Ministre. Ainsi, depuis 2001, je suis le nouveau Président du FPI dans un contexte difficile car, comme vous le savez, nous sommes confrontés depuis septembre 2002 à une grave crise.

Depuis l'indépendance en 1960, la Côte d'Ivoire a choisi la République comme type de gouvernement. Quel bilan faites-vous de ces 40 dernières années de recherche de la démocratie?

Il faut préciser que de ces 40 années, nous avons connu une vingtaine d'années de parti unique qui ont été des années difficiles.

De 1960 à 1965, l'indépendance avait été octroyée mais la souveraineté et la liberté de décision n'étaient pas effectives. Il y avait donc une indépendance formelle du pays, et non une indépendance effective. Cette situation a été très mal vécue par les cadres du parti unique car certains étaient dans une logique d'indépendance totale, je dirai même dans une logique de rupture avec l'ancienne puissance coloniale. Cette puissance coloniale voulait donner l'indépendance à la Côte d'Ivoire mais sans se désengager économiquement et politiquement de la vie du pays, ce qui a créé des problèmes au sein du parti. Beaucoup de cadres ont été arrêtés et emprisonnés, parce qu'ils contestaient le système de gouvernance qui était en train de se mettre en place. Le Président Houphouët-Boigny a pu ainsi assoire son autorité sur le PDCI et sur le pays.

La période 1965-1980 a été une période assez calme. Ces années ont été des années d'évolutions où on a parlé de " miracle ivoirien ". Nous avons assisté à de nombreux d'investissement dans le pays, qui eurent pour résultat une croissance économique d'environ 7% par an. Le Président Houphouët-Boigny maîtrisa le pays à travers de grands chantiers de développement.

Cependant, dès 1978, la crise commença à se faire sentir avec la chute du prix du cacao et du café. Depuis 1978 jusqu'à aujourd'hui, nous sommes dans une crise économique dont nous n'arrivons pas à sortir. C'est d'ailleurs cette crise économique exacerbée à laquelle le régime d'alors ne trouva aucune solution, qui favorisa le retour au multipartisme en 1990, comme un moyen de désamorcer la bombe sociale en donnant la libre expression aux citoyens.

De 1990 à 2000 nous avons connu une autre transition politique difficile : malgré le multipartisme, nous constations un déficit de la libre expression. Je considère que c'est cet état de fait qui est au centre de notre problématique actuelle. Si dès 1990 nous avions obtenu un consensus sur la manière de gérer le pays, d'instaurer la démocratie et de s'attaquer aux problèmes sociaux graves que le pays connaissait, nous aurions certainement évité un certain nombre de problèmes, telles que l'immigration et le problème de cohésion nationale.

Depuis 2000, avec l'arrivée du Président Laurent Gbagbo au pouvoir, nous avons essayé de remédier à ce problème en faisant en sorte que tous les partis politiques participent aux élections, en organisant le forum de la réconciliation nationale, en renouant avec les bailleurs de fonds (l'Union Européenne, la banque mondiale et le FMI) et en créant des richesses pour le pays. La croissance économique était au centre de nos préoccupations : Si le pays se remet debout, s'il y a création d'emplois ou de richesses, les problèmes vont progressivement trouver des solutions. Par contre si la pauvreté perdure, il est évident que les difficultés vont s'amplifier.

Nous nous attelons donc à améliorer la situation économique du pays de manière à avoir une politique sociale efficace, qui est au centre de notre programme d'action. Malheureusement cela est apparu être insuffisant puisque certains avaient comme projet de prendre les armes.

Vous avez déclaré récemment que 2005 est une année charnière pour la Côte d'Ivoire ainsi que pour le FPI, en soulignant trois grandes priorités :
- La réunification du pays,
- L'organisation du Congrès de votre parti,
- Et, L'organisation des élections d'octobre 2005.
Quelles mesures ont étés et seront adoptées pour garantir ces résultats ?

Pour la réunification du pays nous faisons tous les efforts nécessaires depuis les négociations de Lomé et de Marcoussis :
- Nous avons formé un Gouvernement de Réconciliation Nationale.
- Nous avons mis en en œuvre les réformes politiques demandées.

Tout d'abord je tiens à préciser que nous nous sommes fortement engagés dans ce programme, qui par ailleurs, n'est pas le nôtre, mais que nous considérons nécessaire pour que la réunification soit effective, car par-dessus tout, il faut que le pays soit réunifié et la paix restaurée. Nous avons dans cette optique accepté tous les sacrifices et fait toutes les concessions possibles et nous continuerons.

Aujourd'hui, nous avons fini tout ce qui relève du pouvoir présidentiel en terme de réformes. Les petits ajustements qui relèvent du gouvernement, c'est au gouvernement de les régler. Pour le moment nous attendons avec impatience la réunification, nous communiquons beaucoup sur la nécessité d'une réunification du pays comme condition du retour à la paix. Je pense que ce travail a beaucoup avancé, puisque tout le monde au niveau international en parle. Nous continuerons ce travail de communication et de diplomatie pour que tous les décideurs, l'ONU, les Autorités françaises, la Communauté Internationale adhèrent et soutiennent cette réunification.

En ce qui concerne le Congrès du Front Populaire Ivoirien (FPI), il s'agit d'une question interne. Si d'ici mars ou avril prochain nous observons que le processus de réunification est enclenché et irréversible, et qu'il n'y a plus de risques, nous programmerons notre Congrès qui sera certainement centré sur les conditions nécessaires pour que nous gagnions les élections de 2005. Comment nous organiser ? Comment nous mobiliser ? Quel programme électoral proposer aux Ivoiriens pour qu'ils nous fassent confiance pour le mandat 2005-2010 ? Telles seront les questions débattues lors de ce Congrès. Une fois le Congrès terminé, il nous faudra aller sur le terrain pour expliquer aux Ivoiriens la situation du pays, nos projets, corriger les points dans lesquels nous sommes faibles et prendre les dispositions nécessaires pour répondre à leurs attentes aux élections présidentielle, législative et municipale.

La notion d' " Ivoirité " est très commentée ces derniers temps comme un facteur clé des évènements en Côte d'Ivoire. Pouvez vous nous préciser ce que signifie ce concept ainsi que votre vision personnelle sur le sujet ?

Je ne peux pas vous expliquer ce qu'est l'Ivoirité car ce concept a été construit par les intellectuels du PDCI. On dit que c'était un concept culturel, certains disent que c'est cela qui est à la base de la crise. Mais c'est vraiment les responsables du PDCI qui peuvent vous le dire. Ce que je peux néanmoins vous dire, c'est que ce concept n'est ni un prolongement constitutionnel, ni une prolongation sociale, ni même un prolongement politique. C'est à dire que, si vous regardez les textes de la Côte d'Ivoire, vous n'y verrez nulle part les dispositions qui déterminent ce que la Communauté Internationale appelle Ivoirité. Pour ouvrir un commerce ou pour être chauffeur de taxi, personne ne vous demandera votre nationalité. Cependant, comme dans tout les pays, pour faire partir la fonction publique, uniquement les Citoyens ivoiriens y accèdent. Il n'y a donc pas de discrimination à l'encontre des étrangers dans la vie quotidienne des Ivoiriens. Il n'y a pas de notion d'Ivoirité dans le comportement des Ivoiriens. Aujourd'hui, vous pouvez vous promener partout, vous ne verrez pas dans les écoles ou dans les hôpitaux un traitement différent selon votre nationalité.

C'est un concept néanmoins malheureux parce que les intellectuels du PDCI l'ont formalisé dans un ouvrage, mais ce n'est en rien une philosophie ou une réalité nationale. C'est un concept totalement abstrait et extérieur aux Ivoiriens. Malheureusement, certains hommes politiques l'on instrumentalisé pour mener le combat contre le PDCI d'abord et aujourd'hui contre le FPI. A la faveur du combat entre Bédié et Alassane (1998-1999) beaucoup de commentaires ont été faits sur le concept d'Ivoirité, selon lesquels, l'ivoirité avait été créé pour exclure Alassane Ouattara du jeu politique.

Je reste convaincu qu'il s'agissait d'une instrumentalisation. Tout comme les allégations de Monsieur Alassane Ouattara lui-même, disant qu'il n'était pas admis comme candidat présidentiel de par sa religion. C'était une manœuvre politique car en regardant l'administration actuelle vous pourrez observer que les musulmans y occupent des postes clés : La présidence de l'Assemblée Nationale, la Primature, etc… Toutes les Institutions, ou presque, ont des musulmans dans leurs rangs.

En termes de situation des étrangers, la Côte d'Ivoire n'est pas pire que la France ou la Grande Bretagne. Les étrangers sont plus à l'aise ici qu'ailleurs.

La Côte d'Ivoire est économiquement dominante au sein de l'Afrique de l'Ouest (40% du PIB de l'UEMOA) et a été désignée comme un exemple à suivre, nommé le " miracle Ivoirien ". Dans l'optique de l'investissement étranger quels sont selon vous les secteurs qui ont de réelles potentialités?

Dans l'immédiat, le secteur de prédilection c'est l'agro-industrie, c'est dans le secteur de l'agriculture que nous avons de grandes potentialités, le duo café-cacao est en tête de ce secteur. Par exemple, le cacao n'est transformé qu'à hauteur de 20% de la production totale. Accroître la valeur ajoutée de ces produits pour la Côte d'Ivoire, c'est donner la priorité à la transformation des matières premières du pays. Nous avons aussi le caoutchouc qui est exporté, des opportunités pour les industries dans ce domaine, et également l'anacarde qui est un produit nouveau et a besoin d'être valorisé.

La filière textile a besoin d'être restructurée pour bénéficier par exemple des opportunités qu'offre l'AGOA. Nous espérons que dans 1 ou 2 ans nous allons réintégrer l'AGOA ; ce qui nous permettra d'ouvrir de nouvelles opportunités pour le secteur textile.

Le secteur Energétique est également un secteur d'avenir : Le pétrole, le gaz, etc. Pour le moment nous ne sommes pas un gros producteur mais, nous disposons d'une plate forme en terme de traitement et de raffinage. Notre volonté, notre axe de développement pour le secteur serait de faire d'Abidjan une sorte de Rotterdam, c'est à dire une plate forme pour pouvoir raffiner tout le pétrole de la Sous Région : depuis l'Angola jusqu'au Nigeria en passant par la Guinée Équatoriale. Dans la même logique que pour le secteur agricole, il s'agirait ensuite de développer une grande industrie pétrochimique, c'est à dire des dérivés du pétrole. Autour du pétrole et du gaz, il existe de grandes opportunités de développement.

L'autre secteur qui est aussi porteur est celui des télécommunications qui a déjà connu un grand essor. Il a été constaté dans ledit secteur une très grande marge de progression. En effet la densité téléphonique n'est pas encore suffisante, plus particulièrement en ce qui concerne la téléphonie fixe. Pour la téléphonie mobile, nous avons environ 1.500.000 abonnés qui peuvent croître jusqu'à 10 millions d'abonnés.

Il faut aussi dire le secteur du bâtiment et des travaux publics est un secteur d'avenir, parce que la Côte d'Ivoire même est à construire. Il y a un déficit important en logement à Abidjan et à l'intérieur du pays. Tout ce qui tourne autour du bâtiment ce sont des industries qui vont se développer dans les années à venir.

L'industrie de l'emballage est aussi un secteur qui a un fort potentiel de développement. Au vu de ce qui précède, on constate qu'il y a beaucoup à faire dans le pays. C'est pourquoi, nous cherchons la paix pour pouvoir créer les conditions necessaires à l´attraction de nouveaux l'investissement et des capitaux.

Vous avez un parcours professionnel brillant. Nos lecteurs sont toujours intéressés par l'homme derrière la fonction. Pouvez vous nous en dire plus sur vous-même ?

Vous savez qu'il est souvent très difficile de parler de soi, je préfère souvent parler de mes activités qui intéressent la société. Je suis tout d'abord un ingénieur des télécommunications. Après mes études, au lycée Technique d'Abidjan, j´ai frequenté l'école des PTT d'Abidjan, l'Institut National de Télécommunication d´Evry, supelec ainsi que sup. telecoms en France.

Au niveau professionnel, j'ai eu à exercer quelques responsabilités de direction avant de basculer dans la politique en étant, dès la proclamation du multipartisme, Maire dans la Commune de Bangouanou, ma ville d'origine, pendant cinq (5) ans de 1990 à 1995. Ensuite je suis resté exclusivement dans le champ politique jusqu'à présent et je pense que la politique occupe à peu près 90% de mes activités.

Depuis ce moment là, je n'ai plus eu de vie dans le civil, comme je l'avais avant où, je pouvais m'adonner à des activités sportives, de loisir, familiales, faire ceci ou cela. A présent ma vie est monopolisée par l'activité politique. De temps en temps, évidemment, pour me soustraire de l'ambiance politique, je me rends au village pour un week-end, cependant en général vous consacrez le 80% du temps à recevoir des militants, à recevoir des autorités qui viennent vous voir parce que vous êtes un responsable politique.

J'étais plutôt porté vers les activités sportives et associatives avant d'être un homme politique. J'étais très impliqué dans le développement de mon village à travers les associations de développement qui existaient et dans l'animation sportive et culturelle de la région. Dans le domaine sportif, le football, comme tout bon africain, a toujours attiré mon attention. C'est surtout ce sport que nous pratiquions pendant que nous étions au lycée pendant les vacances. Créer de toutes pièces des équipes et trouver les moyens pour les équiper, organiser des compétitions, voilà les activités auxquelles je me consacrais.

Aujourd'hui avec la crise nous sommes engagés à plein temps dans l'activité politique et dans la gestion des affaires de l'État.

Quelles ont été les plus grandes satisfactions de votre carrière ?

C'est peut être ma nomination en tant que Premier Ministre et Président du FPI. Ce sont quand même deux (2) moments très importants, parce qu'être président d'un parti comme le FPI c'est une lourde responsabilité et c'est à la fois un grand honneur.

Avoir eu la chance de bénéficier de la confiance du Président Laurent Gbagbo pour être son Premier Ministre dès sa prise de fonction et qui, plus est dans un contexte très difficile a été aussi un moment important. Par rapport aux commentaires qui ont étés faits lorsque je suis parti, j'ai le sentiment que pendant ces 2 années, nous avons fait un travail considérable qui malheureusement est aujourd'hui totalement déstructuré par la crise. Si nous avions eu l'opportunité de continuer sur notre lancée, je suis certain que la Côte d'Ivoire aurait avancé notablement.

En moins d'un an nous avons tout de même résolu beaucoup de problèmes socio-politiques : au niveau politique nous avons fait d'importantes reformes. De même dans le cadre de la réconciliation nationale, ces années ont été un grand moment. Nous avons capitalisé au mieux les acquis du forum de reconciliation et renoué avec les bailleurs de Fonds, avec l'UE notamment. Cela a été aussi un très grand moment parce que nous avons travaillé pendant près d'un an sur un calendrier, sur une matrice à mener à terme avec les Ambassadeurs qui étaient à Abidjan. Nous nous retrouvions toutes les semaines et, pas à pas, nous essayions de régler tous les problèmes qui nous opposaient à la Communauté Internationale afin de pouvoir bénéficier de leur soutien et revenir dans la grande famille de coopération de l'UE. Cela n'a pas été simple et c'était un grand moment de coopération pleine et entière avec l´UE en janvier 2002, ainsi qu'avec le FMI. Nous avons mis en place et partagé notre programme intérimaire de six (6) mois, dès juillet 2002, c'est à dire huit (8) mois après notre arrivée.

Notre passage au Gouvernement a été un moment important sur le plan des résultats politiques et économiques, peut être même au plan social. Nous avons jeté les bases de l'Assurance Maladie Universelle, de la gratuité de l'école, de la décentralisation. Nous avons organisé les Conseils Généraux, les élections législatives et municipales ont eu lieu, etc. Encore dans le domaine social, le système de double salaire des enseignants ou l'amélioration de la situation salariale de la police nationale ont été au centre de nos préoccupations.

En tant que président du parti au pouvoir, quel message aimeriez vous adresser à la Communauté Internationale et à la Communauté des affaires en particulier ?

Le message que je voudrais leur adresser est un message de confiance dans la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est le meilleur marché en Afrique de l'Ouest, c'est la porte d'entrée sans aucun conteste. Ceux qui veulent investir en Afrique de l'Ouest doivent viser le marché de la Côte d'Ivoire parce qu'à travers Abidjan ils ont accès à toute la CEDEAO.

Mon message est aussi qu'il ne soit pas effrayé par la situation conflictuelle que nous connaissons. Tous les pays du monde connaissent des moments de crise. Mais ce qui est fondamental, ce sont les bases, les fondations de l'économie et ce qu'on observe malgré les deux (2) ans de crise. En effet, malgré les problèmes que connaissent les entreprises, le pays continue de payer régulièrement ses fonctionnaires. Le pays a de réels atouts avec des Institutions fortes, des ressources humaines qualifiées, des infrastructures économiques développées. La position géographique du pays est stratégique dans la sous région, le port d'Abidjan demeure le principal port de l'Afrique de l'Ouest et ambitionne de devenir le premier port d'Afrique.

Ce sont des réalités qui nous permettent d'affirmer que la Côte d'Ivoire est un marché d'avenir, c'est un pays d'avenir. Il faut donc que les opérateurs économiques viennent. On dit souvent dans les affaires que c'est dans les moments de crise qu'on prépare les investissements d'après crise. Je pense que c'est pour cela qu'il faut qu'ils approchent le marché ivoirien, qu'ils approchent la Côte d'Ivoire pour préparer l'après crise que nous voyons pour très bientôt.

Nb : World Investment News cannot be held responsible for the content of non-edited transcriptions

 

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