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Interview
with Dr. IDE Tahirou, Coordonnateur
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Programme
d'Actions Communautaires
BP 12946
Tel: (227) 20372717
Fax: (227) 20372953
Email: cgrn@intnet.net
|
L
e Programme d’Actions Communautaires (PAC) du Niger : combattre
la pauvreté et promouvoir la gouvernance locale.
Mis en vigueur en décembre 2003 suite à un accord
entre le Niger et la Banque Mondiale, le Programme d’Actions
Communautaires (PAC) a pour objectifs :
- d’aider
l’Etat nigérien à concevoir et à
mettre en place des mécanismes de financement décentralisés,
participatifs et transparents permettant aux communautés
et aux collectivités territoriales de mettre en œuvre
leurs propres plans de développement ;
- de promouvoir
une gestion communautaire intégrée des écosystèmes
afin de générer de multiples effets positifs sur
l’environnement.
Le PAC est conjointement financé par la Banque Mondiale,
le Fonds pour l’Environnement Mondiale (FEM), l’Etat
du Niger et les communautés bénéficiaires pour
un montant global de 43,83 millions de dollars américains.
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LES
COMPOSANTES DU PROGRAMMES
Le PAC s’exécute à travers cinq composantes
:
1. la composante appui communautaire : elle a pour but de renforcer
les capacités des communautés à la base afin
de les amener à préparer des Plans de Développement
Locaux (PDL) et des micro-projets visant à résoudre
les problèmes de pauvreté.
2. la composante appui à la gouvernance locale : elle vise
à accompagner le processus de décentralisation. Dans
ce cadre le PAC apporte des appuis d’une part à 54
collectivités locales décentralisées pour renforcer
leur capacité en vue d’une meilleure gestion administrative
et fiscale et d’autre part au Haut Commissariat à la
Modernisation de l’Etat ainsi qu’à tous les Ministères
et institutions concernés par la question de décentralisation
pour accélérer le processus dans ce domaine.
3.
la composante Fonds d’Investissement Local (FIL) : elle est
destinée au financement de toutes les actions de développement
à la base. Il représente à lui seul plus de
60% du financement global du programme soit un peu plus de 26 millions
de dollars.
4.
la composante suivi de la pauvreté et de l’environnement
: Il s’agit d’un système de suivi permettant
de relever l’impact du programme non seulement sur la pauvreté
mais également sur la gestion de l’environnement.
5.
la composante gestion du projet : c’est la composante gestion
et coordination du Projet au sein de laquelle il y a toutes les
activités visant à organiser et à gérer
le Projet sur le terrain, à promouvoir la transparence dans
la passation des marchés et aussi à faire une communication
tous azimuts pour faire connaître le Programme et toucher
directement les personnes ciblées. Il y a également
le partenariat avec les institutions nationales et internationales
dans le cadre de la gestion du Programme.
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LES
STRATEGIES D’INTERVENTION
La
stratégie d'intervention du PAC est basée sur:
- une démarche
participative axée sur une intervention multisectorielle
à long terme ;
- un développement
local avec des actions non ciblées émanant des
besoins exprimés par les communautés ;
- un renforcement
des capacités des collectivités territoriales
en vue de leur transférer les ressources et les responsabilités
en matière de promotion du développement au niveau
local ;
- des subventions
à coûts partagés des investissements à
travers un fonds d’investissement local afin de permettre
aux collectivités de pouvoir réaliser des micros
projets de leur choix ;
- un partenariat
avec diverses compétences et notamment les ONG, les bailleurs
de fonds, les services techniques, les opérateurs privés
et les programmes ou projets de développement ;
- un renforcement
des capacités des communautés à entreprendre
de manière participative la fixation des priorités,
la planification du développement au niveau local et
la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation
des micros projets ;
- une gestion
axée sur les résultats dont la mesure permet d’apprécier
le niveau d’atteinte des deux grands objectifs assignés
au programme.
Les
produits livrés
Les résultats obtenus en vue d’atteindre les deux objectifs
que s’est assignés le programme sont :
1-Au niveau de la composante « appui communautaire »,
sur 150 organisations communautaires (grappes de villages) prévues,
le PAC appuie aujourd’hui 178 qui se sont auto-constituées.
Ainsi 178 Plans de Développement Locaux (PDL) ont été
élaborés et mis en œuvre.
2-En
ce qui concerne la composante gouvernance locale, les principales
réalisations ont porté sur :
• la formation de 1179 acteurs communaux en fiscalité,
363 en état civil, 278 en passation de marchés,
229 sur les procédures d’agrément des organisations
communautaires par les exécutifs communaux, 50 en suivi-évaluation
local ; 1080 en administration communale, 1080 en gestion budgétaire
et 1202 en planification communale ;
• l’appui à l’élaboration de 54
Plans de Développement Communaux (PDC) ;
• l’appui à l’installation de commissions
foncières communales ;
• l’appui au Haut Commissariat à la Modernisation
de l’Etat (HCME) pour la réalisation de trois études
sur la charte de la déconcentration au Niger, la création
du Fonds d’appui à la décentralisation et
du fonds de péréquation, la décentralisation
et les communautés nomades ;
• l’appui à l’élaboration et à
l’exécution de 321 dossiers de micro-projets ;
• l’appui au Ministère de l’Aménagement
du Territoire et du Développement Communautaire pour l’élaboration
d’un guide de réalisation des plans de développement
communaux et de la loi d’orientation de l’aménagement
du territoire.
3-Pour ce qui est de la composante Fonds d’Investissement
Local (FIL), les réalisations ont notamment porté
sur l’appui à l’élaboration et à
l’exécution d’environ 1546 micro-projets pour
un coût global d’environ 10 milliards de francs CFA.
Ces micro-projets ont concerné tous les secteurs de la vie
socio-économique. Il y a eu notamment :
• 182 forages, mini-adduction d’eau potable, latrines
villageoises, dépotoirs de collecte des déchets
;
• 274 salles de classes, 186 latrines et 152 centres d’alphabétisation
dans le domaine de l’éduction ;
• 105 micro-projets dans le cadre de la santé (construction
et réhabilitation de Centres de Santé Intégrés,
de cases de santé et de maternités, formation de
175 matrones et de femmes relais pour les actions d’information
et de sensibilisation contre l’accouchement à domicile)
;
• 718 dans le domaine agro-sylvo-pastoral (1719 bovins et
8975 ovins d’embouche, élevage de reproduction, 209
banques céréalières, 61 d’intrants
agricoles et 20 zootechniques, 18 boutiques coopératives,
moulins, un aménagement pour l’irrigation, formation
de 42 pêcheurs, de 80 brigadiers phyto-sanitaires et de
3884 artisans) ;
• 78 dans le domaine des infrastructures (sièges
de communes, aires d’abattage, autogare, foyers féminins,
radios communautaires, ateliers de couture et de teinture batik).
Enfin sur le plan de la gestion des ressources naturelles (récupération
de milliers d’hectares de terres dégradées
et la plantation de gommiers en vue notamment de saisir l’opportunité
des marchés émergeants des crédits liés
à la séquestration du carbone dans le cadre du Mécanisme
du Développement Propre du protocole de Kyoto).
• La composante suivi de la pauvreté et de l’environnement
a permis non seulement de faire la situation de référence
du programme, mais aussi de mettre en place un dispositif basé
sur la gestion axée sur les résultats. Les acteurs
de ce suivi sont les communautés locales, les cellules
de gestion du projet, la Direction Générale de l’Evaluation
des Projets de Développement (DGEPD) du Ministère
de l’Economie et des Finances et le Secrétariat Permanent
de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté
(SP/SRP).
• S’agissant de la composante gestion du projet, les
résultats obtenus font apparaître au niveau de la
gestion financière, des décaissements de fonds dans
les normes, confirmés par les rapports d’audit.
Les passations des marchés ont été bien réalisées
selon deux types de procédures dont la plus importante
est celle du régime communautaire. La mise en œuvre
de plans stratégiques de communication élaborés
par le PAC a permis de faire connaître le programme tant
au niveau national qu’international. Le programme a également
établi des relations avec plus de 33 partenaires (institutions
nationales et internationales) afin d’accroître ses
performance.
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LES
EFFETS OBTENUS DES REALISATIONS DU PAC
Le PAC touche 40% de la population du Niger. Les multiples réalisations
ont eu des effets importants au niveau des acteurs à la base
dans la zone d’intervention du programme. Ainsi :
1-dans le domaine de l’hydraulique, les mini-adductions d’eau,
les puits villageois et les puits pastoraux réalisés
par le programme ont été salvateurs pour la population
et les animaux. La population en particulier a vu ses souffrances
allégées car elle ne parcourt plus de longues distances
pour se procurer de l’eau pour la consommation. Elle est également
à l’abri des maladies comme la dracunculose ou vers
de guinée (une maladie invalidante), le choléra et
autres gastro-entérites liées à la consommation
des eaux des mares souvent polluées.
2-Sur
le plan de la santé, les micro-projets de Centres de Santé
Intégrés (CSI) construits grâce au PAC ont permis
d’améliorer de manière significative, les conditions
sanitaires de la population de la zone d’intervention du programme.
Celle-ci en effet n’effectue plus de longs déplacements
pour des soins de santé. Les accouchements à domicile
à l’origine de beaucoup de mortalité ont aussi
fortement dimunié grâce à des femmes relais
appuyées par le PAC en vue de la conduite d’actions
d’information et de sensibilisation pour l’abandon de
certaines pratiques socio-culturelles néfastes.
3-dans
le domaine de l’éducation, des centaines de salles
de classe en paillote ont fait place à des classes en dur.
Ce qui du coup, a entraîné une montée en flèche
du taux de fréquentation scolaire surtout au niveau des jeunes
filles.
Les activités génératrices de revenus ont été
un axe important de l’intervention du PAC. A ce niveau, les
micro-projets d’embouche ovine et bovine, de banques céréalières
et d’intrants, de boutiques coopératives, d’ateliers
de teinture batik et de couture, de moulins ainsi que d’artisanat
ont profondément changé les conditions d’existence
des communautés à la base dans la zone du programme.
En effet, les opérations d’embouche ont permis à
de nombreuses familles de tourner le dos à la pauvreté.
La sécurité alimentaire, grâce aux banques céréalières
au niveau desquelles les denrées alimentaires sont vendues
à des prix accessibles à toutes les bourses, est aujourd’hui
garantie dans tous les villages de la zone du projet.
Les moulins à grains ont considérablement allégé
les tâches journalières pénibles des femmes.
Les produits artisanaux procurent de revenus substantiels à
des milliers de personnes notamment à Agadez (dans le nord
du pays) où les femmes de la zone d’intervention du
PAC constituent le groupe social le mieux organisé surtout
dans le domaine de la maroquinerie.
4-Les
ateliers de couture et batik, également financés ici
et là sur le territoire national ont favorisé la récupération
des filles exclues du système scolaire et leur insertion
dans le circuit de la production marchande.
Un
autre volet sur lequel le PAC a mis l’accent est le renforcement
des capacités des différents acteurs. A cet effet,
les formations sur diverses thématiques dispensées
aux élus des 54 communes d’intervention du programme
ont permis à ces derniers de maîtriser la gestion budgétaire,
la planification, la fiscalité et l’administration
communales ainsi que la passation des marchés. Quant aux
organisations communautaires (grappes de villages) grâce aux
formations reçues, elles procèdent elles-mêmes
à la passation des marchés, exécutent les micro-projets,
les suivent et les évaluent.
Au
vu des résultats très positifs et des effets induits,
le Gouvernement nigérien et la Banque ont estimé nécessaire
la poursuite du programme par la préparation d’une
deuxième phase du PAC.
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