Historique de l’entreprise |
Le Togo est un pays essentiellement agricole, où le coton est devenu depuis quelques années, la première et principale culture de rente. Le principal acteur de la filière cotonnière togolaise est la Société Togolaise du Coton (SOTOCO).
Dans le souci d’assurer le développement et la valorisation de la culture cotonnière sur toute l'étendue du territoire national, la SOTOCO a été créée le 27 Mars 1974. Elle a un statut de Société d'Etat, et est placée sous la double tutelle du Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (MAEP), et du Ministère de l’Economie et des Finances.
Avec l’évolution institutionnelle, la mission de la SOTOCO qui prenait en compte l’encadrement de la production cotonnière et vivrière, et le désenclavement des zones cotonnières ont été dans un premier temps essentiellement recentrées sur les activités industrielles et commerciales, puis de nouveau re-élargies aux activités de vulgarisation pour une relance de la production cotonnière.
En trente quatre (34) ans d’existence, la SOTOCO jusqu’à une période récente, a réalisé des performances extraordinaires qui se traduisent par l’essor spectaculaire du coton au Togo. Les superficies emblavées sont passées de 14.603 hectares en 1974 à 198.851 hectares en 2004/2005. Quant à la production du coton-graine, elle a évolué de 10.736 tonnes en 1974 à 173.000 tonnes en 2004/2005 après avoir atteint la plus haute performance, 187.703 tonnes en 1998/1999.
Toutefois, en raison d'une série de dysfonctionnements que connaît le secteur, cette production de coton-graine a connu une importante régression durant ces dernières campagnes, notamment en 2005/06 et 2006/07 où elle a été respectivement de 65.367 tonnes et 39.990 tonnes.
Fort heureusement, les actions conjuguées du Gouvernement et de la nouvelle Direction Générale ont fait renaître un nouvel engouement des producteurs pour la culture cotonnière. Une légère reprise s’est observée en 2007/2008 avec 48.000 tonnes de coton graine.
Il est à noter que pour redresser la situation, le Gouvernement Togolais a confié, à partir de juillet 2005, à une nouvelle Direction Générale, la mission de mener les réformes indiquées pour relancer la production cotonnière. Cette relance s’appuie sur un fort partenariat avec les producteurs de coton à travers leur jeune et dynamique Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton (FNGPC), née en octobre 2005, qui participe depuis trois ans aux instances d’organisation et de gestion de la filière. L’implication plus accrue des producteurs dans les instances de décisions traduit dans les faits la transparence qui est recherchée dans la gestion de la filière.
Des avancées appréciables ont été progressivement enregistrées dans la résolution des principaux problèmes qui ont entre temps entraîné le dysfonctionnement au niveau des principales fonctions de la filière. Pour preuve, (i) le Gouvernement, qui tient à la survie de la filière coton, s’est employé à éponger les dettes de la SOTOCO vis-à-vis des producteurs, soit un total de 21,5 milliards d’arriérés, (ii) la SOTOCO assure depuis la campagne agricole 2005/2006, le paiement régulier du coton-graine aux producteurs au fur et à mesure des achats, (iii) il est engagé une politique de «gestion rigoureuse» des ressources financières avec une réduction substantielle des charges de fonctionnement de la société, etc.
Ces avancées rétablissent le climat de confiance entre les producteurs et la société cotonnière. Elles restaurent progressivement l’environnement propice de production pour une relance durable.
Le coton est aujourd’hui la première culture commerciale du pays avec une qualité très compétitive de fibre et un potentiel de 250.000 tonnes de coton-graine. Il contribue pour 17% à 20% aux recettes d’exportation, selon le niveau de production. En plus des revenus répartis directement chaque année entre les producteurs, le coton crée de nombreux emplois dans divers domaines de l’économie nationale. Il occupe directement près de 300.000 producteurs et l’on estime qu’il fait vivre directement ou indirectement, près de 3 millions de personnes sur les 5 millions d’habitants que compte le pays.
Dans le souci de sécuriser les producteurs dans la disponibilité d’intrants, l’approvisionnement est assuré par la SOTOCO, laquelle le confie entièrement aux fournisseurs privés qui font à 100% l’importation. La mise en place de ces intrants dans les magasins centraux de la SOTOCO et dans des GPC ciblés, se fait à 100% par les transporteurs privés. La distribution des intrants aux producteurs individuels est aujourd’hui entièrement prise en charge par les GPC qui en assurent la gestion au niveau de leur magasin. Le remboursement des crédits est effectué lors de la vente du coton, le montant des facturations étant déduit du montant de la vente du coton-graine versé aux groupements.
A la base de la filière, se trouvent les producteurs. Ils sont incontestablement les acteurs privilégiés de la filière, à travers leurs Groupements de Producteurs de Coton (GPC), mis en place dans le cadre d’un programme de structuration du milieu rural, conduit par la SOTOCO.
Les GPC assument pour le compte des producteurs, certaines fonctions essentielles de la filière. Il s’agit de (i) la distribution des intrants aux producteurs individuels, (ii) la commercialisation primaire du coton-graine, (iii) la gestion du crédit agricole (surtout relatif aux intrants et au matériel de culture attelée), et (iv) conseil technique (en partie) pour toucher le maximum de producteurs.
Les incitations que constituent les ristournes octroyées par la SOTOCO aux GPC pour les services rendus dans le domaine de la collecte primaire du coton-graine et la gestion des intrants, permettent à ces GPC d’investir à des degrés divers dans des réalisations communautaires : construction d’écoles, de dispensaires, de magasins de stockage, de pharmacies villageoises, création d’emplois pour les enseignants et agents de santé, etc.
En 1998/99 campagne de la haute performance en production depuis la création de la SOTOCO, près de trente milliards (30.000.000.000) de francs CFA ont été gérés par les GPC en termes de redistribution aux producteurs individuels sans compter les six cent millions (600.000.000) de francs CFA rapportés par les ristournes.
Pour faire face à leur participation aux diverses instances d’organisation et de gestion de la filière, les GPC, avec l’appui de la SOTOCO, se sont organisés, en 27 Unions Préfectorales de Groupements de Producteurs de Coton (UPGPC) depuis 1995, puis en 5 Unions Régionales de Groupements de Producteurs de Coton (URGPC) en 2004, et en octobre 2005, en une Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton du TOGO (FNGPC).
Dans le domaine de l’alphabétisation fonctionnelle, les acquis ont permis la consolidation des groupements formés et les néo-alphabètes jouent des rôles très importants à différents postes de responsabilités. On note sur l’ensemble du pays, l’existence de 329 bibliothèques villageoises, 5 journaux en langues nationales, 640 communicateurs ruraux.
Dans le souci d’améliorer les conditions de travail des producteurs, la SOTOCO gère un programme de mécanisation agricole avec aujourd’hui 18. 681 attelages.
Il est à noter qu’avec l’appui de la SOTOCO, la Recherche cotonnière a permis de créer des variétés à haute potentialité de rendement au champ et à l’égrenage qui ont contribué ainsi à l’accroissement de la production et surtout des rendements au champ qui ont été portés de 750 kg/Ha en 1974 à près de 1.500 kg/ha en 2000. Nombreuses sont les variétés qui reconnues et appréciées, sont aujourd'hui vulgarisées dans de nombreux pays de la sous-région Ouest Africaine. En outre, la recherche cotonnière a permis de mettre au point un itinéraire technique performant et les travaux continuent pour l’adapter au contexte des exploitations agricoles qui ne cesse d’évoluer.
Toujours est-il que la production cotonnière togolaise est soumise à de nombreuses difficultés dont les principales sont (i) des conditions pluviométriques très aléatoires, (ii) la baisse de la fertilité du sol, (iii) la sous-utilisation des intrants (engrais, insecticides), (iv) le coût élevé des intrants, (v) le manque de crédit agricole adapté. Cette situation a progressivement amené les rendements à l’hectare à stagner puis à décroître passant de 1.300 kg/ha à environ 700 kg/ha.
Le principal atout de la filière cotonnière togolaise reste la compétitivité de sa fibre qui est reconnue comme d’une excellente qualité de par ses caractéristiques techniques. En année moyenne, le Togo vend environ 95% de sa production dans les grades supérieurs de ses qualités.
Présentation |
Le siège de la SOTOCO est à Atakpamé (à 160 km au nord de Lomé). Son capital social est actuellement de 2 milliards 200 millions de francs CFA. Son Chiffre d'Affaires varie de 17 à 35 milliards selon les années.
Son organisation et les attributions de la SOTOCO ont évolué avec le temps. La société est passée d’une situation de quasi monopole SOTOCO caractérisée par :
- la prise en charge de l’appui aux producteurs de coton (vulgarisation, soutien à la recherche,
- approvisionnement en intrants, y compris intrants pour les cultures vivrières) ;
- le monopole de l’égrenage à travers un réseau de 3 usines ;
- l’exportation de la fibre assurée par l’Office des Produits Agricoles du Togo (OPAT), dans le cadre d’un barème précisant le coût de cession de la filière à l’OPAT ;
à une situation marquée par une ouverture relative à la concurrence et caractérisée par :
le transfert des activités d’appui aux producteurs et la prise en charge de la vulgarisation par l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT), l’approvisionnement en intrants et l’assistance commerciale demeurant la responsabilité de la SOTOCO ; puis, suite aux dysfonctionnements constatés, l’appui technique et la vulgarisation en matière de production cotonnière a été repris par la SOTOCO ;
l’installation de 3 unités d’égrenage privées notamment la Société Industrielle du Coton (SICOT), la Société de la Promotion Industrielle et du Coton (SOPIC) et la Société Cotonnière des Savanes (SOCOSA), avec une capacité d’égrenage de 140.000 tonnes ; la SOTOCO étant par ailleurs actionnaire de ces 3 sociétés et partageant avec elles la production nationale de 1995/96 à 2003/04, avant que toutes ces sociétés privées ne cessent de fonctionner à partir de la campagne 2004/2005, faute de production suffisante ;
la liquidation de l’OPAT, et donc l’articulation directe sur le marché mondial de la fibre de la SOTOCO et de chaque égreneur privé.
Au 30 Novembre 2007, l’effectif du personnel permanent de la SOTOCO est de 989 agents, auquel s’ajoute environ 1000 saisonniers en période d’égrenage.
Direction Générale :
B.P. 219
Tél. (228) 440-01-53 Fax. (228) 440-00-33
Télex : 5179 TG - ATAKPAME - TOGO
Délégation :
Immeuble BTCI 11ème Etage – B.P. 3553
Tél. (228) 221-05-39 – Fax. (228) 222-49-57- LOME -TOGO
Email : spdgatsotoco@togo-imet.com - spdglsotoco@togo-imet.com
Objectifs |
Du fait que la plus grande partie de la population défavorisée du pays vit dans les zones rurales, l’objectif global que vise le développement de la culture cotonnière est d'améliorer et de valoriser la production de coton-graine sur toute l'étendue du territoire national. Le but visé est de contribuer à l’amélioration des revenus et à la réduction de la pauvreté dans ces zones.
Malgré un marché mondial de la fibre difficile à maîtriser, la SOTOCO par une action désormais cohérente prévoit de porter à moyen terme, la production de coton graine à environ 200.000 tonnes.
Structure |
La SOTOCO est dirigée par un Directeur Général, qui coiffe huit départements notamment (i) la Direction du Soutien à la Production (avec six (6) Directions Régionales) (ii) la Direction Industrielle qui gère trois usines d'égrenage d'une capacité de traitement global de 110 000 tonnes minimum de coton graine, situé à Kara, Talo et Notsè, une unité de maintenance du parc roulant et un atelier mécanique, (iii) la Direction Commerciale basée à Lomé, et qui mènent les sous activités de commercialisation des produits finis et de la gestion de la Salle Classement Fibre, (iv) la Direction des Ressources Humaines, (v) Direction Financière et Comptable, (vi) Direction des Approvisionnements, (vii) Direction du Contrôle de Gestion et de l’Informatique, (viii) Direction de l’Audit Interne, et un Secrétariat Général Technique.
Activités |
Pour atteindre ses objectifs, la SOTOCO se charge d’assurer :
- l'accroissement de la productivité et de la production du coton par:
- la formation et l’appui technique des producteurs et des organisations de producteurs grâce à un encadrement efficace,
- l’appui à la recherche cotonnière,
- l'approvisionnement en intrants et en matériel, et la récupération des crédits qui y sont liés,
- l’appui à l’amélioration des cultures vivrières en rotation avec le coton,
- la promotion de la traction animale et de la petite motorisation,
- la réalisation et l'entretien des pistes de desserte pour désenclaver les zones cotonnières,
- l’appui à la réalisation d’infrastructures socio-économiques en zones cotonnières,
- l'appui aux Organisations de Producteurs de Coton avec un volet alphabétisation fonctionnelle,
- l’organisation et suivi de la collecte du coton-graine réalisée par les Groupements de Producteurs de Coton (GPC),
- l’évacuation du coton-graine des marchés sur les usines,
- le paiement du coton-graine livré par les GPC,
- l'amélioration de l'efficacité de la commercialisation et de la transformation du coton, y compris la collecte primaire, l'égrenage, le stockage, le transport et l'exportation.
Projets |
Le coton est un secteur potentiel qui offre les meilleures perspectives de croissance. Le secteur coton est porteur dans la mesure où le Togo produit une qualité de coton fibre très compétitive et recherchée par les filateurs. L’option de sélection des GPC et des producteurs prise depuis deux ans, laisse présager un environnement sain pour la relance de la production, et la viabilité la filière.
Pour préserver et relancer la filière coton, et permettre à la SOTOCO de jouer son rôle central dans de bonnes conditions, des études ont été commanditées par le Gouvernement en 2006 et 2007, en vue d’une restructuration financière, accompagnée d’une réorganisation interne de la société, pour améliorer ses performances et sa gestion. L’une des principales recommandations de ces études est la nécessité de procéder le plus tôt possible à un audit des ressources humaines de la SOTOCO actuelle, à l'issue duquel sera mis en œuvre un plan social destiné à ramener l'effectif actuel au niveau des besoins réels de la Nouvelle SOTOCO dès sa création.
Aujourd’hui, le Gouvernement en collaboration avec les partenaires au développement s’est engagé dans des réformes qui permettront d’aller, dans l’immédiat, à la création d’une nouvelle société en remplacement de la SOTOCO actuelle, et dont le capital sera ouvert aux producteurs, en attendant d’accéder dans deux ans à une privatisation totale. Dans ce nouveau contexte, la société cotonnière deviendra plus crédible et susciterait mieux l'intérêt des investisseurs.
Clients principaux |
Les principaux débouchés de la production de la SOTOCO sont l'Asie (87%), dont essentiellement la Chine (60%). Les principaux clients sont : Compagnie Cotonnière (COPACO), Paul REINHART, MAMBO COMMODITIES.