Algerie
VERS A DÉVÉLOPPEMENT DURABLE DE L`ALGERIE




Monsieur Nacer Djama

Directeur Général


Directeur Général

Contact :4/6 Boulevard Mohamed VAlgerAlgérie

Tel: 213 (0) 21 63 78 65

Fax: 213 (0) 21 63 78 85

Email: cnl-dz@wisal.dz

Website: www.cnl.gov.dz

 

La Caisse Nationale du Logement a été mise en place en 1991, pour gérer les aides et les contributions de l'Etat destinées aux logements. Chaque année, l'Etat prend en charge l'attribution d'environ 60.000 logements sociaux locatifs ; ce sont des programmes financés à cent pour cent par l'Etat. Les fonds transitent par la CNL, qui assure le payement des entreprises qui réalisent les projets pour le compte du maître d'ouvrage public, c'est à dire les OPGI. Parallèlement, depuis 1995, nous finançons un système d'aide qui est en même temps une aide à la pierre et une aide à la personne. Je m'explique : nous avons deux volets, nous intervenons directement dans des projets de promotion immobilière de logements que nous appelons " aidés ", c'est à dire des projets validés par le ministère et pour lesquels les promoteurs reçoivent, au nom de leurs futurs clients, les aides de l'Etat. Aujourd'hui ces aides représentent entre 400.000 et 500.000 dinars en fonction du type du logement, c'est à dire la moitié à un tiers du coût global du logement. Le même système d'aide est également distribué par la CNL directement pour solvabiliser des clients, qui achètent un logement qui est déjà réalisé. Nous avons pour ce faire, des accords avec les banques de crédits immobiliers. Aujourd'hui, de plus en plus de banques algériennes se lancent dans ce genre de crédit, alors que nous n'avons eu, pendant longtemps, qu'une seule banque qui était, la Caisse d'Epargne (CNEP). Dans le cadre des reformes institutionnelles du financement et de la production des logements, nous avons actuellement trois autres banques publiques : le CPA, BDL et la BNA. Ces institutions financières nous permettent d'injecter directement l'aide de l'Etat au niveau du guichet des banques, au moment où le bénéficiaire mobilise son crédit. Nous finançons également les nouveaux programmes de location-vente ; ces programmes ont démarré l'année dernière, ils portent aujourd'hui sur un total de 55.000 logements. Dans ces programmes, sont injectés 75% de fonds de l'Etat ; ceux-ci transitent par la CNL et nous assurons le payement des entreprises. Nous avons d'autres activités plus subsidiaires ; ainsi, nous gérons des prêts gouvernementaux, des projets financés par la banque mondiale (150 millions de dollars pour la résorption des logements précaires), presque 30.000 unités de logements avec les fonds arabes, dans le cadre des accords gouvernementaux, et de la mobilisation des financements extérieurs.

Qu'en est-il de la recherche des promoteurs privés désireux de vous soutenir dans vos actions?

Aujourd'hui nous avons près de 300 promoteurs privés, qui ont adhérés à ces opérations de logements " aidés ". On appelle aussi ces logements " socio-participatif " ; social car il y a une forte aide de l'Etat et participatif parce que le bénéficiaire participe au financement. Ce sont des logements en accession à la propriété. Les 300 promoteurs privés qui conduisent ces
types de projets à travers le territoire sont liés avec la CNL par des conventions, afin de pouvoir leur injecter les aides, après contrôle des dossiers des bénéficiaires.

Les promoteurs étrangers participent-ils également à cette action ?

Nous avons des entreprises qui ont soumissionné, par exemple, pour le programme de location-vente. Nous avons des entreprises chinoises et du bassin méditerranéen ; mais nous n'avons pas encore de promoteurs immobiliers étrangers, qui ont sauté le pas et qui sont venu réaliser des programmes de promotion immobilière. C'est pourtant notre souhait. En tous les cas, la réglementation leur permet de bénéficier des mêmes facilités en terme de solvabilisation de leurs futurs acquéreurs.

Avez vous besoin d'apports en terme de techniques de construction?

Nous sommes demandeurs de partenariats, preuve en est, par exemple avec le programme de location-vente, où nous avons un certain nombre d'entreprises algériennes qui ont monté des partenariats avec des entreprises étrangères. Cette collaboration a été jugée la plus adaptée. Nous sommes demandeurs de partenariats, que ce soit dans les technologies de construction ou même, pour monter et commercialiser une opération de promotion immobilière, pour l'obtention d'une assistance dans la maîtrise d'ouvrage ou lors d'étude de marché.

Les attentes dans le secteur du logement sont telles, que davantage de capitaux sont nécessaires ? Comment allez-vous vous y prendre pour les attirer en Algérie ?

Absolument, des capitaux pour la réalisation, mais aussi ceux pour un terme plus long, puisque le logement nécessite des financements relativement longs. Les besoins sont effectivement importants, vu le déficit d'environ 2 millions de logements. Chaque année, nous avons une courbe de formation de ménages très forte. Nous étions environ à 150.000 nouveaux ménages il y à encore quatre ans. Nous sommes maintenant presque à 200.000 nouveaux ménages.

Donc c'est entre 150.000 et 200.000 demandeurs de logements qui se présentent annuellement sur le marché. Nous avons aussi un peu plus de 400.000 logements que nous considérons comme précaires, donc à détruire et à reconstruire. Nous avons également un déficit estimé, selon les objectifs de taux d'occupation du logement, entre 700.000 et 800.000 unités. Nous avons, en plus, un grand besoin de restructurer un grand nombre de quartiers, parfois d'ailleurs situés dans des zones à très fortes potentialités urbanistiques, y compris, la capitale et les grands pôles urbains de l'Est et de l'Ouest tels Annaba, Constantine et Oran.

Pour résorber ce déficit en logements on parle de grands projets tels la construction d'Algéria, une ville nouvelle. Pouvez-vous un peu développer sur le positionnement de la CNL face à ce genre de projets?

Oui il y a également ce projet. S'il y avait du logement social, il est clair que l'Etat interviendrait et que donc la CNL aurait à assurer le financement. Il y aura certainement aussi du logement promotionnel à caractère purement commercial, avec un financement généralement assuré par les banques, en complément de celui des promoteurs. Et il y aura également des logements promotionnels " aidés " ; et là nous allons certainement intervenir.

Il existe en Algérie un problème d'accès à la propriété. Dans quelles proportions la CNL tente t'elle de favoriser cet accès et d'améliorer les procédures d'acquisition?

Oui, nous favorisons l'accès à la propriété par l'auto construction. Le système qui existe aujourd'hui, ce sont les accords avec les banques afin d'injecter l'aide en même temps que la mobilisation du crédit. C'est à peu près le même concept, avec 400 à 500.000 dinars par ménage.

Quels sont les grands obstacles que vous rencontrez au quotidien dans la gestion de la CNL?

D'abord les contraintes d'environnement, c'est à dire l'insuffisance d'opérateurs qualifiés, d'investisseurs, de promoteurs. Il y a cependant une nette amélioration par rapport à une dizaine d'années où il n'y avait que quelques promoteurs publics. Aujourd'hui nous en avons davantage, mais ça reste insuffisant. C'est un métier qui est encore mal maîtrisé, mais qui commence à offrir des opportunités intéressantes. L'objectif est que la production du logement se fasse à la mesure des besoins et que l'Etat n'intervienne que pour solvabiliser les ménages.

Quelle est votre vision du secteur dans lequel vous évoluez à moyens termes ?

C'est un secteur de base, qui est d'abord créateur d'emploi à moindre coût. Nous avons parlé d'apports technologiques. Il est vrai que nous devons renouveler nos procédés de construction ; nous avons encore du retard. Nous ne maîtrisons pas encore tout à fait les technologies modernes de construction. Le secteur de l'habitat est aussi déclaré prioritaire par l'Etat car, justement, il répond à une demande sociale et en même temps, il est créateur d'emplois à moindre coût. C'est également un secteur où l'investissement étranger est fructueux et à moindre risque. La demande y est importante et, aussi paradoxale que cela puisse paraître, la concurrence est relativement limitée. La demande est très fortement solvabilisée par l'Etat ; l'ensemble des interventions de l'Etat, hors abattement et facilitation sur le foncier, peut être évalué à un milliard de dollars chaque année, dont près de 75% transitent par la CNL. Le secteur de l'habitat occupe d'ailleurs toute sa place dans le grand plan de relance économique de 525 milliards de dinars. Il y a donc de très bonnes affaires à réaliser dans notre créneau d'activité. Nous avons traversé une phase où la situation du pays n'était pas très attractive, mais ceci est maintenant derrière nous.

Quel est le message que vous adresseriez aux investisseurs qui voudraient investir dans votre pays et plus particulièrement dans votre secteur?

La demande est très grande et solvable. L'environnement a subit de profondes mutations. Nous estimons, aujourd'hui, que nous sommes très attractifs, ne serait-ce que par rapport à notre environnement immédiat. Il y a un grand besoin, une grande volonté de favoriser ce secteur. Les soutiens publics sont là, la demande est également présente. Il faut venir, il y a des opportunités d'affaires. Des places sont à prendre. Les entreprises qui décideront de venir s'installer de façon stable ne feront certainement pas un mauvais calcul, bien au contraire. Nous avons aussi un secteur bancaire important pour le financement du logement, qui a réalisé de grandes réformes pour pouvoir accompagner l'investisseur.

N.B. Winne ne peut-être tenu responsable du contenu des transcriptions non-éditées


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