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Pouvez-vous présenter votre entreprise
?
L'entreprise portuaire de Bejaia est une société
par action à capitaux publics, mais de
droit privé. Elle a été créée
en 1982 en tant qu'entreprise étatique
et est devenue une Spa à partir de 1989.
L'EPB a une mission de service publique avec des
activités commerciales. En ce qui concerne
la mission de service publique, elle consiste
à assurer la sécurité portuaire,
l'entretien des infrastructures, l'investissement
dans les superstructures, notamment la réalisation
de hangars et de terminaux. Pour les activités
commerciales, elles consistent à assurer
le remorquage des navires, la manutention des
marchandises lors du déchargement des navires
et la gestion de celles-ci sur terre.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres clés
sur l'activité de votre entreprise?
L'entreprise portuaire de Bejaia emploie 850 agents,
réparti entre l'encadrement, les dockers
qui font la manutention, les marins responsables
du remorquage, les pilotes, les financiers, les
marqueteurs, etc. L'entreprise assure un trafic
de marchandises générales de 3 millions
de tonnes par an et de 8 millions de tonnes d'hydrocarbures.
En terme d'importance, nous sommes classés
juste après le port d'Alger ; c'est à
dire que sommes le deuxième port d'Algérie
en volume de marchandises générales.
Nous exportons quelques produits finis à
partir du port, et aussi des produits agricoles.
Notre chiffre d'affaires est évolutif ;
il s'élève actuellement à
2 milliards de dinars.
Pouvez-vous commenter sur vos perspectives
de croissance?
Le trafic du port de Bejaia évolue annuellement
de plus de 10%. Nous avons donc mis en place une
stratégie de modernisation des activités.
Nous incitons les opérateurs à faire
migrer les produits qui étaient conditionnés
traditionnellement vers le conteneur. D'ailleurs,
nous avons réalisé un terminal à
conteneurs assez important et totalement informatisé;
nous allons le doter d'équipements adaptés
tels que les portiques, etc. Tous nos instruments
de gestion sont actualisés. Nous maîtrisons
parfaitement nos coûts, car nous pratiquons
une comptabilité analytique et nous faisons
du contrôle de gestion. Nous avons un réseau
informatique relativement important. Par ailleurs,
nous sommes certifiés ISO et sommes en
train de construire un système de gestion
de l'environnement. Nous voulons maîtriser
la qualité de nos services pour être
performants et adapter une stratégie de
survie.Nous formons également notre personnel.
L'entreprise portuaire de Bejaia est donc en train
d'accéder et de se préparer à
un système d'économie libérale,
où la compétition prime sur tout.
Dans ce cadre, nous avons des projets d'équipement
en parc naval et de manutention. Nous avons également
réalisé une projection sur le moyen
et le long terme pour pouvoir développer
le port. Nous nous sommes astreint à concevoir
un schéma directeur pour que, dans les
dix ou quinze années à venir, nous
puissions disposer de nouveaux linaires de quais,
qui permettent l'augmentation en superficie et
la multiplication des capacités d'accueil.
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Mais tout cela ne pourra se faire sans le concept
du développement durable. Nous faisons
en sorte que ces investissements tiennent compte
des nuisances afin de les maîtriser ou de
les atténuer, pour ne pas avoir des incidences
négatives sur la vie du citoyen.
Pouvez-vous développer sur les volontés
de partenariats de l'entreprise portuaire de Bejaia?
Pour établir un lien avec un port, il faut
faire se rencontrer les communautés économiques
et portuaires des deux parties. Quand nous arrivons
à convaincre les gens de l'intérêt
d'utiliser nos infrastructures, des liens peuvent,
à ce moment là, s'établir
entre les deux ports. En 2001 nous avons tenté
une collaboration avec le port de Rouen, mais
malheureusement ce fut un échec, principalement
dû aux événements de l'époque.
Nous demeurons toujours en contact avec d'autres
ports ou communautés portuaires, mais nous
faisons également appel à d'autres
intervenants qui peuvent installer ce lien ; ce
sont, par exemple, des armateurs à qui
il faut montrer des gisements. Ces gisements sont
des clients potentiels, des opérateurs,
des chargeurs ou des réceptionnaires de
marchandises. Nous avons développé
plusieurs lignes régulières sur
plusieurs villes d'Europe, et vers le Moyen Orient.
Concrètement, quels partenariats l'entreprise
portuaire de Bejaia mène t'elle actuellement?
Le monde maritime change, il faut donc changer
avec lui. Nous avons déjà entreprit
une démarche avec un partenaire. Nous allons
installer avec lui des portiers conteneurs; cela
participera à inciter un trafic vers Bejaia
et, dans un second temps, nous pourrons nous associer
pour gérer 1 ou 2 terminaux à conteneurs
ensemble.
Comment voyez-vous le développement
de votre secteur d'activité sur les 10
prochaines
années?
Notre objectif est de continuer à exister.
Il nous faut donc une mener stratégie de
survie et appliquer une organisation adéquate.
Il faut essayer de se placer dans les circuits
des lignes maritimes, offrir les services adéquats
avec la compétence nécessaire. Un
port doit être un prestataire de services
pour son pays et pour d'autres; il faut donc générer
de la valeur ajoutée.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel?
J'ai été dans l'industrie, dans
le commerce, dans l'administration pour un bureau
d'études, et puis dans un port.
Quel serait votre message final adressé
aux investisseurs étrangers et intéressés
par le marché algérien?
Nous avons besoins d'eux comme eux ont besoin
de nous. Il y a une volonté manifeste dans
ce pays, tant sur le plan politique que sur le
plan législatif, d'accueillir l'investisseur
ou le partenaire étranger, pour peu qu'il
apporte une valeur ajoutée. Il y a toutes
les conditions de sécurité pour
travailler, gagner et évoluer. Il ne faut
pas qu'il y ait de réticences.
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