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Pouvez-vous nous présenter votre entreprise?
Sitel est une société par action
d'économie mixte algéro - suédoise.
Elle est composée de cinq actionnaires.
Le premier est la société de gestion
et de participation Cabeleq, qui est présente
à 20% dans la société ; l'ENTC,
l'entreprise nationale des télécoms,
qui est la société fondatrice de
Sitel avec Ericson avec 20% des parts ; la Sonatit,
la société nationale des travaux
d'infrastructures des télécommunications
avec 15% du capital et la banque extérieure
d'Algérie, présente à hauteur
de 10%. En face il y a Ericsson l'actionnaire
suédois avec 35%. Notre capital social
est de 400 millions de dinars et nous travaillons
depuis 1990 dans l'équipement du réseau
national des télécoms, par la production
et la fourniture des centraux téléphoniques
numériques. Nous avons réalisé
avec les PTT à l'époque la totalité
de la numérisation du réseau. Nous
avons fourni à ce titre 2 millions 400
milles lignes téléphoniques. Nous
sommes actuellement en cours de réaliser
le programme de 2002, et nous avons un contrat
pour entamer 2003 avec la livraison de 200 milles
lignes. Le programme actuel comporte 300 milles
lignes. Nous allons faire passer le patrimoine
téléphonique fixe à presque
3 millions de lignes. Notre effectif est à
présent de l'ordre de 260 personnes. Plus
de la moitié sont des cadres et la majorité
des ingénieurs en télécom
ou en informatique. Nous couvrons tout le pays
pour superviser les installations, l'exploitation
est prise en charge par Algérie Télécom.
Nous sommes aussi à leur disposition pour
la maintenance. Sitel s'occupe aujourd'hui davantage
du GSM. Nous avons fourni des stations de GSM
pour Algérie Télécom, que
nous sommes en train d'installer dans le nord.
Nous faisons aussi de l'export de matière
grise, ainsi nous fournissons la prestation d'ingénierie
d'installation pour Ericsson. Notre activité
en partenariat a très bien marché
dans ce sens. Nous sommes l'un des premiers partenariats
nord-sud des années 90 hors hydrocarbures.
La technologie que nous avons sous la main est
celle d'Ericsson et par conséquent de première
qualité. C'est pour cela que nous avons
pu nous maintenir en pseudo monopole, c'est donc
grâce à notre savoir-faire et aussi
la technologie que nous fabriquons que nous en
sommes arrivés là.
Quelles sont vos perspectives de croissance
et quelle est votre stratégie de développement?
Notre croissance est axée sur le développement
et sur l'amélioration permanente. Nous
sommes à ce titre là en cours de
faire une certification de notre société
ISO 9002 version 2000. Nous vivons actuellement
un virement technologique dans le produit que
nous fabriquons. Il s'agit du central téléphonique
public et nous allons nous orienter vers la technologie
des réseaux multiservices de très
grande capacité. Ce que nous fabriquons
aujourd'hui est la commutation par circuits, c'est
à dire que lorsque vous faites un appel,
un seul circuit qui vous est réservé.
Demain, la communication se fera sur plusieurs
circuits (paquets) pour grouper les appels. Nous
avons déjà formé nos ingénieurs
en ce sens, et nous comptons très bientôt
acquérir une plate forme pour tester cet
équipement sur place. Nous comptons également
nous imposer dans d'autres créneaux tel
la fourniture d'équipements d'accès
Internet Ericsson. Nous avons aussi des projets
pour nous faire connaître davantage par
le public avec l'appareil mobile, les équipements
d'accès, le PC portable, le compteur électrique
électronique pour les usagers de Sonelgaz
et aussi la fabrication du câble à
fibre optique. Actuellement les besoins en Algérie
sont très importants dans ce dernier domaine.
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Quels sont les atouts de Sitel sur le marché
algérien?
Nous en avons plein. Le premier est que nous
sommes algériens ; le marché est
grand et encore relativement peu exploité.
De plus, l'Algérien achète et j'espère
principalement algérien si nous lui garantissons
la qualité. Le deuxième atout est
que nous fabriquons nos produits et les vendons
avec un service après-vente et garanti.
Nous assurons encore la garantie de nos produits
sortis en 1990. Nous avons également démontré
notre engagement dans le marché de la téléphonie.
Il est vrai que les prix de la concurrence sont
moins chers, mais il faut choisir : soit le prix,
soit la continuité. Nous faisons nos offres
en dinars. Et puis un grand avantage, est que
tout notre personnel est sur place et qu'il est
technique ; un concurrent ne peut pas ramener
facilement des personnes vivre ici, et à
quel coût, etc. Nous avons pu former notre
personnel avec notre partenaire.
Comment voyez-vous votre entreprise et plus
généralement votre secteur d'activité
dans les prochaines années?
L'Algérie est sous-équipée
en matière de télécommunication
; il y a donc un très grand marché
et des potentialités intéressantes
pour les investisseurs. Nous comptons garder si
ce n'est augmenter notre part dans ce domaine,
et si nous faisons des prévisions sur les
cinq prochaines années, je dirais qu'il
y a du pain sur la planche. Nous projetons notre
avenir par le rajout de projets télécom,
selon l'évolution du marché ; nous
pouvons même aider l'opérateur, Algérie
Télécom, ou les opérateurs
d'Internet à avoir des équipements
qui leur ramènent des profits en bout de
chaîne. Par exemple leur suggérer
une technologie pour le téléphone
fixe sans fil. Il y a des propositions très
intéressantes faites par Ericsson en ce
sens, nous comptons les soumettre et les commercialiser.
Je souhaite que Sitel embrasse toutes les technologies
des télécoms, nous en avons les
moyens et une bonne santé financière.
Nous comptons profiter de la conjoncture pour
nous développer et nous enraciner davantage
avec notre partenaire. Pour l'instant nous sommes
une petite entreprise, si nous nous acharnons
sur l'export nous risquons de perdre ce qui nous
a permis d'être ce que nous sommes ; nous
exportons quand même notre matière
grise jusqu'en chine, mais pénétrer
un marché avec nos produits n'est pas encore
possible, car nous ne serons pas compétitifs
localement.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel?
Je suis ingénieur en électronique
de l'école polytechnique d'Alger. J'ai
fait mon parcours un peu dans l'électronique
en industrie, ensuite dans les télécoms
à l'ENTC. J'ai vu naître Sitel, et
j'y ai travaillé dès le début.
Ma satisfaction est d'avoir gravi tous les postes,
à partir de simple ingénieur jusqu'à
celui là et par l'évolution naturelle.
Lorsque j'ai pris la direction, Sitel était
dans une très mauvaise situation technique,
statutaire, son avenir était compromis.
J'ai occupé ce poste au moment où
l'environnement était hostile ; c'est par
l'entêtement et l'engagement que tous les
problèmes ont été progressivement
écartés.
Avez-vous un dernier message que vous adresseriez
aux investisseurs intéressés par
le marché algérien?
C'est le même message que je lance tout
le temps : engagez-vous correctement et vous réussirez
en Algérie. Ne pensez pas uniquement au
business, pensez à créer de l'emploi,
c'est ce qu'a fait Ericson et ils ont réussi.
NB :Winne n'est pas responsable pour le contenu
des transcriptions non éditées
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