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CONGO ( DRC)
paving the reconstruction
COMPAGNIE MARITIME DU CONGO " C.M.D.C. "
Interview de:
M. Jacob Ilunga Lonji, Président du Comité de Gestion Provisoire
En quelques mots, pourriez-vous nous présenter votre société ?
La Compagnie Maritime du Congo est l'Armement National de l'Etat Congolais et c'est l'unique Armement du Congo. En tant qu'Armement d'Etat, la C.M.D.C. a trois missions principales: assurer le transport du commerce extérieur congolais transitant par mer, le développer et ainsi même contribuer à la balance de paiements.
La C.M.D.C. tire ses origines de la Compagnie Maritime Congolaise créée en 1947. Sous sa forme actuelle, la C.M.D.C. (ex CMZ " Compagnie Maritime du Zaïre "), fut créée en 1974 comme entreprise publique à capitaux étatiques.
A sa création en 1974, la C.M.D.C. possédait 10 navires de haute mer. A l'époque, avec le boom de produits miniers, notamment le cuivre, la société était florissante. Mais avec les chocs pétroliers de fin des années 70 et la crise économique des années 80, il y a eu surtonnage dans le shipping, les navires de la CMDC sont rapidement devenus obsolètes et les charges d'exploitation étaient devenues onéreuses et ne permettaient plus à l'entreprise de réaliser correctement et d'une façon rentable son objet social.
C'est dans ce contexte que la C.M.D.C. a commencé à se dessaisir de ses navires. Les quatre derniers navires ont été vendu en 1991. La situation de l'entreprise était de plus en plus critique, l'endettement excessif, nous connaissions une pléthore de nos effectifs et devions faire face à notre insolvabilité.
Malgré tout, la situation n'était pas dramatique étant donné que le fonds de commerce de la C.M.D.C. est très important. Celui-ci équivaut à 40% du commerce extérieur transitant par les ports nationaux de Matadi et Boma, sans compter le trafic transitant par l'Est et les transports des hydrocarbures. Sans la situation de basse conjoncture actuelle, le commerce extérieur transitant par les ports nationaux est de 1.200.000 tonnes. Si une tonne transportée revient à 60 Euro, un petit calcul nous montre que le fonds de commerce est au bas mot 20.800.000 Euro par an. Donc ce qu'il faut, c'est une bonne gestion pour rentabiliser la société.
Ainsi depuis 1992, la C.M.D.C. opère comme transporteur sans navires en propre (non owning vessel carrier: N O V C) par le mode d'affrètement.
Quelles mesures s'imposent aujourd'hui ? Il faut tout d'abord redresser l'entreprise et mettre en place un plan de redressement . Ce pIan comprendra deux phases importantes:
-l'assainissement de l'entreprise sur le plan financier, administratif, opérationnel et commercial.
-le développement de l'entreprise.
Quels axes de développement envisagez-vous ?
Nous avons des axes de trafic que nous exploitons ; nous couvrons l'Europe du Nord par la ligne régulière c' est-à-dire l'axe Anvers principalement qui est en fait un port de transit très important pour l'Europe ; nous couvrons également l'Afrique du par la ligne régulière Tous Jes 15 jours nous avons un départ d'Anvers, ce qui fait deux navires par mois au départ de l'Europe du Nord.
Nous nous battons pour arriver à placer trois navires par mois.
Sur l'axe d'Afrique du Sud, tous les 19 jours, il y a un navire au départ de Durban et du Cap. Nous avons choisi l' Afrique du Sud parce que le pays est devenu une véritable plaque tournante et notamment de Durban ou nous concentrons nos navires qui ramènent toute les cargaisons congolaises à Matadi. Il y a aussi un deuxième marché, celui de spot c'est-à-dire à la demande ponctuelle des clients.
Quelles sont les conséquences de la guerre sur vos activités ?
Le Commerce extérieur congolais est constitué des importations de biens de consommation et des équipements et des exportations des produits miniers, agricoles et forestiers.
Les produits agricoles et forestiers (café, cacao, le bois} provenaient pour la grande partie de la province Orientale (Kisangani) et celle de l'Équateur (Mbandaka) ; les deux provinces qui sont sous occupation maintenant. Cela s'est traduit par une contraction de nos exportations. En outre, notre pays a été déclaré zone à très hauts risques ce qui a augmenté les primes d'assurance pour les navires.
Bref, la guerre a amené la diminution de nos échanges comerciaux d'une part et l'augmentation des charges d'exploitation des navires que nous exploitons d'autre part .
Quelles opportunités d'investissements offre une société comme la C.M.D.C ?
Une société de transports est une entreprise de services. Il faut que la demande de transport existe. L'outil de travail, les navires et les conteneurs, on peut les avoir soit en propriété, soit en affrètement pour faire l'exploitation. La demande en besoins de transport maritime existe.
Il y'a des dessertes maritimes et des trafics que la CMDC n'exploite pas pour le moment et qui lui reviennent de droit: les trafics des produits frigorifiques, les transports des hydrocarbures, la desserte méditerranéenne, la desserte du golfe persique (Dubai), la desserte des Amériques et des Caraibes parmi d'autres.
En dehors de ces opportunités pour l'investissement et pour s'adapter au phénomène de mondialisation et d'intégration dans les ensembles sous-régionaux (COMESA, SADC...), la C.M.D.C. doit redevenir une grande société de transports. Elle doit donc diversifier ses activités par une intégration verticale et horizontale, par l'exercice des activités de transport routier, de parcs à conteneurs, de consignation maritime, de réparation de conteneurs, etc. ..Toutes ces activités qui sont en amont ou en aval ou encore liées de près ou de loin au transport maritime sont à intégrer dans la phase de développement de l'entreprise et feront que la C.M.D.C. apportera une contribution substantielle au pays pour sa reconstruction et son développement. Ce sont là des créneaux dans lesquels l'investissement étranger sera des plus utiles à la C.M.D.C. Bien évidemment, il faut que l'Etat puisse poser des conditions de jeu bien précises.
Comme le secteur de transport est un peu un baromètre économique, quelles tendances observez-vous ?
Dans le secteur des transports, on sent que la confiance renaît: le tonnage à l'import connaît une certaine stabilisation. Avec les efforts que le Gouvernement déploie pour l'ouverture économique et la stabilisation du taux de change, on va certainement assister à un renouveau économique.