35 ans déjà que la côte congolaise vibre au rythme de la Socir. Oui les pères fondateurs de la République du Congo avaient déjà senti l'importance d'une raffinerie de pétrole. Leur perception était peut-être intuitive mais quelle justesse ! Le défi du développement implique une maîtrise technologique par les fils et les filles d'une nation. Il y a dès lors une parfaite adéquation entre les intérêts économiques et les exigences stratégiques.
La Socir est déjà tout cela mais c'est aussi un pilier social important pour Muanda et la province du Bas-Congo:
- Plus de 500 emplois permanents pour des congolais et plus de 1.000 en amont et en aval de ses activités ;
- Une route de près de 10 kilomètres allant de Muanda à Kinlau construite et bien entretenue ;
- Un élément de désenclavement du pays ;
- Une production d'énergie électrique et de l'eau potable ;
- La protection de l'environnement ;
- Le dragage du fleuve Congo ;
- La scolarisation de la jeunesse, espoir du Congo de demain ;
- Une flotte qui assure l'essentiel de l'approvisionnement du pays en carburant.
" Ad augustam per angusta" oui par ses moyens propres, Socir veut s'engager dans le combat de la reconstruction nationale.
Victime des pillages de 1991 et 1993 et de la désarticulation bancaire, Socir qui n'a plus raffiné depuis 1994 souhaite reprendre sa place dans la chaîne pétrolière. Déjà, un entretien général a été fait en 1997, chose qui n'était pas arrivée longtemps. Déjà la bataille de la réhabilitation est gagnée par le remplacement en auto-financement des gros équipements tels que la chaudière et le groupe thermoélectrique de 5,5 Mw. La Socir entend recommencer le raffinage en 1998. Cependant, les exigences de la reconstruction nationale impliquent impérativement une modernisation bien pensée. La haute Direction de la Socir pense que cette dernière bataille à fixer dans le moyen terme passe par l'adjonction d'une unité de thermocracking et d'une unité de bitume. Ceci permettrait notamment de raffiner avantageusement le brut congolais. Il faudrait aussi envisager la mise en place de l'oléoduc Muanda-Ango Ango. Les études sont en cours. Tout ceci se fera par l'utilisation judicieuse des fonds de la société.
Tel est le vu du Conseil d'Administration, tel est le vu du gouvernement qui relaye celui de Mzee Laurent Désiré Kabila, le Président de la République.
Félix M'Vuemba Président Administrateur Délégué
Cette brochure a l'ambition de s'adresser a tous ceux qui sont concernés par l'activité de la Socir, en l'occurrence les Dirigeants, nos partenaires ainsi que tous les congolais afin qu'ils puissent mieux connaître une réalité existant depuis plus de trente ans: la socir, le maillon stratégique dans la chaîne pétrolière du Congo.
J'espère surtout que cette brochure fera connaître davantage les possibilités industrielles et le rôle exaltant que joue la Socir, au regard des espoirs de ses fondateurs, qui l'avaient conçue comme le noyau dur du futur développement industriel du secteur pétrolier du Congo.
Après trente ans d'existence de la Socir, je demeure toujours confiant dans son avenir
Féderico Zadra Vice - Président Administrateur Délégué
La Socir, fruit de la collaboration avec le Gouvernement Italien, est née de la volonté du Gouvernement de la République Démocratique du Congo de développer l'industrie pétrolière dans le but de stimuler le développement économique du pays.
Cette volonté a été concrétisée par la signature d'une convention le 13 janvier 1963 entre l'Etat congolais représenté par Monsieur Cyrille Adoula, premier ministre du Gouvernement et par Monsieur Jacques Massa, Ministre du plan et de la Coordination, d'une part, et l'ANIC, filiale du Groupe ENI, représenté par Monsieur Eugenio Cefis en sa qualité de Président du Conseil d'Administration, d'autre part. L'ENI (Ente Nazionale Idrocarburi) est la société d'Etat italien qui s'occupe des activités pétrolières.
La convention portait sur la création d'une Société qui construira et exploitera au Congo une raffinerie de pétrole brut en vue de la production de carburants, de combustibles liquides et de gaz liquéfiés d'une capacité de traitement de 600.000 T/an de brut. En 1967, la capacité sera portée à 750.000 T/an.
Le capital de la société a été souscrit paritairement à raison de 50% par l'Etat congolais et de 50 % par l'Etat congolais et de 50 % par l'ANIC. Il convient de noter qu'en 1980, l'Anic a transféré ses parts à l'Agip Petroli, autre filiale de l'Eni. A partir de 1982, l'Agip Petroli S.p.a.a, à son tour, transféré ses parts à Agip Petroli International B.V., également filiale de l'Eni.
La Société, dénommée d'abord " Socir " (Société Congolo-Italienne de Raffinage), deviendra Sozir (Société Zaïro-Italienne de Raffinage) après la débaptisation du nom du Pays, et reprendra ensuite sa dénomination originelle après le changement de régime du 17 mai 1997.
Au début du projet, les investissements nécessaires à la construction et à la mise en marche de la Raffinerie à sa capacité initiale de 600.000 T/an ont été évalués approximativement à 12.700.000 Usd de l'époque. Ce montant ne comprenait pas les investissements nécessaires pour les autres équipements à l'extérieur du périmètre de la Raffinerie. Actuellement la valeur comptable des investissements réalisés dépasse 32.000.000 Usd (valeur d'origine).
Aux termes de la convention de Janvier 1963, les initiateurs du projet avaient décidé de choisir les sources d'approvisionnement de la Raffinerie dans l'ordre suivant:
a) pétrole brut de densité moyenne, à repérer ;
b) pétrole brut congolais (dans le cas de découverte de gisements pétroliers dans le pays) pourvu que ses caractéristiques permettent d'obtenir des produits pétroliers à des conditions économiques et compétitives.
La convention stipulait également que la production de la Raffinerie était destinée à satisfaire en priorité les besoins du marché intérieur congolais.
A cet effet, l'Etat congolais s'engageait d'une part, à garantir l'exclusivité du marché intérieur à la production de la Socir et d'autre part, à n'accorder aucune licence pour l'importation de produits raffinés d'origine et de provenance étrangères ayant les mêmes caractéristiques ou des caractéristiques similaires aux produits issus de la Raffinerie aussi longtemps et dans la mesure où la production de la Raffinerie sera suffisante pour couvrir les exigences du marché intérieur. Le 6 mars 1963, une ordonnance-Loi signée par le Chef de l'Etat a consacré la création de la Société, dont la pose de la première pierre interviendra le 26 septembre 1963.
Les travaux proprement dits débuteront en juillet 1964 pour prendre fin le 26 novembre 1967. Après une courte période de finissage et de mise au point, la raffinerie a été mise en marche le 12 janvier 1968.
A partir du 6 avril 1968, la Socir signera son premier contrat de façonnage avec les sociétés de distribution de produits pétroliers installées en RDC (Fina, Shell, Texaco, Mobil) regroupées au sein de la Socopétrole. Par ce contrat, la Socir s'engageait à raffiner le pétrole brut importé par ces sociétés et à leur restituer les produits finis moyennant le paiement d'une rétribution.
Le 10 janvier 1974, aux termes de l'Ordonnance-Loi n°71-012 réorganisant le secteur pétrolier, il fut créé une société d'Etat, Pétro-Zaïre (aujourd'hui Pétro-Congo) à laquelle fut confié l'ensemble des activités des sociétés commerciales. Pétro-Congo devenait ainsi l'unique partenaire avec lequel la Socir va conclure un contrat de façonnage d'une durée de cinq ans.
Jusqu'en 1977, le système évoluera normalement. A partir de cette année-là, les activités allaient connaître une évolution en dents de scie jusqu'à connaître un fléchissement continu pour deux raisons:
- la première est due au second choc pétrolier de 1979 qui bouleversera toutes les données du marché. En effet, les prix des produits finis étaient devenus plus favorables que le raffinage du brut, à cause des excédents de capacité de raffinage dans le monde.
- il y a ensuite le bas niveau des fonds de roulement dont disposait Pétro-Congo, qui la mettait dans l'impossibilité de fournir le pétrole à façonner. En raison de l'insuffisance des moyens financiers, Pétro-Congo privilégiait des achats réduits et fréquents de petites quantités de produits finis qui permettaient un moindre engagement financier.
En 1987, le Gouvernement Congolais conclut de nouveaux accords de façonnage avec la société américaine Chevron. Malheureusement ce contrat a connu une exécution difficile notamment en raison du fait que le Comité d'Achats des produits pétroliers favorisera l'importation des produits finis en droiture.
De cet aperçu historique, il convient de relever que l'inversion des tendances dans le niveau de couverture par Socir des besoins du pays est certes la conséquence de la politique d'importation systématique des produits raffinés, sur base d'une comparaison des prix qui ne tient pas compte de tous les paramètres, mais elle est aussi la résultante d'une conjugaison d'autres facteurs exogènes à la gestion de la Socir.
Il s'agit notamment de l'évolution de prix du brut sur le marché international et du resserrement de la trésorerie qui a caractérisé deux périodes successives:
- de 1990 à 1993, la Socir était victime du paiement tardif des rémunérations sur la structure des prix des produits pétroliers par les multinationales commerciales chargées de collecter à partir de leurs pompes. Avant perception par Socir, ces rémunérations avaient le temps de subir une dépréciation de plus de 70 % mensuellement.
- de 1992 à 1993, c'est la crise du système bancaire qui perturbe à son tour gravement les finances de la société. Alors que les multinationales percevaient en espèces à la pompe, elles effectuaient tout paiement à la Socir par chèque à un moment où les banques ne disposaient pas de liquidités suffisantes. La Socir était ainsi placée dans l'impossibilité d'assurer les importations des pièces de rechanges essentielles à la Raffinerie, de renouveler l'outil et d'effectuer les entretiens indispensables à tout outil de production.
Depuis le mois de mai 1994, la Socir ne raffine plus, faute de brut. Cependant, elle a continué à exécuter avec rigueur les autres missions prévues par la convention passée entre l'Etat congolais et l'Agip et consignées dans son statut. Il faut ajouter que la Socir prévoit de reprendre le raffinage dans un cadre économique renouvelé.
Aux termes de l'article 3 de ses statuts, la Socir a pour objet:
a) le raffinage au Congo de pétrole brut et toutes opérations industrielles en vue de la production des carburants, combustibles liquides, bitumes et gaz liquéfiés, destinés à satisfaire en priorité les besoins intérieurs du marché congolais.
b) la vente ex-raffinerie des produits finis obtenus tels que définis ci-dessus, la vente de sous-produits de raffinage ainsi que l'exportation du surplus des produits.
c) le transport du pétrole brut et des produits finis
Par raffinage, il faut entendre la séparation et la transformation à partir d'une matière première appelée " pétrole brut " en produits utilisables pour les principaux débouchés: produit de force motrice (carburants), chauffage, pétrochimie, construction de routes, graissage etc L'activité transport qui permet notamment au Congo d'être ravitaillé en produits finis même en l'absence d'activité de raffinage, consiste en l'allègement et le déchargement des pétroliers qui jettent l'ancre à l'embouchure sur le fleuve.
A partir de cet endroit, la Socir, à l'aide de ses trois remoqueurs-pousseurs et ses 6 allègement (chalands) de 2000 m3 de capacité chacune, procède au déchargement en effectuant la navette entre le pétrolier et la jetée, d'où les produits sont refoulés à la Raffinerie pour être stockés et ultérieurement traités. Le cas échéant, ils sont acheminés à Matadi (Ango Ango) au terminal pétrolier.
Les recettes de la Socir proviennent de l'activité de raffinage (lorsque la raffinerie fonctionne) et des autres services qui sont rémunérés à travers la structure des prix des produits pétroliers tels que:
- la réception et l'allègement des cargaison pétroliers importés ;
- le transport des produits allégés dans les réservoirs de la Raffinerie
- le stockage desdits produits en fonction des besoins du marché ;
- le stockage et transfert à Ango Ango des produits destinés à la consommation domestique ;
- l'analyse de la qualité des produits au laboratoire ;
- la correction des caractériques physico-chimiques des produits ;
- la gestion de la logique des transports et stockage (flottille et réservoirs) ;
- la surveillance des installations industrielles ;
A. Le pétrole brut traité La Raffinerie a été construite à une époque où le brut congolais n'était pas encore découvert ou extrait. C'est pourquoi, elle a été conçue pour traiter du pétrole brut léger et non le brut lourd produit au Congo.
Dans la structure actuelle de la Raffinerie le pétrole brut léger autorise le rendement suivant:
- entre 70 et 75 % de produits blancs (légers) c'est-à-dire gaz, essence, jet et gaz oil ;
- entre 20 et 25 % de produits noirs (lourds) c'est-à-fuel oil ;
- la différence étant constituée par consommations et pertes.
Le pétrole brut lourd donne quand à lui les résultats suivants:
- 40 % de produits blancs
- 55 % de produits noirs
Il comporte donc beaucoup de résidus et son traitement par la Socir (dans sa structure actuelle) ne serait pas économique au regard du marché congolais. En effet, le marché congolais consomme 80 % de produits blancs et 20 % de produits noirs.
Il y a lieu de noter qu'une raffinerie moderne et complète doit disposer de deux unités de conversion:
- la conversion primaire
- la conversion secondaire pour améliorer le rendement du fuel oil lourd résiduel
La Socir n'a qu'une unité de conversion primaire. Pour pouvoir traiter le brut congolais, elle doit se doter d'une unité de conversion secondaire.
B. La chaîne de traitement La chaîne de traitement comporte les stades ci-après:
1. Le dessalage L'unité de dessalage (Dessaleur) a pour but d'éliminer le sel, le sédiment et l'eau contenus normalement dans tous les pétroles bruts. Cette unité en fonction depuis 1981 permet la mise en uvre du brut congolais dans le cas où son utilisation serait nécessaire et rentable.
2. La distillation Cette unité de distillation primaire (Topping) sert à fractionner le pétrole brut venant du réservoir en une série de coupes: gaz, essence légère, essence lourde, kérosène, gaz oil et résidus. De tous ces produits, seul le gaz oil et le résidu ne subissent pas de traitements ultérieurs et peuvent être considérés après homogénéisation comme produits finis. Les autres seront améliorés dans les unités suivantes.
3. La désulfuraton Cette étape (Hydrodésulfuration) sert à éliminer les éléments nocifs, corrosifs ou polluants que pouvait contenir la charge provenant du Topping. Après ce traitement, le kérosène n'en subira pas d'autres et sera, après homogénéisation, considéré comme produit fini livrable tant comme ATK pour turboréacteur que comme pétrole lampant. L'essence désulfurée par contre devra subir d'autres améliorations.
4. Le reforming catalytique L'essence lourde du topping ne possède pas les qualités anti-détonantes requises à la pompe: indice d'octane 83 pour l'essence normale et 93 pour le super. Aussi est-il nécessaire de la réformer en modifiant sa structure. C'est le but de cette unité (Reforming). Les produits obtenus sont: les gaz, le Gpl (gaz de pétrole liquéfié) et les essences reformées, base de préparation des essences.
5. Mérox Les essences légères de première distillation sont traitées dans cette unité. Elle sert à traiter chimiquement (à la soude caustique) l'essence légère du topping pour enlever les éléments corrosifs ou polluants. Le produit obtenu sert de seconde base pour la préparation des essences.
6. Mélange (Blending) La préparation des essences s'effectue dans les réservoirs. L'essence normale est un mélange d'essence reformée et d'essence méroxée auquel on ajoute du tétraethyl de plomb et de la couleur commerciale. Le tout homogénéisé ensuite et prêt pour la livraison.
Dans toute cette chaîne, on cherche à obtenir le résultat fondamental suivant:
1. la séparation de différentes composantes ;
2. la purification (élimination des impuretés) ;
3. la transformation (pour satisfaire les spécifications nationales et internationales) ;
4. le finissage.
C. Produits obtenus A la fin du traitement du pétrole brut, la Socir obtient les produits suivants:
1. G.P.L. (le gaz de pétrole liquéfié) pour l'usage domestique ;
2. Essence super:
3. ATK (pétrole) pour jet (aviation) ;
4. Gasoil pour moteur diesel ;
5. Fuel oil pour les fours et chaudières.
D. Marché de consommation Le marché national se caractérise par trois voies d'accès:
1° - La voie de l'ouest qui fournit 80% des produits et où intervient la Socir
2° - La voie du sud par la Zambie et Lubumbashi ;
3° - La voie de l'est par Kenya
Ces deux dernières voies s'approvisionnent par l'importation des produits finis exclusivement. La capacité de consommation qui se situait autrefois entre 800.000 T et 1.000.000 T/an est estimée actuellement à 420.000 T/an pour la voie ouest. La distribution est assurée par les sociétés tertiaires telles que: Fina, Shell, Agip Congo, Sep (PétroCongo + Elf), Mobil Oil.
E. Installations auxiliares
a) La CTE (Centrale Thermo électrique) et la production de la vapeur: La Raffinerie est autonome en matière d'énergie. - La CTE intervient pour la production de l'énergie électrique, grâce à ses deux groupes électrogènes diesel de 1200 Kw chacun. - La centrale pour la production de la vapeur est constituée de trois chaudières de 12 T/h chacune.
b) La station de captage d'eau: L'eau potable, de refroidissement ou d'alimentation des chaudières est obtenue à partir de l'eau de source captée à quelques kilomètres en amont de la Raffinerie. Elle est traitée avant usage.
c) Parc à réservoirs: Pour le stockage, la préparation et la livraison de produits. Le parc dispose d'une capacité de stockage opérationnelle de plus ou moins 150.000 m³.
d) La flottille et la jetée: Avec ses trois remorqueurs et sept barges, la flottille assure le déchargement du brut, les allègements des pétroliers, les chargements de fuel et les livraisons des produits raffinés à Ango Ango.
La jetée, située sur le fleuve Congo, sert de débarcadère pour la réception et l'expédition de tous les produits qui arrivent ou qui sortent de la Raffinerie.
e) Le laboratoire: Par des analyses, le laboratoire détermine la qualité des produits avant, pendant et après le traitement. Il délivre les certificats de qualité conformes aux spécifications nationales et internationales.
f) Les ateliers: (mécanique, électrique, instruments, radio). La maintenance assure la fiabilité des machines et appareillages en service. La Raffinerie est en service 24 heures sur 24 pour une durée de 24 mois qui est suivie d'un grand entretien général qui comporte un arrêt de 45 jours environ.
Contrairement à d'autres sociétés pétrolières qui recourent partiellement aux interventions extérieures pour l'entretien de leur outil de production (parce qu'il existe des sociétés spécialisées dans ce domaine), la Socir a inclus dans son sein un service d'entretien qui effectue cette activité à moindres frais.
Dans ce cadre, la Socir comprend un éventail de services pouvant lui permettre d'effectuer plusieurs travaux d'entretien pour la maintenance de son outil de production. Tous ces services sont regroupés au sein d'une seule division.
ORGANIGRAMME DE LA SOCIR
La division d'entretien comprend:
- Le service d'entretien mécanique: c'est le plus grand service d'intervention qu'on retrouve à la Socir.
Il comprend plusieurs équipes dont:
- Les motoristes qui interviennent sur les grands moteurs de la Raffinerie à savoir ceux chargés de produire l'énergie électrique, ceux des remorqueurs-pousseurs et tous les groupes électrogènes de la Socir.
- Les pompistes qui s'occupent de tous les travaux d'intervention sur les diverses pompes de différents moteurs se trouvant à la Raffinerie.
- Le garage qui comprend deux sections: la mécanique auto et l'électricité auto. Cette équipe s'occupe des interventions sur tous les engins et véhicules de la Société.
- L'équipe machine outils: c'est l'équipe communément appelée des tourneurs. Avec cette équipe, la Socir est à même de faire certains travaux de création elle-même et faire des économies.
- La Socir est capable de se fabriquer à partir de cet équipement certaines pièces sans recourir au service extérieur. A l'aide de cet équipement, la Socir réalise aussi quelques entrées en devises grâce aux sollicitations des sociétés tierces.
- Le service entretien électrique: il intervient sur les installations électriques de la Raffinerie.
- Le service entretien instruments: il s'occupe de l'entretien de tous les appareillage électroniques, pneumatiques et autres intervenant dans la chaîne de production de la Raffinerie.
- Le service génie civil: avec plusieurs équipes spécifiques suivant la nature des travaux de génie à exécuter, ce service offre une certaine autonomie à la Socir pour des interventions dans ce domaine.
g) Le magasin central Le magasin central s'occupe des pièces de rechange pour toute intervention rapide, urgente et d'émergence afin d'assurer une marche continue des installations.
A. Administration de la Socir Aux termes de l'article 13 des statuts, la Société est administrée par un Conseil d'Administration composé de huit membres dont:
- quatre membres représentant l'Etat congolais et désignés par l'Etat ;
- quatre membres représentant la partie italienne et désignés par Agip International.
Leur mandat est de six ans renouvelable.
La gestion courante de la Société est confiée à deux Administrateurs Délégués, l'un congolais, l'autre italien, auxquels reviennent les charges de Président et Vice-Président du Conseil d'Administration. Les deux Administrateurs Délégués gèrent conjointement la Société en bonne harmonie.
B. Types d'emplois - Technique
- Administratif
1. Au siège social situé à Kinshasa, il y a: - La direction financière qui prévoit, organise, dirige, coordonne et contrôle toutes les opérations budgétaires, financières et comptables tant à Kinshasa qu'au siège d'exploitation à Muanda.
- La direction d'audit et d'organisation qui conçoit et suit toute la politique du contrôle des instructions émises pour une meilleure gestion au sein de la société.
Elle conçoit et suit tous les mécanismes de fonctionnement organique au sein de la société.
- La direction des ressources humaines qui s'occupe de l'administration générale du personnel et gère toute la structure administrative et les instructions en rapport avec le personnel.
TABLEAU COMPARATIF DE L'EVOLUTION PRODUCTION & PERSONNE DEPUIS 1968
Au siège d'exploitation situé à Muanda, il y a:
- la direction principale de la Raffinerie qui est appelée à superviser et à coordonner toutes les autres directions situées au siège d'exploitation pour le compte de la haute direction. Elle veille à la bonne marche des activités au siège d'exploitation. La direction principale rend directement compte à la haute direction.
- La direction des approvisionnements qui dirige toutes les activités se rapportant à l'exploitation de transport massif des produits pétroliers par toute voie et supervise les programmes d'approvisionnement en brut, en produits chimiques nécessaires au traitement du brut ainsi que toutes les analyses en laboratoire de chimie
- La direction de production qui supervise toutes les opérations d'ordre technique allant du raffinage du brut au stockage des produits finis en passant par les services divers de maintenance, d'entretien et de production d'énergie.
- La direction de technique qui s'occupe de toutes les activités de production et d'appui à la production c'est-à-dire toutes les opérations d'achat et de contrôle de l'outil de travail nécessaire au maintenu d'une bonne productivité et à l'adaptation aux nouvelles méthodes de travail ou procédés nouveaux pour une meilleure rentabilité.
Dans ce secteur, la Socir attache une importance particulière à la santé de ses agents et à leurs familles. Pour le personnel de Muanda, cette activité est assurée par la division médicale.
La division médicale est composée de:
- 1 médecin (personnel soignant) ;
- 18 infirmiers A2 et A 3 (personnel soignant) ;
- 1 responsable du dépôt pharmaceutique
- 1 comptable (personnel administratif) ;
- 1 secrétaire médical (personnel administratif)
- 2 nettoyeurs
soit au total 24 personnes
ORGANIGRAMME STRUCTUREL
Le personnel et l'équipement mis à sa disposition servent à administrer les soins médicaux à deux catégories de personnes: les agents de la Socir, leurs enfants et leurs épouses.
Le total de ces personnes en charge atteint les 2.500 unités.
Les soins sont dispensés dans deux dispensaires:
- dispensaire quartier (situé dans la cité Muanda)
- dispensaire Kinlau (dans l'enceinte de la raffinerie)
Les services suivants sont organisés:
- au dispensaire quartier: le laboratoire, la dentisterie, l'ophtalmologie, la consultation prénatale, la consultation pré-scolaire, l'hospitalisation des malades, le triage, la radiologie, la pharmacie et la maternité ;
- au dispensaire Kinlau: le dépôt pharmaceutique, le triage et le laboratoire.
Le service est continu 24 h sur 24. Il dispense des soins locaux et procède également par des hospitalisations locales.
Dans certains cas, des transferts sont envisagés.
- Transferts locaux dans deux hôpitaux de Muanda (hôpital général de Muanda et hôpital de la base de Kitona).
- Transferts hors Muanda (région du Bas-Congo et Kinshasa).
- Le personnel en service à Kinshasa, y compris leurs familles, est soignés, pour un total dépassant les 600 unités, sur base de conventions, par des formations médicales de Kinshasa.
Autres interventions sociales:
Au - delà de la couverture médicale, la Socir a, depuis sa création, accordé une grande importance à l'épanouissement de ses agents. Cette politique justifie les investissements opérés dans la construction de plusieurs infrastructures à caractère social et à la mise sur pied d'organisations ad hoc.
Nous citons à titre d'exemple:
- le club, le mess, la cantine ;
- le cercle imnisport et des activités sportives dont une équipe de football:
- les camps d'habitations pour le personnel (cadres et maîtrise), crédit pour maisons;
- centre de formation professionnelle ;
- bus de transport pour le personnel - moyen de déplacement pour reconduire les enfants dans les écoles éloignées ;
- construction d'une école pour les enfants du village Kinlau-jardin d'enfants Socir ;
Dans la perspective de l'indépendance énergétique du pays, la question du maintien, de la réhabilitation ou de la restructuration de la Socir et le problème de la rentabilité économique ont toujours été au centre des préoccupation des instances supérieures de la nation.
Déjà en 1983 (soit 15 ans après en marche de la Raffinerie) à la demande du Gouvernement, la Banque Mondiale s'est proposée de financer la modernisation de la Raffinerie. Une avance de fonds de 900.000 USD fut offerte par Banque Mondiale pour le financement de l'étude.
Mais en 1985, en raison de l'évolution des prix du brut et des produits finis, la Banque considérera que la Raffinerie n'était plus rentable et proposera l'affectation de cette avance de fonds à l'étude de modernisation du système d'approvisionnement et de distribution de produits pétroliers.
Dans cette hypothèse la Socir allait jouer le rôle d'une simple entreprise de stockage et de distribution des produits finis. Cependant, le gouvernement congolais avait maintenu son intention ferme de poursuivre l'étude relative à la restructuration et l'extension de la Socir. Cette volonté sera confirmée par l'inscription au programme d'Investissement Public Prioritaire (PIP) 1988 - 1991 de trois projets suivants:
1. modernisation de la raffinerie
2. extension de la capacité de stockage (construction de 55.000 m³ de réservoirs supplémentaires) ;
3. la construction d'un pipe-line Muanda - Matadi.
La Banque Mondiale et le Gouvernement italien avaient manifesté leur intérêt pour le co-financement du projet pipe-line. Malheureusement ces projets n'ont pas connu une exécution en raison du gel ou de l'annulation des crédits internationaux liés à la suspension de la coopération avec la Banque Mondiale.
Pour les besoins de développement de la société, il faut avant tout en assurer l'équilibre financier sans charger les prix de carburants à la pompe. Or , depuis 1994, la Socir, sur base de la rémunération accordée par la structure des prix, a programmé la remise en état des équipements pour stockage, le transport fluvial et le raffinage. Ce programme est actuellement en cours de réalisation. Pour réactiver le raffinage, il faut:
- que les distributeurs s'engagent par contrat à se ravitailler en priorité auprès de la Raffinerie pour assurer un débouché aux produits finis issus du raffinage, conformément à la convention passée entre ENI et l'Etat congolais.
- que la rémunération des services Socir fixée dans la structure des prix soit définitivement arrêtée à un niveau convenable, sur la base d'un contrat de service.
- qu'il n'y ait pas de changement au niveau des prix des carburants à la pompe
Dans ce scénario, chacun des opérateurs du secteur pétrolier - la Socir, le Gouvernement, les distributeurs et les fournisseurs - aura un rôle bien précis à jouer.
Il convient de souligner que les recettes actuelles issues de la structure des prix ne permettent pas d'assurer le raffinage, de couvrir toutes les charges sociales, de payer les impôts et les dividendes et de poursuivre dans le même temps les autres activités à savoir, l'entretien et la gestion de la flottille, de l'appontement pétrolier et du parc des réservoirs pour le stockage.
Une interruption de ces dernières activités aurait des répercussions sérieuses sur le ravitaillement du Congo en carburant.
Pour pouvoir assurer le raffinage, les autres services et sauver le plus grand nombre d'emplois, le Conseil d'Administration de la Socir a, au cours de l'une de ses séances, décidé d'agir par des réductions drastiques des charges de gestion.
Dans cette perspective, le Conseil d'Administration a élaboré un plan d'investissement étalé sur six ans dont la première tranche s'exécute depuis le dernier trimestre 1996 grâce aux économies réalisées. Le cadre général était ainsi défini, l'activité de raffinage peut effectivement être réactivée: les distributeurs se ravitailleront en exclusivité auprès de la Raffinerie conformément au cadre juridique du 16 janvier 1963, à des prix de niveau identique aux produits importés.
CONCLUSION
Des études très sérieuses démontrent que, dans la conjoncture actuelle, la rentabilité économique de la Raffinerie peut être assurée par référence aux produits importés.
En outre, il convient de se rappeler que le Congo est producteur du brut. Hormis le littoral occidental du Congo, la Cuvette centrale et le Graben du Tanganika sont les deux autres zones d'intérêt pétrolier qui n'ont pas encore été explorées.
Le Congo dispose donc d'un potentiel énergétique d'autosuffisance qui ne peut faire douter de l'intérêt du maintien, de l'extension et de la modernisation de la Raffinerie.
En plus, en cas de crise pétrolière, qu'il ne faut malheureusement point exclure, il serait dangereux d'un point de vue stratégique de ne pas être en mesure de valoriser le brut congolais. En effet, dans un environnement de crise pétrolière, le marché de produits finis devient très rapidement plus volutile que celui du pétrole brut. Des lors, il sera infiniment plus difficile d'acheter des produits raffinés.
Par ailleurs, grâce à la Socir, la République Démocratique du Congo dispose désormais d'un know-how dans le secteur pétrolier qui constitue un précieux acquis qu'il serait inopportun de voir disparaître.
En effet, permettant à la Socir de jouer pleinement son rôle de maillon stratégique dans la chaîne pétrolière du pays, le gouvernement du Congo sera en mesure de fixer, avec une plus grande autonomie de décision, des prix aux consommateurs, compte tenu des particularités de la vie socio-économique nationale, sans subir nécessairement les pressions du marché international des pétroles, dont les paramètres d'évolution se trouvent généralement hors de son contrôle.