ALGERIA
la Nouvelle Generation


V.I.P. INTERVIEWS
INTERVIEW DE

ABDELMADJID MENASRA
MONSIEUR LE MINISTRE DE L'INDUSTRIE ET DE LA RESTRUCTURATION

Une nouvelle organisation du secteur public et du cadre de l'investissement viennent de voir le jour, pouvez-vous nous en dire plus ?

L'organisation du secteur industriel public en groupes industriels entre dans le cadre de la politique de restructuration et a pour but de préparer les entreprises publiques à la privatisation, au partenariat et, dans le même temps, au renforcement de la compétitivité de ces entreprises.

Le regroupements des entreprises publiques en groupes industriels se fait selon la logique des filières et vise la recherche des synergies des efforts et actions de ces entreprises et, en même temps, à leur préparation pour affronter la concurrence parce que le marché est, désormais, ouvert à l'investissement étranger et le commerce extérieur est devenu libre.
Par conséquent, le regroupement se fait sur la base de filières proches les unes des autres.

Evidemment, la coordination des efforts se traduira par la recherche de synergies dans une filière donnée, notamment, pour l'importation de matières premières, la préparation à la concurrence, la recherche de marchés extérieurs, l'association et la convergence des efforts pour l'acquisition de moyens technologiques modernes ou la réduction des coûts de production.

Il est entendu que l'objectif principal de tout ce processus reste le renforcement de l'autonomie des entreprises dans la gestion . L'accompagnement des entreprises par l'Etat, dans l'étape actuelle, vise la préparation de ces entreprises à la privatisation pour garantir le marché algérien en tant que marché industriel dans lequel le secteur privé pourrait jouer un rôle important et primordial dans la création de l'emploi et la garantie d'une croissance durable. Ceci permettra à l'Etat de se retirer, progressivement, de la sphère de production.

De la privatisation ou du partenariat, quelle option allez - vous: privilégier pour les deux grands ensembles de l'électroménager dans votre pays: l'ENIEM et l'ENIE ?

Ces entreprises ont une base industrielle, une main-d'œuvre qualifiée et ont acquis une expérience réelle. Mais il se trouve qu'elles activent dans un domaine où la technologie évolue rapidement et où les mutations sont profondes.

Si leur situation actuelle perdure, elles perdront, certainement, leurs capacités. Celles - ci doivent être développées. Comme elles ne peuvent faire cela seules et qu'il est difficile de les accompagner dans l'état actuel des choses, la seule solution est la recherche des partenaires qui obtiendront, en contre partie de leurs apports en fonds, technologie et expertise, un marché important. C'est la seule issue pour ces entreprises qui bénéficieront d'un traitement particulier de la part de l'Etat à travers un redressement, un assainissement financier, une réorganisation et une refonte de leurs structures pour les préparer, justement, au partenariat.

Le groupe indien ISPAT vient de signer un accord de partenariat important avec le groupe SIDER, quel sens donnez - vous à ce partenariat dans la sidérurgie.

C'est, effectivement, un exemple parfait de l'application de cette vision. C'est ainsi que dans le domaine de la sidérurgie qui a un grand besoin d'investissements et de technologies de pointe et où la concurrence est rude, nous avons réussi à concrétiser un projet avec un partenaire stratégique. Les négociations ayant eu lieu avec ISPAT étaient ardues. Nous considérons que nous sommes arrivés à conclure un partenariat réussi parce que:

1. Ce partenaire investira dans le renouvellement de l'outil de production ;
2. Augmentera les capacités et le volume de production ;
3. Exportera les surplus de production ;
4. Amènera de nouveaux produits sur le marché algérien.

Le partenariat ne se limite pas au couple ALFASID - ISPAT car en plus de la filiale sidérurgique ISPAT - ALFASID - ANNABA qui exploitera le complexe d'EL - HADJAR, une société dénommée ISPAT - TEBESSA activera dans le domaine des mines pour approvisionner de complexe en minerai.

En 1997, le Président Directeur Général de DAEWOO, en visite en Algérie, annonçait son intention d'investir 1 Milliard de Dollars. Que s'est - il passé depuis ? Est - il vrai que les négociations avec ce groupe coréen pour le rachat de la SNVI (Entreprises des Véhicules Industriels) ont échoué ?.

La Société Nationale des Véhicules Industriels (SNVI) négocie avec plusieurs partenaires. Ces négociations se poursuivent mais n'ont pas donné lieu à des résultats définitifs. Cela est dû à la situation de cette entreprise et aussi à celles des sociétés étrangères notamment RENAULT V.I. et M.A.N. DAEWOO s'est rétracté et a abandonné son projet d'investissement initial après la séisme financier de 1998 en ASIE du Sud - Est Asiatique et les problèmes financiers qu'a connus en société - mère a SEOUL.

Le constructeur français RENAULT V.I. et après la fusion avec le suédois VOLVO s'intéresse, désormais, à un projet de montage de véhicules industriels.

L'allemand M.A.N. est, lui, intéressé par un projet de montage d'autocars et d'autobus.

La SNVI, elle, souffre d'un certains nombre de problèmes. Cette entreprise publique est caractérisée par une grande intégration, englobant une fonderie, une carrosserie, des ateliers de mécanique et de montage. Il sera difficile de lui trouver un partenaire stratégique qui s'intéresse à toutes ses activités.

Cela nous amène à poursuivre la restructuration de cette entreprise pour externaliser certaines de ses activités n'ayant pas trait à l'industrie automobile et par conséquent mieux la préparer au partenariat que ce soit avec M.A.N., RENAULT V.I. ou avec un autre constructeur.
Qu'en est - il du projet de HYUNDAI et croyez - vous en la rentabilité du partenariat avec FIAT ?.

Le constructeur Sud - Coréen HYUNDAI a un projet de montage de véhicules industriels tels que les camions, autocars et autobus. Evidemment c'est un projet très intéressant pour le marché algérien. Il sera exécuté et réalisé en partenariat avec le secteur privé algérien.

D'autres projets sont aussi, envisagés par le secteur privé algérien notamment avec IVECO pour ce qui du montage de camions. Il y aura probablement d'autres projets tant les opportunités sont grandes dans notre pays.

En revanche, avec le constructeur Italien FIAT, nous avons un projet concernant les voitures de tourisme. Néanmoins, le partenaire Italien n'est pas très enthousiaste, surtout depuis les développements qu'a connus l'industrie automobile mondiale.

Quelles sont les perspectives dans le domaine des matériaux de construction notamment les cimenteries ?

Au Ministère de l'Industrie et de la Restructuration, nous envisagerons l'Industrie du ciment suivant un certain nombre d'axes:

1. La consommation du ciment en Algérie est en nette augmentation. Si elle tourne, présentement, autour de 8,5 Millions de tonnes par an, dans les cinq années à venir, elles avoisinera les 12 - 13 Millions de tonnes par an. Les capacités de production des cimenteries sont présentement, de 8 Millions de tonnes par an.

2. Les prix des produits énergétiques sont relativement bas en comparaison avec d'autres pays. Ce prix constituent l'un des éléments essentiels pour déterminer les coûts de production.

3. Les possibilités d'exportation du ciment à partir de l'Algérie sont plus que probables. Les marchés extérieurs existent.

4. Les matières premières pour la production du ciment sont disponibles en Algérie.

Nous avons l'intention d'augmenter la production du ciment notamment par:

1. L'application d'un programme de mise à niveau (UP - GRADING) des cimenteries en vue d'augmenter les capacités de production.
2. La privatisation durant la période 2002 - 2003 de 2 ou 3 cimenteries pour susciter la concurrence dans ce domaine caractérisé, présentement, par le monopole de l'Etat.
3. L'encouragement de nouveaux investissements privés. Il y a en ce moment deux projets d'investissements étrangers pour la réalisation de 2 cimenteries, une à M'SILA et une autre à RELIZANE.
4. parallèlement au projet d'augmentation de la production de ciment dans les années à venir, nous visons, également, la maîtrise du processus de protection de l'environnement et la maîtrise de l'utilisation de l'énergie. Nous avons des programmes qui sont en cours de réalisation.

En conclusion, l'Etat se retirera partiellement et progressivement de l'industrie du ciment, dans un premier temps. Mais l'état ne se retirera pas totalement du secteur du ciment.

L'Algérie déploie des efforts pour attirer les investissements étrangers. Quel est votre message aux investisseurs asiatiques potentiels et à nos lecteurs ?

Je dirai aux investisseurs que l'Algérie en été victime de la mauvaise image véhiculée durant les dix dernières années. La concurrence est rude pour l'attrait des investissements étrangers. Evidemment, en tant que gouvernement, nous avons à déployer de grands efforts pour améliorer l'image de l'Algérie auprès des investisseurs étrangers et pour mieux faire connaître les opportunités offertes dans notre pays.

Je dirai aux sociétés étrangères et à tous les investisseurs qu'il leur faut prendre à la source les informations sur l'Algérie. Nous vous donnerons toutes les informations voulues pour que vous ayez une idée claire sur la situation qui prévaut dans le pays pour que vous jugiez réellement les opportunités d'investissements suivant vos intérêts. Vous devez avoir des contacts directs avec les opérateurs algériens.

Je dirai que toute l'industrie algérienne est, désormais, ouverte à la privatisation et aux investissements directs étrangers. La loi algérienne ne fait pas de distinction entre les investisseurs algériens et étrangers. Le gouvernement facilitera toujours et davantage les formalités ayant trait à la réalisation de l'investissement. Nous avons commencé par amender, en Août cette année, la loi sur les investissements. En revanche, si des investisseurs attendent une amélioration totale de la situation notamment sécuritaire en Algérie pour enfin réfléchir et décider, ils auront pris du retard et perdu ainsi bien des opportunités.

Le marché algérien est un marché porteur. La situation s'est nettement améliorée dans le pays. Il y a de nouvelles données. Notre économie s'adapte à la nouvelle donne. Celui qui entame la réalisation d'investissements, en celle étape, aura, à terme, une position très avancée sur ses concurrents pour saisir les opportunités offertes. Le terrorisme n'est plus désormais un prétexte car il n'y a pas de pays sans risque à travers le monde. C'est une réalité, en Algérie, il y a une base industrielle, un main d'œuvre qualifiée, de l'énergie à bon marché et de grandes opportunités d'affaires.

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World INvestment NEws, 2002.
This is the electronic edition of the special country report on algeria published in Far Eastern Economic REVIEW.
November 28th, 2002 Issue. Developed by AgenciaE.Tv