The Republic of Guinea
from Rags to Riches












Mr. Raphaël YoumbaToure, Directeur Général de UGAR

Interview de

Mr. Raphaël Youmba Toure,
Directeur Général

Contact:
BP179, Conakry, Guinea
Tel: 41 17 13/40 24 62
Fax: 41 17 11
E-mail: ugar@mirinet.net.gn

3 Juin 2000

Est ce que vous pouvez nous donner un aperçu historique de la création de l'UGAR, ses objectifs et son but ?

Je remercie votre équipe pour l'opportunité que vous m'offrez de parler de notre société dans les colonnes du Magazine REVIEW.

L'Union Guinéenne d'Assurances et de Réassurances (UGAR) a été créée à la suite de la privatisation de la société d'Etat qu'on appelait " Société Nationale d'Assurances et de Réassurances " (S.N.A.R) qui, jusqu'en 1988 avait le monopole complet dans les assurances.

Depuis 1985 l'Etat Guinéen et le groupe U.A.P de Paris ont engagé des discussions pour la privatisation de la S.N.A.R. C'est à la suite de ces discussions, qui ont abouti à la signature d'une Convention d'Etablissement, que l'UGAR a été créée avec comme actionnaire l'Etat Guinéen qui détenait 60% des parts et l'UAP-France pour 40% . Dans les 60%, il faut retenir que l'Etat guinéen faisait du portage pour 30% parce que dans la structure de création de la société, il devait y avoir 40% U.A.P, 30% Etat Guinéen et 30% Secteur Privé Guinéen.

Mais, comme en ce moment les Privés guinéens n'étaient pas dans les conditions financières requises pour pouvoir absorber les 30% du Capital qui leur était réservé, l'Etat a accepté de faire du portage pour les 30%. Ceci explique au préalable la répartition du capital social entre l'Etat Guinéen à 60% et l'UAP avec 40 %.

Il faut dire qu'en même temps que l'UGAR se créait on libéralisait le marché guinéen des assurances, donc le monopole de la SNAR était cassé et du coup, l'UGAR a démarré ses activités dans un environnement concurrentiel. Ainsi, il y a eu coup sur coup deux, trois, puis quatre sociétés qui ont été créées.

Quant à la mission assignée à l'UGAR, c'est d'abord d'accompagner le développement et les promoteurs privés. La tradition de toute industrie d'assurance dans n'importe quel pays, c'est la même mission qui est assignée à l'industrie d'assurances de Guinée.

Nous faisons ici pratiquement toutes les branches d'assurances promotionnelles et qui ont pour finalité de donner une couverture d'assurance à toutes les activités ainsi qu'aux investissements des promoteurs économiques guinéens et étrangers.

Quelle est la répartition du Portefeuille de votre Entreprise ?

Je ne peux vous donnez le nombre d'assurés dans notre portefeuille. J'avoue que je n'ai pas une statistique fine sur la question étant donné que nous assurons un panel tout particulier, pour un véhicule, une maison ou une assurance scolaire. On doit aller au moins dans les 50 à 60 000 polices d'assurances.

Aujourd'hui nous avons une répartition qui nous permet de dire que les branches non automobiles occupent près de 70% de notre portefeuille. Très souvent c'est les assurances automobiles qui prennent la grande partie. Elles tournent entre 29 et 30 %.

Au niveau des cibles, nous sommes une société qui assure beaucoup plus les entreprises que les particuliers.

Le marché guinéen est un marché où la culture d'assurance est relativement faible. Ce qui fait que les particuliers ne connaissent pas beaucoup l'assurance. Nous travaillons beaucoup plus avec les Entreprises ; ça va encore mieux en assurance maladie et en assurance d'épargne.

En ce qui concerne les autres branches d'assurances: les R.C professionnelles, l'Incendie, les Risques de chantier, c'est beaucoup plus avec les Entreprises. Je dirai même que les Entreprises occupent un peu plus de 80 % de nos activités.

Quel est votre part de marché ?

Au 31 décembre 1999, nous étions à 75% de participation. Si vous parlez de pourcentage, il est évident que notre priorité, ce qui est important d'ailleurs, c'est que le marché dans l'ensemble grossisse et même si nous avons 30 ou 40 % de ce gros morceau, je crois qu'on arrivera à avoir un chiffre d'affaires conséquent. Aujourd'hui la mission de toutes les sociétés du marché est d'accroître leur chiffre d'affaires dans sa globalité.

Quelle est votre stratégie ?

D'abord, nous avons une politique de clientèle beaucoup plus agressive. Nous faisons en sorte que nous soyons le plus près possible de nos clients ; C'est donc une politique de proximité qui nous permet d'être toujours en contact de la clientèle. Parfois même, au delà des structures de distribution, ce sont les Agents Généraux et les Courtiers qui sont les intermédiaires.

Notre portefeuille est fait, à hauteur de 30% des activités du bureau direct, et 70% par les intermédiaires, premièrement. Deuxièmement, en ce qui concerne les produits que nous vendons, nous pensons que ce sont là des produits d'assurance conventionnelle vendus Europe qui mérite une relative adaptation sur notre environnement.

D'abord parce que les primes sont parfois élevés et ici les portefeuilles des citoyens ne sont pas à la porté de ces primes ;

Ensuite, si vous réduisez les primes vous pouvez réduire les capitaux ou alors vous réduisez les capitaux pour que les primes soient moins importants. Alors, nous avons une première politique qui consiste à les adapter aux portefeuilles des ménages près desquels nous plaçons nos produits.

Le troisième aspect c'est au niveau du personnel. Nous faisons beaucoup de formation du personnel et nous faisons en sorte que les messages que nous leur donnons aille dans le sens d'une bonne approche de la clientèle, de mieux maîtrisés nos produits pour mieux les expliquer aux clients.

Cette bonne formation est d'abord sur le plan local, ensuite sur le plan régional, c'est-à-dire à Dakar et Abidjan dans le cadre de la synergie au sein du Groupe. Et, de temps en temps notre personnel bénéficie de stage de formation à l'extérieur. En ce moment même nous avons des collaborateurs qui sont en formation.

En dernier point sur notre stratégie, je voudrai apporter une précision : c'est que l'UGAR est membre du Groupe AXA. J'ai parlé de l'UAP au début, mais, l'UAP a été racheté par le Groupe AXA. Aujourd'hui c'est AXA qui fait parti du tour de table des actionnaires de l'UGAR. Un de nos créneaux c'est de renforcer notre appartenance afin d'en bénéficier des synergies et aussi la qualité du groupe et de ce qu'elle peut amener comme support vis à vis de notre clientèle. Globalement, nous sommes à peu près 73 privés y compris les entreprises et autres personnel de la société qui détient 4 %.
Quel est votre chiffre d'affaires ? Et, est ce que vous êtes à la recherche de partenaires ?

Le chiffre d'affaires de l'UGAR est de 11 milliards 400 millions. Nous appartenons à un groupe de partenaires, comme toutes les exploitations notamment les exploitations africaines. Nous mettons un accent particulier sur les négociations avec les différents assureurs et réassureurs concernés tels : AXA RE, AXA Global Risks, la SCOR, la MUNICH RE, AFRICA RE, qui est la société africaine de réassurance au niveau continental. Il y a une obligation de souscrire 5% des affaires en réassurance auprès d'elle. Mais à part les 5%, les 95% sont placés vers les réassureurs que je viens de citer plus haut. Sur certaines entreprises comme la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), ou la Société Aurifère de Guinée (SAG), là nous travaillons en correspondance avec le marché américain.

Le mécanisme c'est que la réassurance est un métier qui permet à l'assureur de se décharger du trop plein de ce qu'il a souscrit pendant le contrat d'assurance. L'assureur lui même va donc s'assurer auprès de quelqu'un qui est plus puissant que lui, de la même manière que l'individu s'est assuré auprès d'une société d'assurance.

Donc, à la suite de l'analyse du portefeuille, nous arrivons à dégager tout ce qui est supérieur pour le placer à l'extérieur. En contrepartie nous gardons le reste. C'est ce qui fait que, ce que nous gardons, même si les sinistres arrivaient, nous pouvons les payer sans problème.

Par exemple au cours de l'exercice 99 qui vient de s'écouler, je vous ai dit que nous avons encaissé 11 milliards 400 millions, mais nous avons enregistré 13 milliards de sinistres. Nous avons l'usine de cigarettes ENTAG qui a été indemnisé à 7 milliards de Francs Guinéens.

Mais, grâce à la réassurance nous avons été en mesure de payer ces indemnités et supporter l'ensemble des frais tout en gardant l'équilibre des coûts au sein de la société. D'ailleurs, cette année nous avons réalisé 335 999 446 GNF de bénéfice nette.

Quels sont vos avantages par rapport aux autres sociétés d'assurance?

Par rapport à la concurrence, je pense que la première des choses c'est au niveau des actionnaires. Les actionnaires de l'UGAR ont mis les moyens pour permettre à la société de s'épanouir et c'est ce qui n'est peut être pas le cas chez les autres. Ces moyens ont permis à la société d'avoir un capital social consistant de 2 milliards par rapport à 800 millions au plus proche concurrent ; Donc, au niveau des fonds propres nous avons cet avantage.

Le deuxième avantage c'est au niveau du personnel nous avons un effectif qui tourne autour de 100 salariés, ce qui n'est pas le cas chez les autres. Nous avons une implantation sur l'ensemble du territoire parce que nous avons 15 Agences Générales dont 5 à Conakry et 10 à l'intérieur du pays.

Ceci veut dire que quand un investisseur ou un promoteur qui a ses activités à l'intérieur du pays, je pense qu'il a intérêt de s'assurer chez nous, pour pouvoir trouver du répondant sur son site opérationnel.

Un autre avantage non des moindres, c'est notre appartenance à un groupe mondial, le Groupe AXA, qui nous permet d'avoir un certain standing opérationnel.

Aujourd'hui vous avez donc une implantation très importante à Conakry, quel est l'importance du Groupe AXA dans la sous région ?

Je ne peux pas vous donner de statistiques sur l'importance du Groupe dans la sous région ou sur le chiffre d'affaires qui y est réalisé, mais je dois dire que parmi toutes les sociétés d'assurance dans la sous région, que ce soit en Guinée, en Côté d'Ivoire, au Cameroun ou au Sénégal, les compagnies d'assurances du Groupe AXA sont toujours classées parmi les 3 premières du marché.

L'UGAR compte aujourd'hui 101 employés très professionnels, et nous dépensons environ 70 millions GNF pour la formation. En effet, les salariés bénéficient d'une formation soit à l'Office National de Formation et de Perfectionnement Professionnel (ONFPP), soit à l'étranger. L'UGAR envoi également des agents à Abidjan et à Dakar pour des sessions de professionnalisation, dans le cadre du plan annuel de formation du Groupe pour la zone Afrique. Deux agents sont récemment rentrés de Tunis où ils ont été formés à l'Institut Africain d'Assurance (IAA).

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai terminé mes études supérieures à l'université de Conakry en 1971, avec un Diplôme de Maîtrise en Sciences Economiques et Financières. Depuis, j'ai occupé les responsabilités suivantes :

1971 à 1975 : Responsable des Services Techniques de la Société Nationale d'Assurances et de Réassurances (SNAR), la seule Compagnie d'Assurances en Guinée sous la Première République (1958 à 1984).

1975 à 1982 : DG Adjoint de la Compagnie Nationale des Transports Aériens, AIR GUINEE.

1982 à 1988 : Assistant de Direction, DG Adjoint, puis Directeur par Intérim de la SNAR.

1989 à 1993 : Directeur Général Adjoint de l'Union Guinéenne d'Assurances et de Réassurances (UGAR), l'ex-SNAR privatisée.

1993 à nos jours : Directeur Général de l'UGAR.

Quel est votre message final pour nos lecteurs ?

Mon message final à vos lecteurs est à la fois une information et une invite. L'information c'est que la République de Guinée (en Afrique de l'Ouest), qu'il ne faut pas confondre avec la Nouvelle Guinée, la Guinée-Bissao ou la Guinée Equatoriale, est un pays vierge avec de grandes potentialités minières, agricoles et hydro-énergétiques.

En conséquence, j'invite tous vos lecteurs à faire confiance à l'Union Guinéenne d'Assurances et de Réassurances (UGAR) en venant investir en Guinée, car nous sommes l'Assureur N° 1 dans le vrai sens du mot.

Je vous remercie.

 Read on 

© World INvestment NEws, 2000.
This is the electronic edition of the special country report on Guinea published in Far Eastern Economic Review (Dow Jones Group)
September 28th 2000 Issue.

Developed by AgenciaE.Tv