Monsieur le Ministre, la Mauritanie s’est engagée dans une volonté de grande ouverture, politique et économique, quels sont les défis qui accompagnent ce changement ?
Notre ministère englobe le commerce, l’artisanat et le tourisme, mais nous gérons également le secteur des assurances qui est un département vital dans l’économie nationale et dans la vie sociale des mauritaniens. En ce qui concerne le domaine touristique, il est encore essentiellement culturel et saharien. Nous avons beaucoup de potentialités qui restent à exploiter. Le tourisme en Mauritanie a commencé en 1996 avec peu de charters. Nous avons essentiellement un tourisme en provenance d’Europe. Notre politique est de généraliser le tourisme à l’ensemble du territoire national. Les principaux axes développés sont concentrés au nord parce que c’est là bas que ce secteur est né. La saison touristique ici commence depuis le mois d’octobre jusqu’au mois d’avril chaque année. Nous avons des villes anciennes classées patrimoines de l’humanité par l’Unesco. Nous avons reçu beaucoup de délégations étrangères afin de promouvoir la Mauritanie et les opportunités d’investissements qu’elle représente.
Le développement du tourisme a besoin d’infrastructures, aéroportuaires et routières notamment. Quel est le niveau de collaboration et de concertation avec les ministères concernés ?
Nous avons effectivement une collaboration avec le Ministère des Transports et de l’Equipement mais aussi avec le Ministère des Finances et le Ministère des Affaires Economiques et du Développement en ce qui concerne aussi bien les infrastructures que l’impact des projets touristiques sur l’économie en général.
La Mauritanie compte par exemple 700 kilomètres de plages de sable fin qui sont totalement vierges. C’est un potentiel énorme. Comment préserver cet environnement tout en développant le tourisme ?
Nous avons un secrétariat d’Etat chargé uniquement des questions de l’environnement. Il est en charge des tous les dossiers propres à cet aspect essentiel, que ce soit dans le domaine du tourisme comme dans celui du pétrole ou des mines et de l’industrie.
Le tourisme nécessite également une politique de communication développée, quelle est votre stratégie de promotion de la destination Mauritanie ?
J’avoue que nous avons beaucoup de problèmes, surtout ceux des infrastructures. La Mauritanie ne compte toujours pas de grands hotels ciblant spécifiquement les touristes. C’est pourquoi nous avons lancé un appel en ce sens à tous les opérateurs nationaux ou internationaux de ce secteur afin de développer les grandes infrastructures qui nous manquent. Nous avons aussi des problèmes dans le domaine de la formation du personnel touristique.
Pour la promotion du tourisme, l’Etat mauritanien a créé l’Office National du Tourisme qui diffuse toutes les informations nécessaires au tourisme en Mauritanie.
Est-ce que vous avez des chiffres, des objectifs, un plan précis de développement du tourisme dans le pays ?
Il y a un plan , nous avons un document préparé en collaboration avec le PNUD depuis 2002. C’est un document qui est aujourd’hui en cours d’actualisation. Nous allons le publier sous peu. Le développement économique actuel va nous permettre d’inaugurer très prochainement des bureaux de l’Office National du Tourisme à Nouadhibou et à Néma.
On a remarqué que les mauritaniens aiment énormément leur pays et lorsqu’on leur demande la destination de leurs vacances, ils répondent très souvent « à l’intérieur du pays ». Y a-t-il aussi des stratégies de développement du tourisme national ?
C’est vrai, vous avez raison. Il y a vraiment une volonté et une politique du gouvernement qui vise à encourager le tourisme intérieur, cela compte beaucoup, cela rapporte beaucoup.
En ce qui concerne l’artisanat, une des questions qui se pose généralement est celle de sa préservation.
Vous avez là aussi un autre volet important du Ministère, nous lui accordons une importance capitale. Nous avons un code d’artisanat qui définit le statut juridique de l’Artisanat et de ses entreprises, et qui encadre le système organisationnel de ce secteur au travers de fédérations nationales et régionales. L’artisanat est un patrimoine culturel qui doit être préservé à tout prix.
L’ artisanat se confronte aussi au problème de sa commercialisation, comment éviter que l’artisanat ne se dénature au contact par exemple des modes de production et de consommation liés à l’entrée du pays dans une économie globalisée?
Tout cela est lié à la mentalité des gens. Nous pouvons atténuer ces risques par l’information. Nous essayons de séparer les fonctions : l’artisan se consacre à la production tandis que des spécialistes du commerce se consacrent à la diffusion des produits. Nous essayons de voir, avec L’OMC notamment, comment l’artisan peut accéder au marché extérieur sans trop compromettre son savoir-faire.
Le commerce informel est encore relativement important en Mauritanie, quelles sont vos priorités afin que celui-ci s’insère dans les circuits normaux de l’économie ?
Oui, c’est une vraie nécessité, de multiples actions sont entreprises afin d’inciter le secteur informel à rejoindre les circuits légaux de l’économie, mais cela ne peut pas être fait du jour au lendemain. Beaucoup de gens qui vivent de ce secteur là…
Vous souligniez l’importance du secteur des assurances.
Le changement dans le domaine des assurances a été important. Il y a quelques années, c’était un secteur public, il y avait une seule grande société. La privatisation de ce secteur nous a permis de faire de rééls progrès. Il y a aujourd’hui huit compagnies d’assurance privées en Mauritanie.
Quelle est votre politique vis-à-vis de la libéralisation de l’économie mondiale ?
Notre politique c’est la compétitivité. Il faut que nous soyons en mesure de relever ce défi dans tous les domaines. Nous avons également une vraie volonté de construire des partenariats, et nous avons mis en place une réglementation qui lutte contre le fléau de la contrefaçon.
Quelles sont vos priorités dans l’expansion du commerce mauritanien à l’étranger ?
Nous avons des insuffisances sur le plan des exportations mais néanmoins nous avons des produits que nous exportons. Nous avons les produits de la pêche. Cependant, beaucoup de secteurs restent inexploités, il y a encore des efforts à faire.
Quel portrait voudriez vous faire de la Mauritanie dans dix ans ?
Nous sommes optimistes en tout cas. Nous fondons beaucoup d’espoir sur les perspectives d’avenir de ce pays pour plusieurs raisons. La Mauritanie est en bien engagée sur la voie du développement et nous comptons sur vous autres la presse poru que cela dure. Dans dix ans, je crois qu’avec tout ce que nous avons sur les rails tout ira pour le mieux.