Guinea, Republic of: Interview with Dr. Mamadi Kouruma

Dr. Mamadi Kouruma

Recteur (Université Général Lassana Conté de Sonfonia )

2017-12-15
Dr. Mamadi Kouruma

 

 

 

Pr. Kourouma, Compte tenu du potentiel de la République de Guinée dans ses secteurs agricole et minier, de nombreuses politiques ont pour but leur développement. Cependant, il y a d'autres secteurs d’activité qui ont également besoin d’une main-d'œuvre qualifiée. Selon vous, quels sont ces autres secteurs d’investissement en Guinée ?

Peut-être qu’on vous a cité le secteur minier et le secteur agricole, c’est l’une des pistes essentielles que développe le professeur Alpha Condé dans sa vision du développement de la Guinée. Une Guinée qui est en situation d’émergence selon lui parce qu’il faut qu’on retrouve les fondements réels à partis desquels on peut assurer l’émergence du pays. Nous sommes un pays essentiellement minier, un pays essentiellement agricole. Donc s’il choisit ces deux secteurs là comme des secteurs clefs à prendre en charge pour le développement du pays, c’est tout à fait normal et tout le monde doit l’accompagner dans ce sens-là, c’est pourquoi il y a un institut de formation dans le domaine des mines et il y a un autre dans le domaine agricole, peut-être vous les verrez à l’intérieur du pays. Il y a l’institut des mines qui se trouve Boké et à Faranah se trouve un institut des sciences agricoles. Mais il y a le secteur informel aussi qui a besoin du développement de la formation d’une main d’œuvre. Le secteur informel actuellement nous avons : les hommes de métier qui sont là comme les menuisiers, les forgerons, les maçons, les plombiers… Toutes ces corporations de métiers qui existent dans le pays et que vous pouvez même les voir en bordure des routes, ils travaillent. Donc, c’est des gens qu’il faut récupérer et les former.

Je crois que l’enseignement professionnel, le ministre Albert Damantan est en train de développer des formations, de construire des écoles pour pouvoir des gens de ces différents métiers. Il faudra leur donner des concepts, eux ils apprennent sur le tas. J’ai un neveu qui est menuisier très excellent, il peut te faire des meubles comme ceux que nous importons là, mais il n’a pas suivi une formation très avancée dans le domaine de son travail.

Mais lui aussi il a des apprentis au tour de lui qui viennent sur le tas apprendre. Je crois c’est un secteur qu’il faut récupérer pour pouvoir le mettre dans les instituts de formation et même pourquoi pas à l’université. Nous, nous sommes une université des humanités : les sciences sociales, les sciences économiques, les sciences politiques et juridiques. On apprend la sociologie, la philosophie, etc. nous n’avons pas une vision technique, c’est-à-dire la formation des techniciens, la formation des hommes de métiers, si on avait, il faudrait qu’on mette l’accent sur la formation de ces gens-là. Moi, j’ai été le directeur de secteur minier plus précisément de l’institut des mines et de la géologie de Boké pendant 4 à 5ans. Mais je me suis rendu compte que le développement des méga projets miniers nécessitait la formation d’une main d’œuvre qualifiée. Donc, il fallait créer une option de techniciens supérieurs dans cet institut et c’est moi qui l’ai initiée. Je dis que des méga projets pointent à l’horizon, on ne peut pas s’assoir et croiser les bras sans pour autant former des techniciens supérieurs pour pouvoir travailler après la construction de ces usines-là. Sinon on sera obligé d’importer les mains d’œuvre à l’extérieur pour venir travailler dans ces installations. Il faut qu’on mette en place des unités de formation des techniciens supérieurs. C’est ainsi que cette option a été créée et l’histoire m’a donné raison parce qu’après la formation de ces gens-là, ils ont tous été pris par les sociétés minières pour travailler dans ces sociétés et ça continue. Je pense que le secteur n’est pas oublié et le Président travaille dans ce sens-là, le secteur informel l’intéresse beaucoup et il est en train de le développer en mettant des moyens à la disposition des jeunes pour vue qu’ils se mettent en coopérative pour travailler. Une coopérative de menuisiers par exemple, ils vont développer une coopérative d’artisans. Ils peuvent produire des objets d’art de la Guinée qui seront prisés sur le marché international et les gens pourraient travailler pour formaliser davantage ces formations-là au niveau des structures de l’enseignement technique et professionnel »


Sous la présidence de Son Excellence le Professeur Alpha Condé le pays avait fait de grands progrès au niveau de la transparence et de la démocratisation. Cela favorise les investissements étrangers qui augmentent le nombre d’emplois. Quel rôle jouent les universités dans cette dynamique de développement au niveau des ressources humaines ?

Si le secteur des investissement se développe au niveau de la Guinée à cause du fait que la démocratisation de la Guinée a été amplifiée avec la politique du Président de la République, c’est tout à fait normal et les universités ne peuvent trouver à cela que des issues très favorables, parce qu’elles peuvent développer des relations avec d’autres universités du monde tel que vous êtes ici par exemple, vous pouvez être porteurs de messages de l’université de Sonfonia vers une université de Chine, vers une université de France, compte tenu des relations qui existent entre ces universités et si ces liens-là se développent, on peut aussi développer les formations parce que nous, nous avons un rôle essentiellement de formation et de recherche à développer au sein de nos universités et sur ce plan-là nous aimerons avoir des contacts avec l’étranger pour que nous puissions développer ces formations. Je vous ai dit que nous sommes une université des humanités, donc nous pouvons travailler avec des universités étrangères pour assurer le développement. Par exemple : des cadres que nous formons ici, des enseignants, des juristes, des avocats et la plupart des instances supérieures des juridictions du pays, telles que la cour suprême, la cour des comptes, la cour constitutionnelle.

Tous les dirigeants de ces instances-là viennent de l’Université de Sonfonia. Nous les formons et nous les mettons sur les marchés et on les choisit pour aller animer ces instances-là. Donc la démocratisation va être une issue favorable pour nous, tel que le Président est en train de travailler là-dessus. C’est un grand démocrate et il fait en sorte que le pays soit ouvert à cette option. Personne n’est emmerdé à cause de ses opinons, à cause de ses points de vue. Ce que je pouvais dire et qui me convainc, je pourrais le dire sans problème. C’est comme dans cette interview si je ne suis pas d’accord avec vous, j’allais dire mon point de vue là-dessus, et puis nous sommes une université, nous avons l’obédience de travailler dans le domaine des libertés académiques.


Le secteur de l'éducation joue un grand rôle dans le développement socio-économique de la République de Guinée. Il y a certainement beaucoup de choses à faire dans les domaines des infrastructures et de formations. Cependant, la Guinée nécessite de plus en plus de professionnels hautement qualifiés et adaptés aux nouvelles tendances économiques. Quelles sont les mesures prises par votre institution pour répondre à ce problème et développer améliorer la formation des étudiants ?

La formation des étudiants, selon des instances, nous avons parlé de la formation et de la recherche, c’est cela notre mission fondamentale. D’abord la formation ensuite la recherche et enfin nous travaillons à avoir un impact sur notre environnement immédiat. Notre environnement, il ne s’agit pas seulement le village de Sonfonia, mais toute la Guinée. Donc nous avons trois missions fondamentales à jouer et sur ce plan-là nous le faisons dans le domaine des services qui nous sont dévolus. Nous avons la mission de former des enseignants, de former des juristes, de former des économistes. Nous avons des facultés qui sont créées au niveau de tous ces secteurs pour pouvoir dans ce sens-là. Nous avons tous ces rôles à jouer. Nous avons aussi un rôle à travailler dans le sens de la vision du chef de l’Etat. C’est ce que nous sommes en train de faire, nous sommes une université d’Etat. Le développement des infrastructures, ça c’est extrêmement important. Vous avez rencontré le ministre de l’enseignement supérieur qui a certainement dû vous dire qu’il est en train de travailler dans le développement de quatre grandes universités du pays, l’extension de quatre grandes universités du pays. Peut-être ça va se faire avec la Chine car elle a accepté de construire quatre grandes universités dont l’université de Sonfonia.

On va développer des infrastructures, là on a l’accent sur nos missions, nos activités. Vous avez visité l’université, il y a des amphithéâtres qui sont très jolis certes, mais nous avons besoin d’espaces d’études, nous avons besoin d’espaces de recherche. Nous avons des laboratoires qui existent ici dans chaque faculté au nombre de quatre a un laboratoire. Et l’université fonctionne avec les laboratoires. Il y a la formation des formateurs à l’extérieur, mais nous mettons un accent sur la formation in site. Nous formons à l’extérieur des cadres qui vont être compétents parce qu’ils sont dans les bonnes universités, mais le problème est, lorsqu’ils finissent d’étudier, ils restent là-bas. Ici aussi on forme, mais très souvent lorsqu’ils finissent, ils s’en vont. Donc nous préférons la formation in sit même si les moyens sont limités pour assurer la formation de poètes comme la formation des cadres de très haut niveau. Si vous demandez au recteur de l’institut polytechnique de Conakry, ça lui pose énormément de problèmes pour pouvoir former des docteurs, des ingénieurs de haut niveau dans le domaine de polytechniques : la formation des électriciens, d’architectes, ingénieurs de mines, de géologie, tout cela c’est des problèmes. Ça demande énormément de fonds. Donc faire de telles formations actuellement ça demande qu’on mette la main dans la poche sinon nous avons à l’université de Sonfonia deux écoles doctorales : une école doctorale en sciences humaines et sociales et une école doctorale en sciences juridiques et politiques qui fonctionnent et qui ont commencé et qui s’intéressent essentiellement à la formation des formateurs. Moi, je me préoccupe sérieusement de cela, je suis en train de compiler actuellement un livre sur la formation des formateurs. Ma thèse de doctorat porte sur cet aspect et l’ai engagé tout récemment pour être publier sous forme de livre. Tout cela pour apporter un soutien à la formation des formateurs. C’est une préoccupation de notre université, pas dans tous les cas, mais de notre université et les autres aussi sont positionnées dans ce sens. Je ne sais pas si je réponds à votre souci.


L’Université Général Lassana Conte de Sonfonia est actuellement une des principales universités du pays. Cette institution d’enseignement supérieur a contribué à la formation des professionnelles qui soutiennent le développement socio-économique et culturel de la Guinée. Pouvez-vous nous en dire plus sur les débuts de votre Université jusqu’à présent ? Quelle est aujourd’hui votre capacité d’accueil au sein de l’Université et vos domaines spécialisés ?

L’Université de Sonfonia vient de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry qui est créée en 1962 pour 1500 étudiants. En 2000, 2005 il y avait 16 à 18000 étudiants et pourtant une université créée pour 1500 étudiants, vous voyez le contraste, c’est extrêmement énorme, or le développement des infrastructures n’a pas suivi, la formation des formateurs n’a pas suivi, le développement de l’environnement scientifique n’a pas suivi. Donc tous ces développements n’ayant pas suivi, c’est devenu une boite de sardine dans laquelle étaient entassés des milliers de poissons. Il fallait prendre une décision pour décongestionner, parce qu’en 2005 il y a eu beaucoup de perturbations. Les étudiants s’entendent qu’ils n’étudiaient dans les conditions optimales, que les professeurs n’avaient pas un niveau requis pour les former, ni dans un environnement attrayant, alors ils se sont mis en révolte.

Pendant l’année 2005, on n’a pas travaillé à cause des troubles. Bien sûr ils revendiquaient le droit d’étudier dans les bonnes conditions. Finalement, la décision a été prise par le ministre de l’enseignement supérieur à l’époque de décongestionner pour pouvoir un peu stabiliser. On venait de donner le site-là où se trouve aujourd’hui la présente université. Il a été rétrocéder à l’enseignement supérieur. Le ministre a ainsi décidé de décongestionner l’université Gamal vers ici pour qu’il y ait deux universités dans le souci d’atténuer les problèmes pour que les gens puissent travailler correctement. Donc les deux grandes facultés qui étaient à Gamal : faculté des Lettres et Sciences Humaines et la faculté de Droit et Sciences Economiques ont été transférées à sonfonia ici avec un effectif de près de 8000 étudiants en 2005. En 2010-2011 l’effectif là-aussi a galopé jusqu’aux environs de 16000, soit le double. Actuellement, nous sommes dans la fourchette de 20000, 22000 étudiants. Donc, lorsque les deux facultés ont transféré ici, on nous a commis la tâche de fonder cette université. Moi, j’ai duré ici depuis 2005. De Boké je suis venu ici en fin 2004-2005 et nous avons travaillé avec une équipe à mettre le dossier en place, nous avons créé cette université pour deux grandes facultés venant de Gamal. Mais nous avons vu l’origine de contestation de Gamal. L’origine c’est dans la faculté de sciences juridiques et politiques, la faculté des lettres et sciences humaines, vous savez ils sont très bavards. Des gens de l’humanité, ils analysent tout, ils bavardent beaucoup.

Finalement, nous nous sommes dit qu’il faut diviser car face à un tel effectif, j’ai fait sciences de l’éducation, il faut diviser en petits groupes. On a divisé chaque faculté en deux : lettres et sciences humaines, on a divisé en lettres et sciences du langage et la faculté des sciences sociales ; faculté de droit et sciences économiques, on a divisé en faculté de sciences juridiques et politiques puis la faculté de sciences économiques et de gestion. On avait une école supérieure du tourisme, n’ayant pas la même option, cette école a fini par sortir d’ici et elle a eu son autonomie qui est dirigée actuellement par une femme, c’est ainsi que nous sommes restés avec les quatre facultés jusqu’aujourd’hui. Dans la faculté de sciences économiques et de gestion : vous avez la comptabilité, banque et finance puis administration des affaires ; la faculté de sciences sociales : philosophie, géographie, sociologie et histoire ; la faculté des lettres : sciences du langage, lettres modernes, langue et civilisation arabe puis langue anglaise. Donc, la formation se fait dans ces différentes spécialités-là.

Maintenant, au niveau de chaque faculté, il y a un doyen de faculté. A la tête de chaque département, il y a un chef de département. Nous avons 16 programmes de licence, nous avons le système LMD. Nous avons créé en fonction de ces programmes de licence les masters qui sont au nombre de 16 également. Nous formons des étudiants dans les Masters pour le troisième cycle, c’est-à-dire les professeurs d’université. C’est ça la formation des formateurs. La licence prend trois années de formation, l’étudiant sort avec un diplôme de licence après avoir accompli 180 crédits des programmes inscrits dans la formation. Ceux qui viennent dans le programme de Maser, nous avons beaucoup d’enseignants qui n’avaient pas suivi le programme de Master, on les a tous inscrit aux Masters. Parce que tu ne peux pas continuer à enseigner à l’université si tu n’as pas le doctorat. C’est ça la formation des formateurs. Nous les formons à avoir d’abord le master au point qu’aujourd’hui à sonfonia qu’il n’y a pas d’enseignant qui n’a pas son master et on a engagé d’autres dans la formation doctorale. L’essentiel de nos masters sont des masters de recherche parce qu’il faut d’abord former le personnel enseignant. Nous avons en nombre très limité des masters professionnels même si à la longue on transformera tous ces masters-là en masters professionnels. Cela nous permettra d’avoir beaucoup d’argent car on formera le public extérieur. Nous avons 16 programmes de masters, 2 écoles doctorales seulement comme je l’ai dit, peut-être progressivement beaucoup d’écoles doctorales avec le temps. Notre préoccupation est de former beaucoup de professeurs d’université qui seront compétitifs sur le plan international car il n’est pas professeur d’université qui le veut mais qui le peut.

Par rapport aux 20000 étudiants le ratio enseignants de rang magistral. Il faut rappeler que nous avons 10 professeurs de grade, 25 maitres de conférences pour 20000 étudiants et d’ailleurs la majeure partie des enseignants sont des maitres assistants et assistants. Les enseignants les plus aptes à enseigner ici pour le moment sont très peu nombreux. Je n’ai pas les statistiques, malheureusement, celui qui devait me les fournir le vice-recteur des études est décédé sans quoi il allait vous donner les chiffres exacts. Néanmoins nous sommes environs 300 enseignants chercheurs à l’interne et près de 200 enseignants vacataires. On est en train de se chercher, de se qualifier avec l’appui du gouvernement du Prof. Alpha Condé l’espoir est permis.


La Guinée accueille des universités de renomme telles que l’Université Mahatma Gandhi, Mohamed VI ou bien encore Nongo et Gamal. Pour quelle raison les étudiants doivent-ils choisir votre université plutôt qu’une autre ? Quels sont les principaux objectifs de votre université ?

Ça c’est un autre problème parce que vous avez cité des universités privées. Les universités privées ne peuvent pas être en équivalence avec les universités publiques. D’abord nous n’avons pas le même potentiel, ils ont de gros moyens, ils ont construit des grands immeubles, tu te croirais en chine, en France lorsque tu y rentres. Mais ils n’ont pas de personnel enseignant c’est ce que moi je leur reproche à tout moment. Ils travaillent sur la base du potentiel que nous avons, c’est-à-dire ce sont nos enseignants qui donnent des cours là-bas, les enseignants du public et ce sont des enseignants les mieux formés qui enseignent dans ces universités à cause de leur pouvoir d’attraction très énorme. Il suffit de miroiter l’argent. Il suffit de dire qu’en heure supplémentaire je te paye 150.000 voire 200.000 fg soit dix fois plus grand que ce que le public donne : 25000 fg l’heure. Donc les enseignants sont tentés d’aller là-bas.

Ce n’est que tout dernièrement que nous avons eu une intervention énergétique du Prof Alpha Condé à travers notre ministre au point qu’aujourd’hui un enseignant titulaire a 10.000.000 frg. On n’a rien à envier aux autres enseignants de la sous-région. Ils peuvent avoir mensuellement 13.000.000 FGN. Un enseignant ne peut pas rester durant toute sa carrière et jusqu’à la retraite et il n’a pas sa propre maison, ça c’est difficile. Donc c’est des mesures d’attraction qui étaient attendues il y a longtemps, qui sont venues en dernier ressors


Maintenant, grâce à très bonnes relations bilatérales entre la Chine et la Guinée, l'intérêt des investisseurs chinois sur les ressources et le développement de la Guinée est de plus en plus visible. Quel genre de résultat vous espérez de cette coopération entre les deux pays ? Qu’est-ce qu’elle peut apporter au secteur de l’éducation supérieure ?

Je suis sûr que ça va nous apporter un plus dans le cadre de l’enseignement supérieur, le président a visité la Chine tout en visitant les universités chinoises, la balle est dans notre camp de faire en sorte que nous puissions avoir des relations bilatérales, le terrain étant balisé, je crois c’est dans nos accords de coopération, vous savez les universités à causes des libertés académiques dont je vous ai parlé tout à l’heure n’aiment par l’ingérence des politiques dans leur développement et lorsque nous allons par exemple en Chine, c’est directement dans une université que nous devons nous présenter. Si nous trouvons qu’il y a une conformité entre ce que cette université fait et ce que nous faisons chez nous on peut demander un accord de coopération. Alors si ça se fait directement, on n’a pas toujours besoin de passer par une autre autorité. Mais cela exige des moyens car c’est des relations gagnant-gagnant. Il ne faut penser que c’est seulement les autres qui mettent des moyens et que nous, on ne met pas notre possibilité, or les pays en développement ont très peu de moyens pour entretenir une relation de telle envergure.

Mais il faut que nous-mêmes nous travaillions dans ce sens-là. Il faut qu’on identifie les universités qui sont capables d’intervenir avec nous en Chine comme on le fait avec certaines universités françaises par exemple université de Toulouse qui est en partenariat avec nous dans la mise en et le fonctionnement d’un master ici appelé espace, temps et société. C’est avec eux que nous avons travaillé dans l’encadrement des premiers étudiants de master et qui étaient de très bons étudiants. Ils sont allés se former dans le cadre de doctorat à Toulouse. C’est un bon schéma si nous avons des relations avec les universités chinoises, on peut les former ici dans le cadre de leur master et aller se former là-bas dans le cadre de doctorat et le doctorat sera rapide en 3 ans.

L’Arabie Saoudite a construit un bâtiment au niveau du département langue arabe. Nous-mêmes les tous premiers travaux que nous avons initiés ici en 2005-2006 c’était de construire une université de 50000 places, nous avons des espaces. On a fait des plans on a pris contact avec une entreprise malaisienne qui avait accepté de financer ces infrastructures pour un coût global de 500.000.000 Us. Si cela avait été financé ils auraient pu faire cette université il y a longtemps avec tout le confort possible à l’image des universités de chez vous. On avait évalué le besoin. Ils n’avaient besoin que de la bauxite. Donc il y a des travaux que nous devons faire entreprendre ici pour développer cette université


M. Kourouma, en tant que recteur de cette université de Guinée qui a comme but la formation des cadres hautement qualifiés depuis plus d'une décennie. Quelles sont vos principales fiertés que vous son permis de réussir en tant que leader aujourd’hui ? En quoi vous aimeriez être la source d’inspiration pour vos étudiants ?

 C’est la stabilité que nous avons réussie à mettre en place ici. Si vous voyez l’origine de cette université, elle était très contestatrice parce que toutes les deux facultés à savoir la faculté de droit et sciences économiques et la faculté des lettres et sciences humaines qui étaient à l’époque très contestatrices, mais elles sont venues ici et nous avons réussi à les organiser de sorte que les contestations ont diminuée progressivement. Aujourd’hui on a fait quatre ans sans enregistrer aucun mouvement. C’est pour cela que je suis fier et très content pour ça, parce que ça donne la stabilité au pays, ça donne la stabilité même au gouvernement parce qu’il peut travailler dans la quiétude. Si quelqu’un réussi à faire ça, il en est fier. Notre autre fierté c’est qu’on rencontre nos étudiants un peu partout. Tout récemment j’étais dans l’avion, l’un de mes étudiants est venu me saluer qui devenu aujourd’hui une grande personnalité. Les étudiants sont très reconnaissants. C’est le seul bénéfice que nous avons en tant qu’enseignant, cette reconnaissance intrinsèque des étudiants


Durant votre travaille à la tête de l’UGLCS quelle est la plus grande réussite pour laquelle voulez-vous qu’on se souvienne de vous ?

C’est ce que j’ai dit à mes enfants, on a parlé du développement des infrastructures, l’aspect physique de l’université parce que c’est ce qui va rester, moi je vais partir mais ce que les gens vont voir lorsqu’ils viennent ici , c’est l’aspect physique. La seule fierté que nous avons c’est que nous avons vécu une bonne partie de notre temps à la tête de cette université entant que membre fondateur, j’ai même donné des noms des amphithéâtres aux grandes personnalités de ce pays. Certains proposent que je me donne le nom d’un amphi je leur dis que ça se fera à titre posthum


Enfin, les lecteurs de South China Morning Post incluent majorité d’hommes d’affaire et politiciens des plus influents de la Chine et du monde entier (via la plateforme digitale). Avez-vous un message final à leur adresser sur la Guinée qui les inciterait à venir investir ici ?

Je leur demanderai de venir investir en Guinée, un pays démocratique dirigé par une personnalité de très haut niveau, un professeur d’université qui énormément travaillé pour assurer la survie et le développement de ce pays. Il a promis de conduire le pays à une émergence. Qu’ils viennent investir pour contribuer à cette émergence. Ils auraient contribué à la plus grande action humanitaire. C’est cet appel que je lancerais à tous ceux qui, à travers le monde veulent mettre l’argent en Guinée, leur dire que c’est un pays stable ils peuvent venir

 

 

 

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